samedi 28 novembre 2020
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Vivre dans l’inquiétude permanente a-t-il un impact sur la santé ?

Quand vous avez des problèmes compliqués dans la vie, qui vous provoquent une angoisse permanente, vous avez l’impression de vous « user ». Eh bien ce n’est malheureusement pas qu’une impression. Le stress permanent est mauvais pour la santé, surtout quand il dure des décennies de suite. Vers 50 à 60 ans, les personnes trop angoissées peuvent voir apparaître des problèmes de santé à tous les niveaux.

Perturbations cardiaques

La pression artérielle s’élève à force de sécréter du cortisol, l’hormone du stress : c’est l’hypertension. Le rythme cardiaque, constamment élevé et sujet à de brutales accélérations à chaque coup de stress, se dérègle : ce sont les arythmies. Les personnes anxieuses ont un risque 60 % plus élevé d’accidents cardiovasculaires, selon une étude publiée dans The Lancet en 2017 [1].

Troubles du squelette et mal de dos

Des troubles du squelette et des articulations peuvent survenir, à cause de muscles trop tendus en permanence. Le mal de dos est une conséquence classique de l’anxiété.

Vieillissement du cerveau

Le cerveau souffre à tous les niveaux, en particulier des conséquences d’un mauvais sommeil, perturbé par les angoisses. Il vieillit plus vite, oublie, peine à se concentrer, à apprendre, à maîtriser les sautes d’humeur.

Dérèglement intestinal, ulcères et reflux gastro-œsophagien

L’estomac est attaqué : les ulcères ainsi que le reflux gastrique sont provoqués par l’angoisse, d’autant plus qu’on mange mal, trop vite, en mâchant trop peu, et on peine à avaler avec une gorge serrée. Les dents s’usent plus vite, car les personnes stressées ont tendance à contracter la mâchoire, et frotter les dents (bruxisme). Les acides qui remontent dans la bouche abîment les dents. De l’eczéma peut apparaître. Les cheveux blanchissent prématurément, et tombent.

Cancer

Enfin, l’anxiété permanente accroît très probablement le risque de cancer. La Ligue contre le cancer affirme que « les études ne trouvent pas de corrélation significative entre stress et cancer. Qu’elles soient rétrospectives ou prospectives, donc plus rigoureuses puisque sans biais, les études donnent des résultats controversés [2] ».Mais elle reconnaît aussi que l’anxiété fait monter la production de cytokines, des messagers du système immunitaire qui accroissent l’inflammation, associée à de nombreuses maladies dont le cancer. Pour cette raison, de nombreux praticiens estiment que le cancer est favorisé par le stress.

Que faire ?

Vous débarrasser de ces angoisses permanentes qui vous rongent est donc une priorité pour votre santé. Mais agir contre son anxiété, c’est toute une aventure. En aucun cas, cela ne peut se résumer à prendre un médicament, ni même une tisane ou des granules, même si cela peut aider, bien sûr.
Le problème est que l’être humain fait effectivement face à des choses angoissantes : la vie est angoissante, la mort est angoissante, et tout ce qui se passe entre la naissance et la mort est particulièrement angoissant !!
L’angoisse n’est donc pas une maladie.
C’est, au contraire, un état très commun. Le plus étonnant, au fond, c’est que certaines personnes réussissent à ne pas être angoissées, vu tous les dangers que l’existence fait courir. C’est encore plus vrai quand vous avez la responsabilité d’autres personnes : si vous avez des enfants, en particulier, comment ne pas être angoissé pour eux, pour leur futur, ou pour tout ce qui peut leur arriver dans la vie et que vous ne maîtrisez pas ??

La solution, peut-être, est de commencer par nous accepter comme nous sommes : légitimement angoissés. C’est déjà énorme : cela nous permet de ne pas nous angoisser d’être angoissés ! Être compréhensif avec nous-mêmes, en reconnaissant que nous avons bien le droit d’être angoissés, étant donné la situation.
Ensuite, il faut se retrousser les manches, et travailler à éliminer les sources d’angoisse sur lesquelles nous pouvons agir.Par exemple, si je suis angoissé d’être cambriolé la nuit, peut-être pourrais-je envisager d’adopter un chien. Tous les agents d’assurances vous le diront : les personnes qui ont un chien se font bien moins souvent visiter que les autres.
Si je suis angoissé par des dettes, aller voir un conseiller financier qui m’aidera à me désendetter peu à peu.
Si je suis angoissé par la peur du cancer, adopter un mode de vie et une alimentation anticancer.
Si je suis angoissé d’être licencié, aller voir mon responsable et lui demander ce que je peux faire pour limiter mon risque d’être licencié. S’il ne me propose aucune piste, commencer tout de suite à chercher un autre travail où je serai mieux reconnu et pourrai me sentir moins en insécurité.
Ou n’importe quel autre point sur lequel vous pouvez agir à votre rythme, sans vous mettre une pression… angoissante.
Cela ne supprimera pas tous vos problèmes. De plus, vous ne pourrez sans doute pas agir sur la plupart des causes de votre anxiété, qui tiennent à des facteurs que vous ne pouvez pas contrôler.

Mais ce n’est pas l’objectif.

Tout le monde est comme ça. L’objectif, c’est d’agir et de « prendre les choses en main ». Car c’est cela qui fait baisser le niveau d’angoisse. Chaque fois que je progresse sur un aspect, même secondaire, de ma vie, mon angoisse générale diminue. C’est peut-être une façon de comprendre le vers de La Fontaine : « Aide-toi, et le Ciel t’aidera. »
Car l’expérience des maîtres de spiritualité montre que la sérénité vient du fait non pas d’avoir résolu tous les problèmes du monde, mais de contribuer au maximum de nos capacités à résoudre les problèmes qui sont à notre portée. Ce qui est complètement différent, et beaucoup plus rassurant car possible pour chacun, à tout moment.

Allez-vous connaître un miracle ?

À force d’agir chaque jour pour supprimer les petites et grosses choses qui vous angoissent, il se pourrait que vous connaissiez une sorte de « miracle » : ne plus être angoissé du tout.

C’est peut-être cela, la clé du bonheur. Peut-être même que c’est cela, notre mission sur terre : faire ce que nous pouvons, là où nous nous trouvons, avec les forces (et les limites) qui sont les nôtres. Ce qui passe par un difficile travail de s’accepter soi-même tel que l’on est, avec ses faiblesses. Une fois que nous en sommes-là, alors oui, il est bon de prendre deux fois par jour, de l’aubépine et du millerpertuis (matin et soir), respirer de l’huile essentielle de lavande fine, et compléter avec du Sédatif PC !

Jean-Marc Dupuis

Malick Diancoumba

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