lundi 6 juillet 2020
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Tensions sociopolitiques au Mali : L’ancien PM Abdoulaye Idrissa Maïga joue à l’apaisement 

Dans une lettre ouverte publiée ce jeudi 25 juin, l’ancien PM d’IBK, appelle les parties au dialogue: M5-RFP et CFR, et en leur suggérant de mettre en avant la stabilité du pays. Abdoulaye Idrissa Maïga propose dans cette lettre un plan pour une sortie de crise.

« L’ensemble national vit un moment de grandes fragilités faisant écho de la critique sociale qui suggère fortement l’État malien en d’autres manières d’agir et de gérer le bien commun», a-t-il introduit dans sa lettre.

Avant d’enchaîner : « lettre est un Appel à la Raison. Elle s’adresse à tous nos compatriotes, singulièrement aux acteurs politiques du M5- RFP ainsi que du CFR qui divergent de la lecture de l’algorithme électoral, des pratiques de gouvernance et des moyens d’une sortie de crise. » Le Mali est devenu une terre meurtrie, victime d’attaques terroristes coûtant la vie à de nombreux  fils du pays et de trahison, etc., raison pour laquelle l’ex-PM s’est senti interpeller  et a fait un rappel des événements de 2012 et ceux en cours :  « Alors, interpellés-nous les sommes, dit-il, et assez nombreux à y réfléchir, car le ciel malien s’était déjà assombri le 17 janvier puis le 22 mars 2012. Depuis huit ans, la Résilience des braves populations maliennes mérite d’être saluée. Des populations en proie à tant de déserts, aujourd’hui soumises à l’épreuve de la pandémie du coronavirus. »

  1. Maïga déplore encore dans cette lettre l’environnement sécuritaire dans lequel les élections législatives se sont déroulées : « Les Élections, pour être crédibles, encore une fois, précise-t-il,  celles-ci doivent être organisées dans un environnement sécurisé permettant à l’État de déployer ses agents et ses représentants sur le terrain. Des séquences normatives ont été mises entre parenthèses. La suite est connue, et ces événements malheureux auraient pu être évités et l’abscisse des fragilités aurait également pu être mieux définie. L’algorithme électoral en question, fonctionne seulement avec la participation effective des électeurs au scrutin. C’est en cela qu’il permet de transformer un nombre réel de votants physiques en nombre de sièges. »

Puis il a mis en ligne le rôle de Cour Constitutionnelle dans cette situation : «  Elle dispose d’une faculté d’empêcher toute chose qu’elle a outrepassée. Et comme toutes les Cours, elle est soumise à la double contrainte de motiver ses décisions et de maintenir la cohérence de sa jurisprudence. Ce ne fut point le cas. »

Ainsi l’ancien PM, Abdoulaye Idrissa Maïga propose après une réflexion approfondie, dit-il, il nous est apparu indispensable d’inviter les parties à emprunter la voie d’une médiation républicaine assortie de suggestions et actions urgentes ci-après :  Accepter le Dialogue M5-RFP / CFR sous l’égide du Haut Représentant de l’Union Africaine, S.E Pierre Buyoya assisté d’un haut magistrat de son choix. Chacune des parties se fera représenter par sept de ses membres. S.E Buyoya disposera de cinq jours pour boucler les échanges et rendre ses conclusions deux jours après. Le Haut Représentant de l’UA organisera une rencontre spéciale entre le Président de la République et l’Imam Mahmoud Dicko durant trois jours d’intenses échanges ; S.E Buyoya assistera à l’ouverture et à la clôture de ces échanges. Cette rencontre spéciale sera l’occasion pour ces personnalités de trouver par devoir, une position qui pourrait être partagée par le plus grand nombre de nos concitoyens ; S.E Buyoya pourrait assister l’imam Dicko qui aura la charge de livrer les points d’entente et/ou de désaccord. En cas de désaccord, un autre temps d’échanges pourrait avoir lieu ; A l’issue de ce processus, une feuille de route détaillée pourra être adoptée par les parties en présence sous l’égide du Haut Représentant de l’U.A. Cette démarche doit viser à faire du Mali, un État juste, raisonnable et rationnel ; La communauté internationale (U.A, CEDEAO, ONU, U.E) sera alors invitée au respect des choix consensuels et mesures uniformes des Maliens, tout en facilitant la libération des régions du Nord et du Centre qui, à l’épreuve de la crise multiforme, affirment de plus en plus leur utilité et leurs richesses.

Puis conclu que: « Somme toute au moyen d’un bon lénitif, méditons cette pensée (Tite-Live) selon laquelle : « Mieux vaut la paix certaine que la victoire espérée.  » Tous autant que nous sommes, nous voulons la paix, d’autant qu’elle permet au peuple tout entier d’exercer sa pleine souveraineté dans un Mali uni et stable. »

Moriba DIAWARA

Malick Diancoumba

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