lundi 10 mai 2021
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Plus de 30 soldats encore tués dans une attaque : Que comprendre de cette nouvelle lourde perte ?

Une trentaine de nos soldats ont été tués lundi dernier près des frontières du Burkina Faso et du Niger dans l’attaque la plus meurtrière attribuée à des djihadistes contre les forces maliennes, cette année 2021. Selon un nouveau bilan obtenu mercredi 17 mars 2021 de sources militaires et locales, de deux, on est à 31 morts.

Un précédent décompte de l’état-major faisait état de 11 morts, 11 disparus et 14 blessés. Ce bilan n’a cessé de s’aggraver depuis un premier communiqué publié tard lundi, plusieurs heures après l’attaque menée en milieu de journée contre la relève du poste de Tessit, au sud-ouest d’Ansongo. Il pourrait s’alourdir encore, d’autres sources citant des pertes encore plus grandes dans les rangs de l’armée, qui a vu des centaines de ses hommes mourir de la sorte ces dernières années.

En effet, la relève est tombée dans une embuscade tendue par une centaine d’hommes à bord de pick-ups et sur des motos, selon un récit fait antérieurement par l’armée sur les réseaux sociaux.

« Le nouveau bilan est de 31 militaires maliens tués. Les blessés ont été transportés à Gao pour des soins », a indiqué à l’AFP un commandant local s’exprimant sous le couvert de l’anonymat en raison de ses contraintes hiérarchiques.

« Dans les rangs des terroristes, on a retrouvé 13 morts sur le terrain, et ils sont repartis avec d’autres corps », a-t-il dit.

L’AFP rapporte avoir consulté un document officiel qui rapporte 33 morts et 14 blessés alors qu’un élu local a évoqué sous le sceau de l’anonymat 34 soldats tués.

Après ce énième revers, la stratégie des FAMA soulève beaucoup de questions. Y a-t-il un sabotage infiltré ? Des questions qui trouvent difficilement de réponses face à l’ampleur de la menace du danger.

Depuis 2012 et le déclenchement de rébellions indépendantiste puis djihadiste dans le nord, le Mali est plongé dans une tourmente multiforme qui a fait des milliers de morts, civils et combattants, et des centaines de milliers de déplacés, malgré le soutien de la communauté internationale et l’intervention de forces de l’ONU, africaines et françaises. La crise s’est propagée au Burkina Faso et au Niger voisins.

Lundi, 58 personnes ont été tuées dans l’ouest du Niger dans des attaques attribuées à des djihadistes contre des civils de retour du marché et contre un village, à une centaine de kilomètres du Mali, dans la même zone dite des trois frontières.

Cette région, théâtre d’actions sanglantes de groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, a fait l’objet après janvier 2020 d’un important effort militaire de la force française Barkhane et de ses partenaires sahéliens, spécialement dirigés contre l’organisation État islamique au grand Sahara. Malgré l’assurance d’avoir considérablement affaibli l’EIGS, tout en frappant aussi durement Al-Qaïda et ses affiliés, également actifs au Sahel, la menace est toujours palpable et les pays comptent leurs morts.

Bourama Kéïta LE COMBAT

 

Djibril Coulibaly

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