lundi 15 août 2022
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RÉCONCILIATION AU BURKINA FASO: La famille de Thomas Sankara acceptera-t-elle le pardon de Blaise Compaoré ?

 

L’ancien président burkinabè, Blaise Compaoré, en exil en Côte d’Ivoire depuis 8 ans et condamné à la prison à vie dans le dossier de l’assassinat de son prédécesseur, Thomas Sankara, a demandé hier mardi 26 juillet 2022, pardon à la famille de ce dernier, ainsi qu’au peuple burkinabè pour tous les actes qu’il a commis lors de sa gestion du Burkina Faso, 27 ans durant.

« Je demande pardon au peuple burkinabè pour tous les actes que j’ai pu commettre durant mon magistère, plus particulièrement à la famille de mon frère et ami Thomas Isidore Noël Sankara », a écrit Compaoré, dans un message livré par le porte-parole du Gouvernement burkinabè Lionel Bilgo.

« J’assume et déplore, du fond du cœur, tous les souffrances et drames vécus par toutes les victimes durant mes mandats à la tête du pays et demande à leurs familles de m’accorder leur pardon », a souligné Compaoré souhaitant qu’ils puissent aller de l’avant désormais pour reconstruire leur destin commun sur la terre de leurs ancêtres.

Compaoré a appelé les Burkinabè à se donner la main dans un esprit de patriotisme « pour taire définitivement leurs querelles et rancœurs ». « Il est important aujourd’hui de travailler au recouvrement de l’intégrité territoriale, à la reconstruction et la promotion d’un environnement favorable à l’épanouissement durable pour tous », a-t-il dit, expliquant que c’est l’unique voie qui permettra ainsi de mettre fin à leurs incompréhensions et conflits intercommunautaires pour lutter efficacement contre le terrorisme qui a tant fait saigner leur pays et ébranlé ses fondements ».

L’ancien président burkinabè a souligné que le Burkina Faso vit, depuis quelques années, l’une des crises les plus graves de son histoire, qui le menace jusqu’à son existence même. Cette crise, a-t-il dit, caractérisée par des attaques terroristes d’une « rare violence et des conflits intercommunautaires », a causé des milliers de morts et des déplacements massifs.

« Face à cette situation dramatique et critique que vit notre chère patrie, nous n’avons effectivement d’autres choix que de taire nos divergences pour sauver notre patrimoine commun, le Burkina Faso. Cette Nation, qui nous a été léguée par nos aïeux, mérite mieux que le sort funeste que des terroristes veulent lui réserver », a-t-il dit.

C’est pourquoi Blaise appelle tous nos compatriotes, filles et fils du pays, de l’intérieur comme de l’extérieur, à une union sacrée, à la tolérance, la retenue, au pardon pour que prévale l’intérêt supérieur de la Nation.

Il a formulé le vœu que « le sang de tous les martyrs, civils et militaires, tombés depuis le début de cette grave crise, puisse constituer le ciment de leur amour fraternel, l’attachement à la patrie et leur solidarité.

La seule question qui reste posée à ce jour est de savoir si la demande de pardon de l’ancien président suspendra les poursuites judiciaires engagées contre lui après avoir été condamné par contumace pour crimes.

Bourama KEITA LE COMBAT

Djibril Coulibaly

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