dimanche 26 septembre 2021
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SURENCHÈRE SUR LES PRIX A LA CONSOMMATION : La DNCC attendue désespérément sur le terrain des sanctions exemplaires par des contrôles inopinés

Depuis l’apparition de la maladie du Coronavirus, le prix des denrées de première nécessité sont au cœur de toutes les spéculations d’opérateurs économiques véreux. Les prix ont ainsi pris l’ascenseur pour en rajouter au désarroi des consommateurs qui ont déjà énormément du mal à joindre les deux bouts. La semaine dernière, la Direction nationale du commerce et de la concurrence (DNCC) a rappelé les prix standards pour grossistes et détaillants et a menacé de sévir. Mais, nous savons tous que cela ne suffit pas. Il faut des mesures de répression drastique.

 

A peine que le gouvernement a annoncé l’apparition des premiers cas de COVID-19 au Mali le 25 mars 2020 que la spéculation a commencé autour du prix des denrées de première nécessité. C’est comme si les vautours et les crocodiles n’attendaient que cela pour se réjouir des bonnes affaires à l’horizon.

«Tout a augmenté aujourd’hui dans les marchés et dans les boutiques de quartier ainsi que dans les pharmacies», dénonce Nana Djiré, une veuve et mère d’une famille nombreuse au bord des larmes. Un tour dans certains marchés de Lafiabougou (commune IV du district de Bamako) et dans des boutiques nous prouve qu’il n’y pas d’exagération dans sa dénonciation.

A Bamako, le kilogramme du sucre est rapidement passé de 450 à entre 550  et 600 F Cfa selon les quartiers. Le litre d’huile est aujourd’hui cédé entre 850 et 1.000 F Cfa. A l’intérieur du pays, on est pas plus nanti. A Gao, depuis la fermeture des frontières avec l’Algérie, certains produits ont connu une hausse. Le carton de couscous et de macaroni est passé de 3.500  à 5000 F Cfa. Vendu à 18.000, le sac de sucre de 50 kilogrammes est passé à 25000 CFA. Quant à celui de la farine, il faut débourser aujourd’hui 15.000 F Cfa au lieu de 10 000 pour en avoir. Le carton de lait de 25.000 est cédé maintenant aux consommateurs à 35.000 F Cfa. La liste est loin d’être exhaustive !

«Avant cette maladie, les prix ont commencé à grimper chez les grossistes comme à l’approche de chaque mois de ramadan. Mais, maintenant, certains d’entre eux font de la rétention de marchandises pour créer la pénurie et augmenter les prix», a déploré Vieux Maïga, un boutiquier. Et pourtant, la mobilité des gros porteurs n’est nullement affectée par les mesures préventives annoncées par le gouvernement le 12 et le 25 mars 2020. Et cela afin d’éviter les ruptures de stocks à l’approche du ramadan.

Dans un communiqué, la Direction nationale du commerce et de la concurrence (DNCC) a déclaré que «ces augmentations ne sont pas justifiées et qu’il n’ya pas non plus de rupture de stock». Elle a donc fixé des plafonds de prix «à ne pas dépasser» par les grossistes et les détaillants. Et des numéros ont été mis à la disposition des consommateurs de chaque commune du district. La DNCC a aussi ouvert un numéro vert (80 00 11 90) pour dénoncer les spéculateurs.

Dans son communiqué du lundi 30 mars, la DNCC a invité ses démembrements à «veiller au respect des prix dans les lieux de vente» et de «punir conformément à la loi, toute pratique visant à spéculer sur le coût de denrées alimentaires».

Toujours selon la DNCC, le prix plafond de certains produits alimentaires est de 650 F Cfa pour l’huile locale, 500 F Cfa pour le sucre, 350 F Cfa pour le riz brisé non parfumé et 250 F Cfa pour le pain de 300 g. Malgré cette fixation de prix par la DNCC, de nombreux consommateurs restent sceptiques quant à l’application sur le terrain dans un contexte de libéralisme des prix.

Si pour les consommateurs, l’apparition de cette pandémie dans le pays où le panier de la ménagère est désespérément vide à cause de la galère, ne peut justifier cette augmentation, ils disent que les mesures annoncées par la DNCC ne vont pas suffire à faire baisser les prix si la direction et ses démembrements ne procèdent pas à des contrôles inopinés dans les marchés et dans les boutiques pour sanctionner les contrevenants. Ils sont aussi nombreux à souhaiter que le gouvernement profite de cette pandémie pour prendre des mesures sociales afin d’alléger le fardeau de la grande majorité des Maliens.

Hamady Tamba

 

Djibril Coulibaly

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