jeudi 1 octobre 2020
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LE POUVOIR PRÉSIDENTIEL AU MALI : Le malheur des remords frappera-t-il encore ?

Après le Coup d’État du mardi 18 août dernier, plusieurs Maliens craignent déjà le schéma de 2012. Bien que le nouvel homme fort, Assimi Goita, promet de transférer le pouvoir aux civiles pour assurer la Transition, des interrogations se posent sur cet après IBK. Regrettent-ils déjà le Président IBK, comme ce fut le cas pour ses prédécesseurs ?

Le Soudan français est devenu la République du Mali, sous l’égide de feu Modibo Kéïta, qui a conduit le pays à sa souveraineté nationale et internationale le 22 septembre 1960. Depuis cette date, le Mali a connu bien d’événements foncés et obscurs dans son histoire. En dépit des crises liées à la rébellion au nord, le pays a subi et continue de subir les séquelles de la gouvernance. Les Chefs d’État qui viennent au pouvoir et s’en font pour des soulèvements. Chose qui conduit à chaque fois à des Coups d’État militaire. Le 19 novembre 1968, Modibo Kéïta a été chassé par le Général Moussa Traoré, à l’époque Lieutenant. Puis instaura la dictature ; en prônant le changement ; ou l’heure de vérité. Durant son mandat, les Maliens regrettaient Modibo Kéïta. Sa vision socialiste et travailleuse redorait les couleurs de la Patrie malienne. Mais hélas, le pouvoir militaire était implacable. Notre armée était crainte dans la sous-région. Nos soldats ont fait des guerres dans des pays comme le Libéria, la Sierra Leone, etc. on avait une armée forte, prête à combattre en un rien de temps. Cela étant, après vingt-trois (23) ans, il fut, à son tour, renversé suite à un Coup d’État militaire pour instaurer la démocratie : « pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. » Le métronome de cette machine était Amadou Toumani Touré qui dirigea une Transaction avant de passer la main démocratiquement à Alpha Oumar Konaré. Sous son ère, des efforts ont été faits ; mais l’armée et l’éducation scolaire ont connu une véritable dégringolade sur le plan qualité. C’est en effet, le seul à qui on donna le mérite de finir ses mandats sans subir un Coup d’État. Puis passa la main à ATT, sous l’ère de qui, la corruption, et surtout l’armée s’est davantage dégradée. Après la chute du Colonel Kadhafi en Libye, le Président a accueilli des frères avec des armes sous nos terres ; et qui ont pris des armes contre le Mali. Chose qui lui couta le restant son mandat, à quelques mois seulement. Car il fut renversé par le Capitaine Amadou Haya Sanogo le 22 mars 2012. ATT ce jour-là, est sorti par la petite porte. Puis quelques mois plus tard, c’est l’élection d’IBK qui a été  accueilli en héros par ces mêmes Maliens qui viennent de le chasser du pouvoir. Pourquoi avons-nous regretté ATT ? La question reste posée ; et mérite évidemment des éléments de réponses pour éclairer la lanterne de bien de Maliens. Et aujourd’hui, c’est le Président Ibrahim Boubacar Kéïta, élu démocratiquement en 2018 pour son second mandat, qui est renversé. Alors à quoi peut-on s’attendre ? Du regret ? Plus tard ? En tous les cas, c’est ce qui s’est passé avec nos Chefs d’État qui ont été démis de leurs fonctions. Espérons que le malheur des remords ne frappe guère ; sinon l’histoire aura raison de nous.

Moriba DIAWARA

Malick Diancoumba

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