mardi 29 septembre 2020
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Mot de la semaine : Contremarche

Après la gigantesque et mémorable marche patriotique du 5 juin 2020 pour réclamer la démission du Président de la République IBK, les partisans de ce dernier s’organisent tant bien que mal pour lui apporter leur soutien ferme et entier. Ce serait, si l’on en croit à ses partisans, au cours d’une contremarche qu’ils entendent organiser le samedi 13. Il s’agit d’associations et certains partis politiques ainsi que la jeunesse de la Mouvance Présidentielle J-EPM. Le hic est que tous les grands partis qui composent l’EPM se sont désolidarisés de l’une comme de l’autre marche pour donner une chance au dialogue entre les forces patriotiques regroupées au sein du Mouvement du 5 juin RFP et le gouvernement, autour des points de revendications dont le plus saillant est la démission d’IBK.

La question que l’on est en droit de se poser est celle de savoir si les organisateurs de la contremarche mettent réellement le Mali au-dessus de tout ? Ils ne peuvent pas prétendre défendre le Mali et ne pas tenir compte de  certaines  revendications portées par les manifestants. Bon, ce n’est pas surprenant quand on sait la qualité d’hommes et de femmes qui composent ces deux groupes de contremarcheurs. Les contremarcheurs  sont plus préoccupés parce qu’ils peuvent soutirer dans le cadre de l’organisation d’un tel évènement que pour sa réussite. Des leaders d’associations fictives aux activistes ignobles et impopulaires jusqu’aux prêcheurs versatiles  qui changent au gré des événements, voici les composantes du premier groupe des marcheurs. Le second groupe est composé des jeunes dont la première et unique  ambition est d’avoir des prébendes afin  d’être dans un confort insolent. Le Mali n’a jamais été leur préoccupation tout ce qui compte pour eux c’est ce qu’ils peuvent soutirer.

Les cadres des partis de la Mouvance présidentielle ont compris que l’heure n’est pas à la contremarche comme au temps du dictateur Moussa Traoré. Ils reconnaissent même sans le dire, la légitimité des revendications émises par l’Imam Mahmoud Dicko et ses alliés du M5 RFP, c’est pourquoi ils prônent le dialogue pour une issue consensuelle de la crise. Pourront-ils convaincre leurs cadets jeunes qui projettent d’organiser une contremarche ? Car en plus de l’échec qui serait patent, il y aura véritablement une exacerbation de la crise qui pourrait même aboutir à un affrontement entre pro et anti régime, aux conséquences incommensurables pour la stabilité et la paix dans le pays.

Quant au Président IBK qui depuis le début des manifestations, s’est emmuré dans son Bunker et  dans un silence assourdissant, il doit maintenant comprendre que  l’heure est venue pour lui de sortir de son mutisme pour donner une suite favorable à certaines  revendications s’il voudrait bien sauver ce qui pourrait l’être encore. Sans faux fuyant, qu’il prenne l’initiative de rencontrer les manifestants pour discuter à bâtons rompus et sans tabou de tous les sujets de préoccupation nationale. Le Président de la République doit éviter une prochaine sortie des manifestants afin d’éviter  que la  situation  ne soit totalement déplorable pour le Mali.

Youssouf Sissoko

Malick Diancoumba

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