samedi 28 novembre 2020
Accueil | Justice | Ministère de la Justice : Me Kassoum Tapo, la mauvaise graine aux yeux des Procureurs et Poursuivants

Ministère de la Justice : Me Kassoum Tapo, la mauvaise graine aux yeux des Procureurs et Poursuivants

La relation entre le nouveau ministre de la Justice et des Droits de l’Homme Garde des Sceaux, Me Kassoum Tapo. Selon la déclaration de l’association malienne des procureurs et poursuivants (AMPP), « les membres du Parquet de la Cour Suprême, de par leur statut et leurs missions, n’ont pas d’instructions à prendre auprès du Ministre de la Justice, d’avis à recevoir de lui, ou de compte à lui rendre ».

C’est déjà la tension entre la famille judiciaire et le nouveau ministre de la Justice, Me Kassoum Tapo. En tout cas, c’est ce qu’on peut comprendre de la déclaration signée par Cheick Mohamed Chérif KONE, Président de l’association malienne des procureurs et poursuivants (AMPP). De cela, nous titrons un de nos articles dans une parution précédente, que le nouveau ministre Kassoum Tapo fait usage de la méthode Gestapo au sujet des manifestants arrêtés et jugés et condamnés immédiatement. C’est de cela qu’il s’agit.
Le ministre Kassoum Tapo dès sa prise de fonction, a rencontré l’ensemble des procureurs avec qui il a échangé. Mais il avait à cette occasion annoncé des mesures entre autres; la mise en place d’une permanence au niveau de toutes les juridictions de Bamako capables de juger immédiatement des cas qui leur seront transférés en référence aux jeunes qui organisaient la désobéissance civile dans la ville de Bamako.
C’est ce qui vaut la réaction de l’AMPP répondant aux propos du Ministre Kassoum Tapo lors de cette rencontre avec les procureurs.
L’AMPP est attristé de voir la mal gouvernance connaitre son apogée jusqu’à s’installer dans le domaine de l’administration de la justice, au cours du mandat du Président IBK dont l’élection en 2013 avait suscité tant d’espoirs surtout que celui-ci avait placé une année entière sous le signe de la lutte contre la corruption.
Cependant, l’association des Procureurs et Poursuivants réaffirment que « le Parquet est une institution respectable qui ne saurait être réduite d’après les propos du Ministre à « sa chose » » et que « les membres du Parquet de la Cour Suprême en tant que commissaires du droit, sont des défenseurs de la loi et non pas des agents en charge de la défense des intérêts d’un gouvernement ou d’un régime ».
Ce, malgré le pourvoi d’ordre et le lien hiérarchique existentiel, l’AMPP estime que « les membres du Parquet de la Cour Suprême, de par leur statut et leurs missions, n’ont pas d’instructions à prendre auprès du Ministre de la Justice, d’avis à recevoir de lui, ou de compte à lui rendre ».
C’est pourquoi, conformément aux lignes directrices, et les règles universellement admises régissant le fonctionnement du Parquet et la carrière de ses membres, l’AMPP « désapprouve toute nomination à des postes de responsabilité dans le secteur de la justice, fondée sur des considérations autres, que celles tenant au mérite, à la compétence, à l’expérience et la qualité professionnelle ».
En conséquence, l’association juge contraire, selon le Statut de la Magistrature qu’aux lignes directrices et règles universelles sus évoquées « l’imposition d’un magistrat non méritant, voire un néophyte du ministère public, à la tête du parquet de la Cour Suprême, au mépris des observations pertinentes du Conseil Supérieur de la Magistrature, aux seules fins abjectes d’organiser l’impunité des prédateurs de l’économie, convaincus de malversations financières et de détournement de deniers publics ».
Par conséquent, l’AMPP, « au vu de ce cafouillage heurtant l’éthique et la morale, et n’ayant autre but que d’organiser le dysfonctionnement de la Justice, pour les besoins d’une cause manifestement illicite et d’une entreprise profondément immorale, suspend toute collaboration avec le Ministre de la Justice entrant et de son Cabinet jusqu’à nouvel ordre », a-t-elle annoncé dans cette déclaration.
Bourama Kéïta

Malick Diancoumba

Voir aussi

LES DÉFIS DE LA TRANSITION : Rétablir l’équilibre de la balance de la justice pour refonder l’Etat

L’une des priorités des autorités de la transition au Mali doit être d’assainir le secteur …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 

%d blogueurs aiment cette page :
Aller à la barre d’outils