vendredi 17 septembre 2021
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Relecture de l’Accord d’Alger : les colonels et les groupes signataires sur le point de dribbler les Maliens

Les groupes armés et le gouvernement de transition ont eu une réunion de niveau décisionnel sur l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, sur certains aspects de Défense et de Sécurité, le 8 février 2021. Cette rencontre qui a réuni les parties maliennes signataires de l’Accord d’Alger, le Giz, la MINUSMA et le ministère malien de la Réconciliation nationale s’est tenue à l’hôtel Radisson.

Cette réunion de deux jours entre le gouvernement et les groupes signataires de l’Accord a été consacrée aux discussions relatives aux aspects de Défense et de Sécurité dont les modalités de mise en œuvre de l’Accord devront être définies au sortir des échanges. Une démarche qui prouve clairement que les deux parties sont sur le point de fumer le calumet de la paix. Mais l’interrogation aujourd’hui est de savoir si l’Accord engage uniquement les autorités et les groupes armés seuls. Car, il est clair à ce jour que le contenu de l’accord est bien méconnu de l’opinion nationale qui ne connait pas les tenants et les aboutissants de celui-ci. C’est d’ailleurs, le sens à donner à la position des forces vives de la nation lors du Dialogue National Inclusif (DNI) et les concertations sur l’élaboration de la feuille de route de la transition. Les forces vives ont été sans équivoque ; relire cet accord et l’approprier sans quoi il est inapplicable en l’état. Car plusieurs observateurs estiment que l’Accord d’Alger tel qu’il a été élaboré est une partition programmée du Mali.

Cependant, voir les deux parties maliennes échanger sur sa mise en œuvre est une bonne chose, et même salutaire, sauf que cette démarche semble exclure les aspirations des maliens. On se demande si les autorités et les militaires ne sont pas déjà en train de mettre en application l’Accord sans l’avoir relu.

Les voix qui s’élèvent passant par les mouvements qui se créent pour dire non à la mise en œuvre de l’accord en l’état. « On est prête à pactiser avec le diable pour que la partition du Mali ne se fasse pas », affirme Abdel Kader Maïga, membre d’une coalition de la société civile. Il faut dire que ces positions tranchées ne semblent nullement inquiéter les autorités qui continuent obstinément à foncer dans une démarche qui risque de mettre le pays dans une situation incontrôlable.

Toutefois, il faut reconnaitre que cette démarche fait l’affaire des groupes armés pour qui rien ne doit d’être retranché de cet Accord. À ce sujet, Haballa Ag Hamzatta, le porte-parole de la plateforme des mouvements du 14 juillet d’Alger, a laissé entendre qu’il est de ceux qui pensent que la révision n’est pas la solution. Alors en acceptant la mise en œuvre de l’Accord en l’état, les autorités de la transition sont en entente bilatérale avec les groupes armés et foulent au pied les fortes recommandations issues de grands rendez-vous d’envergure nationale que sont le Dialogue National Inclusif (DNI) et les concertations ayant accouchées de la Charte de la transition.

Et vouloir mettre en œuvre l’Accord sans relecture est une occasion en or pour les séparatistes qui attendent tirer leur épingles du jeu. Puisqu’ils sortiront gagnants de cette démarche. Certes, le temps est imparti, mais le bâclage d’un travail servant à poser les bases d’un mali nouveau mérite beaucoup de temps et d’attention.  Car une chose est de vite faire, mais le plus important, c’est de bien le faire pour éviter le boomerang qui a toujours fait reculer ce pays depuis 60 années d’indépendance.

Bourama Kéïta

Djibril Coulibaly

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