dimanche 30 avril 2017
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Référendum en Turquie: le oui l’emporte, l’opposition crie à la fraude

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué dimanche une « décision historique » en revendiquant la victoire du oui au référendum sur le renforcement de ses pouvoirs, et appelé les pays étrangers à « respecter » cette décision. L’opposition a déclaré de son côté qu’elle allait demander un nouveau décompte des voix.

Le Haut-Conseil électoral (YSK) en Turquie a confirmé dimanche la victoire du oui au référendum sur le renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan. Au cours d’une conférence de presse, le chef de l’YSK, Sadi Güven, a affirmé que le oui devançait le non de quelque 1,25 million de voix, avec seulement 600 000 bulletins de vote qui restent à dépouiller, ajoutant que le résultat définitif serait annoncé « d’ici à 11 ou 12 jours ».

« La Turquie a pris une décision historique au sujet de son système de gouvernance », a déclaré M. Erdogan lors d’un discours à Istanbul. « Nous voulons que les organisations et les pays étrangers respectent la décision de notre nation », a-t-il ajouté, alors que l’opposition turque conteste le résultat du scrutin.

Un peu plus tôt, le Premier ministre turc Binali Yildirim a revendiqué la victoire du oui au référendum sur la réforme constitutionnelle renforçant considérablement les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan. « Mes chers concitoyens, d’après les résultats non-officiels, le référendum prévoyant la présidentialisation du système s’est conclu par (une victoire du) oui », a-t-il déclaré lors d’un discours de victoire depuis le quartier-général de son parti, l’AKP, à Ankara.

Les bureaux du vote, où quelque 55,3 millions de Turcs étaient appelés à dire oui ou non à une révision constitutionnelle ont fermé à 17h00 heure locale (14h00 TU) et le dépouillement des bulletins de vote a aussitôt commencé.

L’opposition conteste

Avant même la publication des résultats officiels l’opposition criait à la fraude et entendait déjà contester une partie des résultats du vote, rapporte notre correspondant à Istanbul Alexandre Billette. Le principal parti d’opposition, le CHP, annonce également avoir en main des résultats différents de ceux qui ont été diffusés jusqu’à maintenant.

Le CHP pourrait aller jusqu’à refuser de reconnaître les résultats issus de 60 % des bureaux de vote. La raison, c’est cette polémique après l’annonce de la commission électorale centrale d’accepter de prendre en compte les bulletins de vote qui n’ont pas été validés par un tampon officiel. Du côté de la commission on évoque le fort taux de participation et l’obligation de fournir à tous les électeurs un bulletin de vote dimanche. Dans l’opposition on parle de tentative de fraude et on compte vraisemblablement pousser cette contestation jusqu’au bout, le CHP qui affirme par ailleurs détenir de la commission électorale des résultats beaucoup plus serrés que ceux qui ont été divulgués jusqu’à maintenant.

Au siège du CHP, selon notre envoyée spéciale Murielle Paradon, on suivait ces résultats à la télévision dans une ambiance extrêmement tendue car les chiffres bougaient sans arrêt. « Et même si le oui l’emporte ce sera de justesse et cela constituera une semi-défaite pour Erdogan », confiait un député d’opposition, car les grandes villes ont apparemment voté non.

Vers un rôle d’hyperprésident

Le référendum a notamment pour but de supprimer le poste de Premier ministre au profit d’un hyperprésident, alors que M. Erdogan est déjà accusé de dérive autoritaire par ses détracteurs.

« Si Dieu le veut, notre nation (…) s’avancera vers l’avenir ce soir en faisant le choix attendu », a déclaré ce dernier après avoir voté sur la rive asiatique d’Istanbul, accompagné de son épouse Emine, de l’une de leurs filles et de deux de leurs petits-enfants. Le président turc a eu droit à un bain de foule à la sortie du bureau de vote.

Plus tard, à l’annonce des premiers résultats, Recep Tayyip Erdogan avait pris les devants et a contacté ses soutiens pour les remercier, les remercier de ce qu’il a appelé une victoire « claire » en faveur de sa réforme.

Avec cette victoire, M. Erdogan, qui a échappé à une tentative de putsch le 15 juillet, devrait disposer non seulement de pouvoirs considérablement renforcés, mais pourrait en théorie rester à la tête de l’Etat jusqu’en 2029. Agé de 63 ans, il a occupé le poste de chef du gouvernement entre 2003 et 2014, avant d’être élu président.

rfi

Djibril Coulibaly

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