dimanche 27 septembre 2020
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Sommet extraordinaire des Chefs d’État : CEDEAO court derrière son honneur au Mali !

Après un échec cuisant, des médiations sont entamées par l’organisation sous régionale. Elle annonce avec fermeté le retour de l’ordre constitutionnel au cours d’un sommet extraordinaire tenu par vidéoconférence. Elle demande le retour du Président IBK au pouvoir depuis 2013. Pendant ce temps, les mutins demandent aux présidents ouest-africains de boire le « vin déjà tiré » au Mali.

On sent dans l’attitude des présidents des pays membres de la CEDEAO qu’ils tiennent par tous les moyens à sauver l’image de l’institution (CEDEAO). En effet, après la honte qu’a infligée le peuple malien en enlevant le président de la République que le comité syndical des présidents de la CEDEAO soutient farouchement contre le gré d’une bonne partie de son peuple.
Apparemment, les chefs d’État se sont rendu compte que leurs sanctions prises dans un communiqué lu le 18 août n’intimident aucunement le peuple malien qui a pris son destin en main.
En effet, ce jeudi, réunis par vidéoconférence en sommet extraordinaire, ils réclament le rétablissement pur et simple d’IBK dans ses fonctions. Ce qui permet de comprendre aisément cette position qui, manifestement, va à l’encontre du vœu du peuple malien. Car plusieurs chefs d’État, notamment de l’espace francophone étant dans des projets funestes de rallonge de mandats, craignent un effet d’entraînement. Or, les frères guinéens et ivoiriens sont dans cette menace. C’est d’ailleurs la raison qui pousse le Président Alassane Ouattara à exiger le retour par tous les moyens de l’ordre constitutionnel.
L’organisation ouest-africaine annonce l’envoi immédiat d’une délégation de haut niveau à Bamako pour le retour de l’ordre constitutionnel.
Dans son discours de clôture, le président en exercice de l’organisation Mahamadou Issoufou a également demandé « le rétablissement du président IBK dans ses fonctions. » « Nous allons engager des discussions avec les responsables de la junte militaire pour leur faire comprendre que le temps des prises de pouvoirs par la force est révolu dans notre sous-région », a déclaré le président nigérien.
C’est d’autant plus vrai que dès le lendemain de la démission d’IBK, le pouvoir d’Abidjan s’est empressé d’interdire formellement toute manifestation sur les voies publiques en Côte d’Ivoire. Une telle position dit tout et révèle l’état d’esprit actuel de nombre de ces présidents de la sous-région qui ne sont visiblement pas sereins.
C’est de bonne guerre, surtout lorsqu’on écoute l’un des membres du M5-RFP qui rappelle à ces chefs d’État leurs contradictions dans la gestion du dossier malien et signale que les peuples sont souverains et libres d’assumer cette souveraineté à tout moment où le besoin s’impose.
Devant un tel bras de fer, de quels moyens dispose la CEDEAO pour obtenir ce qu’elle exige des putschistes manifestement soutenus par l’ensemble de l’opposition et de la société civile même si elle ne partage pas l’implication des militaires?
Comment ces chefs d’État s’expliquent-ils que c’est seulement de l’extérieur que l’enlèvement d’IBK est condamné et jamais de l’intérieur ? Cette question mérite réflexion, car un président n’est président que par et pour son peuple et non dans une ligue contre celui-ci. En tout cas, la page IBK est fermée depuis mardi et les autres membres de ce syndicat des chefs d’État sont sur la liste noire et véritablement, prévenus.
Bourama Kéita

Malick Diancoumba

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