mardi 3 août 2021
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Mariages de Bamako : Le côté revers de la médaille

Décidément, de nos jours, ici au Mali, la question de mariages constitue un problème majeur ; surtout pour les jeunes et dans les centres urbains, singulièrement dans la capitale, Bamako. Un constat que partage Mme Diallo Maïmouna Koné, la Secrétaire particulière du Maire Délégué de Boulkassoumbougou. Alors, qu’entendez-vous du mariage ?

Le mariage est un acte public par lequel un homme et une femme consentent d’établir entre eux une union légale devant l’Officier de l’Etat civil ou le Ministre du Culte en présence de leurs témoins respectifs. Il s’agira pour eux de s’unir «pour le meilleur et pour le pire » afin de fonder une famille et d’avoir une descendance légitime.
Le code du mariage et de la tutelle promulgué en 1962 par le Président Modibo Kéïta stipulait que l’âge requis pour le mariage était de 21 ans pour le garçon et 18 ans pour la fille.
Cependant, la nouvelle loi appelée « le code des personnes et de la famille », promulgué en 2011 sous le Président-Général Amadou Toumani Touré, stipule, dans son article 281, que l’âge minimum pour contracter mariage est de 18 ans pour le garçon et 16 ans pour la fille.
Ceci dit, il est aisé de remarquer que le législateur malien s’est beaucoup plus préoccupé de l’âge minimum requis pour les futurs conjoins ; car, au de-là, l’homme et la femme peuvent se marier à tout âge.

Qu’en pensez-vous du mariage tardif des jeunes ?
Si le phénomène du mariage précoce intéresse beaucoup la société civilisée à cause des méfaits et drames causés à la jeune fille, le mariage donne un statut, le mariage tardif des jeunes gens en milieu urbain mérite que l’on s’y attarde un peu. En effet, dans notre société, le mariage donne un statut, de la confiance et de la considération aux conjoints. Un célibataire (fille ou garçon) ne sera point mis sur le même pied d’égalité qu’un marié (ou une mariée). Même s’il est plus jeune. Pourtant, il est facile de remarquer qu’à Bamako des milliers de jeunes gens ayant dépassé l’âge requis de mariage, se maintenir dans une situation de célibataire souvent trop prolongée. Pourquoi ce phénomène urbain ? Est ce le manque d’emploi des jeunes ? Le manque de revenus ?

Le chômage des jeunes joue-t-il un role dans cet épineux problème social ?
De l’Indépendance nationale du Mali jusqu’à la fin des années 1980, le mariage des jeunes était un phénomène social géré les parents âgées, les chefs de famille comme par le passé. Les futurs conjoints n’avaient pas droit à la parole jusqu’au jour de la célébration civile de leur mariage à la mairie. Et même là aussi, c’était juste pour dire « OUI ! » devant le Maire. Tous les frais du mariage et les protocoles étaient l’affaire des anciens. De nos jours, avec la déconfiture de la société et les différentes crises économiques, les jeunes gens ont commencé a s’approprier du processus du mariage et le rôle des chefs de famille a été renvoyé au second plan. D’où, souvent, il y a de problèmes d’argent, de revenus. En grande majorité au chômage, les jeunes ont des problèmes d’installation, de prise en charge du foyer. Leur hantise est donc de plus en plus grande d’où le manque d’engouement pour le mariage. Les jeunes pensent que sans emploi on ne peut pas ou n’a pas droit de se marier ; car, on ne peut pas prendre en charge une fille d’autrui alors qu’on n’a pas une source de revenus stable. En tout cas, il est très difficile de nos jours de résoudre l’équation : non emploi et mariage. Puisqu’autrement c’est le revers de la médaille !
Kouroutoumou Diamoutené LE COMBAT

Djibril Coulibaly

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