lundi 27 mai 2024
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INSECURITE ET CRISE HUMANITAIRE AU CENTRE DU MALI: Un expert de l’ONU met en cause la défaillance de l’Etat

A l’issue d’une visite au Mali, un expert des droits de l’Homme de l’ONU s’est félicité de l’amélioration de la situation sécuritaire dans le nord du pays. Toutefois, il s’est dit préoccupé par la violence et l’impunité croissantes dans le centre en indexant la défaillance de l’Etat.

«La mise en œuvre de l’Accord d’Alger de 2015 dans le nord du Mali, avec le redéploiement progressif des Forces armées maliennes (FAMa) reconstituées à Kidal et Tombouctou et leur prochain déploiement à Ménaka et Taoudéni, est une étape importante vers le retour à la paix», a déclaré Alioune Tine, l’Expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’Homme au Mali.

«Ce processus est le résultat du Dialogue national inclusif qui a été un tournant majeur. Les résolutions actuellement mises en œuvre apportent un nouvel espoir de paix et de retour progressif à un processus politique pacifique au Mali, à travers l’organisation d’élections législatives», a expliqué l’expert. Les élections législatives au Mali sont effectivement prévues les 29 mars et 19 avril 2020 dans notre pays.

Dans son rapport, M. Tine a salué les efforts de l’État malien, des groupes armés et de la Mission multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) pendant tout le processus.

Cependant, la situation se détériore dans la région du Centre où des civils sont victimes d’organisations criminelles transnationales, de groupes terroristes et de milices armées qui accroissent leur emprise sur la région, a déclaré l’expert. «Dans le centre du Mali, j’ai observé un cumul des défaillances sécuritaires, judiciaires et administratives qui facilitent la violence de masse en toute impunité. Les Forces armées maliennes et la MINUSMA n’ont pas réussi à assurer une sécurité adéquate aux civils de la région», a-t-il constaté.

L’expert onusien s’est dit, en particulier, consterné par l’attaque d’hommes armés sur le village d’Ogossagou, dans la région de Mopti, le 14 février. Au moins 33 personnes ont été tuées, trois blessées et 20 portées disparues. «J’ai été choqué d’apprendre que le détachement des Forces armées maliennes, qui avait jusque-là assuré la sécurité du village, s’était retiré de la zone la veille», a déclaré M. Tine.

Presque tous les représentants de l’État et de l’armée rencontrés par l’Expert indépendant ont souligné que les auteurs d’attaques similaires antérieures dans différentes régions n’avaient pas été amenés à répondre de leurs actes ; et que cette impunité est l’un des facteurs aggravants de la violence actuelle.

Les autorités judiciaires ont assuré que des enquêtes étaient en cours, mais qu’en raison de la situation sécuritaire (qui ne permet pas d’arrêter les auteurs présumés) et du climat de peur (avec des témoins et des victimes craignant des représailles), le processus judiciaire est lent.

En visite dans la région depuis le samedi 22 février, le Premier Ministre Boubou Cissé et sa délégation se sont rendus ce matin à Ogossagou par la route pour échanger avec les communautés du village et les autorités du cercle.

Rappelons que l’expert indépendant présentera un rapport complet de sa visite lors d’un dialogue interactif qui sera organisé en mars 2020 par le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies, en présence de représentants du gouvernement malien.

Moussa Bolly

Djibril Coulibaly

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