samedi 5 décembre 2020
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Drogue, banditisme et carence de niveau dans les écoles: Quel avenir pour la jeunesse malienne ?

Bien qu’avec une population majoritairement jeune, le Mali est loin d’être rassuré d’un relais prometteur si on jette un regard objectif sur cette jeunesse partagée entre la drogue, le banditisme et l’incivisme avéré. N’y a-t-il alors pas  urgence de diagnostiquer les maux dont souffre cette couche dangereuse pour l’avenir du pays et, s’il le fallait, proposer des alternatives crédibles pour la sauver ?

 

Alors que les vieilles Générations toujours aux affaires sont traitées  de tous les noms d’oiseau pour avoir transformé cet ancien Soudan français en une vache laitière à leur guise, le surnom que porte la jeunesse qu’est l’avenir de toute société est aussi loin d’être au rose nonobstant plusieurs décennies d’Indépendance nationale dont  près de trente ans de l’ère démocratique. D’où la persistance des inquiétudes par rapport à l’existence même du pays dans les siècles à venir. Dans les hameaux, les villages, qui étaient pourtant, en un moment, des repères en termes d’éthiques, la dépravation des mœurs est partout au paroxysme. Les centres-ville ? N’en parle pas. Tout le monde est unanime que les bras valides ont perdu la notion de discipline, ils ne savent plus s’exprimer à part  de servir un amas de futilités, d’insultes et de mots blessants. Ils font fi des lois et règlements du pays et éprouvent un mépris et un manque de tolérance très graves envers la Génération du troisième âge dont les surnoms notamment « Le Pa ; la Dja ; Léguisé, etc. » sont donnés. « Le problème est que notre pays s’est aventuré dans la Démocratie sans une préparation sociale ni maturité politique. Et l’incompréhension du système a fait que les adolescents ont vu en eux des gens qui connaissent tout. En d’autres termes, le modèle face à l’ancienne Génération à laquelle ils ont collé l’étiquette archaïque », a regretté Adama Sidibé, Professeur  à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion avant d’enchainer que d’autres axes sont à indexer dans ce revirement nocif de la couche juvénile dont le  déficit d’éducation scolaire qui est à revoir par le fait qu’une importante partie de la jeunesse n’est pas instruite ou pas comme il faut alors que l’éducation est la première industrie d’un pays. «Nous avons une jeunesse ignorante de ses devoirs et de ses droits». Les causes se limitent-elles là ? Non ! L’Universitaire soulignera qu’il y a aussi le manque de formation professionnelle de qualité qui condamne les jeunes à vivre dans une angoisse existentielle et substantielle très dangereuse. «Cette angoisse existentielle peut-elle être un facteur d’explication de la violence que mène cette jeunesse. Ils pensent d’une manière ou d’une autre que tout, y compris le recours à la violence, est bon pour atteindre ses objectifs alors que lorsqu’ils cassent et brûlent c’est l’État qui paie. Dans ce contexte, elle pense que la violence est une arme à user pour faire fléchir l’État ou tout autre adversaire».

 

Absence  de modèle à suivre

La jeunesse malienne  ressemble aujourd’hui  à un bateau ivre, désorienté et perdu. D’où  l’importance de souligner que ce n’est pas la faute des citoyens ordinaires, mais des Autorités politiques, coutumières et religieuses auxquels aussi l’option presque bedaine n’est pas à écarter dans les différentes phases de positionnement. Comme le disait l’autre, lorsque les pères s’habituent à laisser faire leurs enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes gens méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité ni de l’État, ni d’aucune personne morale, alors c’est là en toute franchise le début de tous les échecs d’une Génération. «La jeunesse malienne peine à trouver des repères pour s’appuyer. Les Hommes politiques ont failli, les Guides spirituels sont tombés dans les tentations matérielles et de clientélisme, les valeurs cardinales telles qu’“Horonya”, “Gassi don”, “Yérédon”… ont disparu dans les rapports humains », a déploré Sambou Sissoko.

 

Le complexe d’infériorité et la folie des grandeurs

C’est une chose bien fréquente dans les « grins », les boites de nuit et autres lieux de rassemblement des jeunes. Bon nombre de jeunes rêvent d’avoir une vie paradisiaque, radieuse, mais sans travailler. Un  état d’esprit qui ne peut que leur entraîner  vers l’esprit de violence. «Il faut que nous les jeunes prenions conscience que seuls le travail et l’objectivité paient. Qu’on se démarque des complexes et des folies que nous inflige l’extérieur. Peut-on parler de relève saine avec de tels comportements ?», s’est questionné Nouhoum Traoré, un Diplômé en BT2 Filière Comptabilités, érigé en Revendeur d’accessoires de téléphone. «On va à l’école pour savoir lire et écrire et aussi cultiver l’intelligence et le  raisonnement et pour mieux  pouvoir faire ce qu’on désire faire dans la vie courante et professionnelle. Tous les jeunes rêvent d’avoir un Bureau climatisé, mais ça c’est désavantageux même pour le pays. Il faut aussi que l’auto-emploi soit mis en valeur », a-t-il souhaité.

En somme, l’avenir de la jeunesse malienne comme celles des autres pays de l’Afrique  pose problème à tous les niveaux. Ce, en ce sens que le désespoir et la médiocrité sont au centre de toutes les activités sociales et professionnelles des jeunes. Ainsi, il faudra parvenir à corriger cet avenir  incertain qui se profile à l’horizon.

Seydou Konaté LE COMBAT

Djibril Coulibaly

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