mercredi 23 septembre 2020
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LA RÉPUBLIQUE EN DANGER : QUI DÉTIENT À PRÉSENT LES MANETTES DE L’ÉTAT ?   

S’il ne s’agissait que d’une épreuve, si rude soit-elle, que vit actuellement notre république, comme cela arrive cycliquement à tous les pays, les Maliens seraient beaucoup moins en face des conjectures lancinantes. Mais la situation est véritablement au bord de l’explosion alors qu’on ne sait pas exactement qui est aux commandes.

 

Analysant l’attitude d’Ibrahim Boubacar Keïta au moment où il lisait son adresse à la nation dans la nuit du 14 juin, Dr. Fatogoma Fomba, pharmacien de son état, croit avoir décelé chez le président de la République les signes de la « sénescence avec altercation de la santé mentale ». Même en prenant des précautions épistolaires pour éviter de paraître désagréable au chef de l’État, au regard de la fonction présidentielle, le scientifique dit qu’il aurait aimé dire « tout bonnement à sa famille d’amener leur vieux à une consultation afin de contrôler sa santé mentale et dire aussi à la famille que quelqu’un profite de lui à l’insu des autres afin d’atteindre ses objectifs ». Dr. Fomba délivre le diagnostic : « En le regardant et en l’écoutant discourir, nous avons vu un Président Ibrahim Boubacar Keïta diminué physiquement et mentalement. Les raisons sont les suivantes : la sénescence due à l’âge, une probable dégradation de sa santé mentale. Dans ce cas combiné, son raisonnement peut rester logique, mais il nie les réalités et la gravité des événements autour de lui. » En conséquence de quoi le pharmacien a une certitude : « Nous avons pensé que IBK est pris en otage réellement par un clan à travers sa sénescence et la dégradation de sa santé mentale ». Difficile de ne pas accorder foi à cette examination faite par un praticien de la science médicale. Au-delà, même les profanes ont pu constater qu’en lisant son discours- en dix minutes, une grande première, note avec emphase l’Ortm-, IBK était comme fuyant, les yeux hagards dans la posture de quelqu’un comme tétanisé, voire dopé qui déroulait mécaniquement ce qu’on a voulu qu’il dise. Ces constats des citoyens ne procèdent pas d’esprits chagrins, malintentionnés et malveillants. Les quiproquos quant à l’authenticité de sa signature apposée le 11 juin sur le décret de reconduction de Boubou Cissé à la tête du gouvernement n’étaient pas encore estompés à la date du 14 juin. Physiquement, même si une certaine forme ressemblante est visible, les deux signatures sont bien différentes. Il y a des explications indéniables à cette réalité. Premièrement, le président IBK est bien malade, avec au moins une main tremblante, ce qui ne lui permet plus de reproduire correctement sa propre signature. Deuxièmement, le chef de l’État n’étant pas apte à signer, cette tâche a été dévolue à un imitateur qui s’est révélé très maladroit. Troisièmement, le chef de l’État ne contrôle plus rien et, en ses lieu et place, une bande de desperados à la haute main sur la marche du pays, un cartel qui se permet tout, comme savent, les crapules savent le faire. IBK est alors dans la malheureuse position de tout accepter, tel un automate. Quatrièmement, non, tout va bien chez le président, même s’il est vieux et malade à s’en inquiéter. Mais, c’est Dieu qui envoie des signes auxquels il faut être attentif. Le tremblement de la précieuse main présidentielle au moment de la signature peut être un mauvais présage, un terrifiant indice enveloppé dans une prémonition aux effets imminents. C’est comme des propos malencontreux qui échappent le plus souvent à des hommes haut perchés que les dieux de l’Olympe décident de lâcher. Mais la vraie question qu’il ne convient pas d’éviter est de savoir qui est véritablement aux commandes de l’État depuis le 05 juin. IBK ne donne aucune certitude encore. Son fils, Karim Keïta, est soupçonné par beaucoup d’entretenir une régence qui a la couleur d’une gestion de l’État par procuration. Quant au général Moussa Diawara, directeur de la Sécurité d’État, des observateurs ont souvent murmuré qu’il ne cesse de développer des attitudes d’un général Ben Ali face à un président Bourguiba vieillissant et sénile. Pr Ali Nouhoum Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale, a choisi de crever cet abcès Ben Ali-Bourguiba dans une communication dans laquelle il a mis en garde le général Moussa Diawara contre la tentation de reproduire le scénario à la Monastir alors qu’aucune région malienne ne s’appelle Monastir. Comprennent les doués d’intelligence! En tout cas, il appartient maintenant à la Cour suprême de nous édifier si IBK est apte ou non à gouverner encore. Et pourquoi pas l’Assemblée nationale Coronavirus n’ira pas faire quelque test à Koulouba ? Manassa Dagnoko et sa Cour constitutionnelle, assurément, ne sont pas les seuls maux de la démocratie malienne.

Amadou N’Fa Diallo

Malick Diancoumba

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