vendredi 27 novembre 2020
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Transition politique : le pouvoir violerait-il l’article 10  de la charte ?

Après l’installation du gouvernement de la transition, il était prévu par la charte en son article 10 alinéa 2 «  que le président et vice-président de la transition ainsi que les membres du gouvernement déclarent leurs biens ». Jusqu’à preuve du contraire, cela n’a pas eu lieu, en tout cas pas à notre connaissance.

 

Jusqu’à preuve du contraire, cette fameuse déclaration de biens des membres du gouvernement et celles des trois personnes de l’exécutif ne sont pas encore faites à la Cour suprême de Bamako. Serait-il un oubli de leurs parts ou une violation de la charte ? Pour le moment les ténors du nouveau pouvoir ne réagissent pas. À défaut de cela, certains de ces ministres sont visés par des dossiers très compromettants. S’il s’avère vrai que ceux-ci sont trempés dedans, le chef du gouvernement serait obligé d’expliquer à la population le comment de la nomination de ces ministres du fait qu’il avait pourtant pris tout son temps pour l’organisation de son équipe. La violation du texte est une seconde nature pour les dirigeants de ce pays. On a fini avec la constitution, maintenant  c’est  la charte qu’on vise. Lorsqu’elle n’a pas été unanime lors de son adoption, les conséquences de sa violation ne concernent qu’eux, puisqu’il en va à leur honneur d’homme de dirigeant. D’ailleurs, le gouvernement de transition est-il à sa période d’essai de grogne social ? Puisqu’il faut le dire, les administrateurs civils et celui des syndicats libres sont vent debout, si rien n’est fait, la transition pourrait sombrer dans une plaque tournante très difficile. Par ailleurs, le président de la transition devrait s’investir pour traquer les crocodiles dans son gouvernement afin de donner un signe fort à sa parole lors de son investiture quand il disait « je lutterai de toutes mes forces contre la corruption ». En tout cas, le message ne semble pas être entendu par la population ou même par ses collaborateurs. Ceci devrait commencer par le respect des articles de la charte. Et la population qui auparavant était très enviée de ce nouveau pouvoir commence à se poser des questions sur la fiabilité de leur qualité de bon père de famille. En ce moment, il n’est pas prudent de jouer avec le respect des textes si nous voulons réellement la réussite de cette transition qui a un début difficile.

À suivre

Lansine Coulibaly

Malick Diancoumba

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