vendredi 19 janvier 2018
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Terrorisme : La frontière Niger-Mali est la plus exposée

Le think tank International Crisis Group revient une fois de plus sur la situation sécuritaire inquiétante qui prévaut dans la zone frontière entre le Niger et le Mali. Théâtre d’attaques récurrentes contre des militaires, la Région est aussi touchée par de fortes violences commises à l’encontre des pauvres populations civiles. Selon les chercheurs Jean-Hervé Jezequel et Hamza Cherbib, les violences armées font de nombreuses victimes civiles dans les Régions de Tillabéry et de Tahoua, en particulier auprès des communautés nomades isolées. 

Théâtre de nombreuses attaques contre des militaires, la frontière du Mali avec le Niger est également touchée par de fortes violences commises à l’encontre des populations. Dans les zones de Tillabéry et de Tahoua, les violences armées ont fait beaucoup de victimes. Surtout du côté des populations civiles. Pour cela, en juillet 2017, selon des chercheurs de think tank International Crisis Group, des Représentants locaux de la Communauté peulh ont déclaré que des milices rivales recrutant parmi les Touareg et les Doosaak (un groupe nomade proche des Touareg et souvent confondu avec eux), avaient tué 46 civils durant le mois denier. Selon eux, des tueries qui seraient opérées dans le cadre d’opérations de lutte contre le terrorisme. A l’inverse, des Représentants touareg aussi accusent régulièrement les Peulhs de tuer les membres de leurs communautés avec le soutien des djihadistes.

Dans le document de l’organisation, il ressort que les groupes terroristes opérant dans la Région, à l’instar de l’État islamique dans le Sahara ou du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM), tirent profit de ces tensions communautaires pour avoir accès aux ressources naturelles. Ce qui leur permet, donc, d’asseoir leur présence. D’après des sources citées dans le Rapport, les groupes djihadistes se sont enracinés au Nord de la Région de Tillabéry. Des groupes qui auraient fait des adeptes chez des jeunes peulhs, désireux de combattre les communautés rivales, de protéger des activités commerciales ou de défendre leur communauté.

Pour faire face à la menace, le Gouvernement nigérien aurait autorisé des groupes armés touareg Imgad et Doosaak du Mali à pourchasser des éléments djihadistes sur son propre territoire. Profitant de ce prétexte, ces groupes auraient pris régulièrement pour cible des Peulhs des Régions de Tahoua et de Tillabéry. Des Représentants de la communauté peulh ont déclaré à Crisis Group qu’ils soupçonnaient la France de soutenir également ces groupes à travers l’opération Barkhane.

Déjà, engagés sur plusieurs fronts, dans le Nord, à la frontière libyenne, et dans l’Est, côté du Nigéria, les forces armées et de sécurité nigériennes feraient désormais appel à des milices ethniques pour lutter contre la menace à l’Ouest. «Ces milices risquent alors d’aggraver les tensions inter communautaires et, par conséquent, de pousser davantage de jeunes Peulhs à chercher la protection des groupes djihadistes. Ces derniers saisissent l’occasion pour nouer des relations encore plus étroites avec les communautés locales rurales et semi-nomades en favorisant les mariages ou les liens commerciaux, en garantissant une protection ou en mettant en œuvre des mécanismes de résolution des conflits pour les communautés marginalisées », peut-on lire dans le document.

Adama A. Haïdara : LE COMBAT

Rédaction

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