vendredi 14 mai 2021
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La myrtille, petite baie prometteuse pour l’Afrique du Sud

La production du pays a été multipliée par 40 en douze ans, exportée principalement vers l’Europe, avant de partir à la conquête des marchés chinois et sud-coréen.

Sous un tenace soleil d’été austral, des centaines d’ouvriers agricoles, chapeaux et visages masqués, se concentrent sur leur travail de fourmi : cueillir baie par baie une exceptionnelle récolte de myrtilles sur ces pentes montagneuses situées à une centaine de kilomètres du Cap.

L’Afrique du Sud s’est lancée dans la culture prometteuse de ce fruit bourré d’antioxydants et de vitamine C, en forte demande mondiale. Et la pandémie n’a pas freiné les exportations. De 600 tonnes produites en 2008, le pays devrait passer à 24 000 tonnes en 2020, principalement à destination de l’Europe et de la Grande-Bretagne.

La ferme Chiltern, avec ses plantations sous les versants de la réserve naturelle Hottentots Holland, autrefois parsemés de pommiers et de fraisiers, bénéficie d’un ensoleillement optimal et d’une irrigation fiable. Des filets ont été placés pour protéger les arbustes des intempéries et des ruches sont transportées chaque année pour polliniser la future récolte. Le fruit nécessite de grandes précautions pour être empaqueté en parfait état. « Elles ont besoin de délicatesse », souffle Johan Both, patron de l’entreprise agricole.

« Nous avons beaucoup de variétés et un fruit de belle qualité », s’enorgueillit Elzette Schutte, directrice de l’Association des producteurs sud-africains de fruits rouges. « Et nous sommes plus près de l’Europe que nos concurrents le Pérou ou le Chili », explique-t-elle, pour des barquettes qui arrivent opportunément en hiver sur les étals des pays du Nord.

L’Afrique du Sud reste un producteur modeste de myrtilles, face aux géants que sont le Canada et les Etats-Unis, mais se positionne pour obtenir des marchés en Chine et en Corée du Sud, qui permettraient encore de faire croître la production. « On s’attend encore à une demande internationale plus forte, parallèle à la reconnaissance des vertus nutritives de ce fruit », précise-t-elle.

Gourmandise bleutée

La plupart des myrtilliers poussent dans la province du Cap-Occidental, où se trouvent aussi le prestigieux vignoble sud-africain et la ville portuaire du Cap. La valeur des exportations du petit fruit acidulé est passée de 7 millions d’euros en 2013 à plus de 55 millions en 2018, selon des statistiques gouvernementales. Plus de 2 700 hectares sont plantés dans la province, contre seulement 261 il y a cinq ans.

Les myrtilles sont « une des productions d’horticulture qui connaît la plus grande croissance en Afrique du Sud », confirme Pieter Zietsman, directeur de l’unité « fruits rouges » de la société pépiniériste Top Fruit.

Elle représente un meilleur retour sur investissement que beaucoup d’autres fruits, mais « coûte très cher en investissements initiaux », explique-t-il. Il faut au moins 20 hectares pour lancer une production rentable, puis débourser 1,6 million d’euros pour semer cette surface.

La consommation locale devrait aussi monter en puissance, ce qui permettrait de planter des espèces moins coûteuses, estime la filiale.

L’artiste du Cap Alice Toich, connue localement comme compétitrice dans une émission-concours de pâtisserie, utilise beaucoup de myrtilles dans ses muffins, ses cakes au citron, sa pavlova (meringue, crème fouettée et fruits) et autres smoothies. La jeune influence, qui « aime cuisiner avec les yeux », en congèle aussi pour faire des crèmes glacées teintées de torsades bleutées et vante les mérites gustatifs et nutritionnels de la baie auprès des ses milliers d’abonnés sur les réseaux sociaux. « Quand j’en mange des tonnes, je n’ai aucun remords », assure la cuisinière avec coquetterie, « parce que c’est bon pour la santé ! ».

Le Monde avec AFP

Malick Diancoumba

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