jeudi 27 janvier 2022
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LA TRANSITION AU MALI A DESORMAIS SES OPPOSANTS: Faudrait-il les blâmer ou les applaudir ?

 

La scène politique malienne n’a pas encore fini de livrer tous ses secrets, elle va de la tragi-comédie au Koteba national. En effet, depuis plus de 30 ans c’est le même tempo, le même décor, la même trame et les mêmes acteurs. Leurs convictions, voire positions varient selon qu’ils soient du côté du pouvoir ou celui de l’opposition. Tout y passe, et tout est admis sauf la vertu et l’éthique. Sinon comment comprendre que ceux qui, hier, ont mis à genou le Mali par leur gouvernance chaotique, cherchent   aujourd’hui à être encore au-devant de la   scène, en faisant fi du burlesque passé et surtout en voulant se faire bonne conscience. Au lieu de reconnaitre les bévues commises et faire profil bas en soutenant la transition ils font feu de tout bois en s’opposant aux nouvelles autorités. Regroupés au sein d’un Mouvement qu’ils auraient baptisé regroupements de partis politiques pour la réussite de la transition. Derrière ce beau vocable se cacherait un plan de récupération de ce qui leur a échappé le 20 Août 2020 avec la chute du régime IBK ou bien à défaut déstabiliser. Malgré tout   faut-il les applaudir pour avoir eu le courage d’assumer leur part de responsabilité au moment où les autres partis membres de l’ancienne majorité affluent vers Kati pour avoir leur part de gâteau avec la junte ?

L’un des principes sacro-saints de la démocratie n’est-il pas un débat contradictoire une majorité qui gouverne et une opposition qui critique. Ainsi, même si une transition est censée être au juste milieu, il n’en demeure pas moins qu’il est important d’avoir des voix discordantes dont l’objectif serait de jouer le rôle de sentinelle. En effet, en marge des ANR Bocary Tréta avait donné rendez-vous aux militants du RPM, au Palais de la Culture Amadou Hampaté Bah pour les 3e assises du comité central de son parti. La cérémonie d’ouverture de cet important forum des tisserands a non seulement enregistré la présence de tous les opposants à la transition, mais aussi a été une occasion de réaffirmer la position du RPM sur la prolongation ou pas du délai imparti. Est-ce une coïncidence ou un fait délibéré c’est quand les ANR se passaient au Palais des Congres sur la rive gauche, que Tréta et ses amis ont choisi le palais de la Culture Amadou Hampaté sur la rive droite pour marquer leur opposition à ces ANR. En plus des militants et cadre du RPM, l’ex parti majoritaire au pouvoir, on pouvait noter la présence du PARENA, du PS Yelen Koura, de la CODEM, de la CMAS, du Mouvement Nouvel Horizon Mali Faso Jo Sira, de l’ACRT, nous en oublions volontiers. Ces partis et d’autres   ont décidé d’inscrire leurs actions dans l’opposition à la transition. Ils se disent déterminer à s’opposer par tous les voies et moyens légaux et démocratiques à toute forme de confiscation du pouvoir par la junte. C’est pourquoi ils exigent le respect des 18 mois consacrant la fin de la transition par l’organisation d’élections crédibles transparentes et inclusives. Faudrait-il vouer aux gémonies ces partis politiques et leurs premiers responsables pour s’être opposé à la transition ? Ils seraient seulement blâmables pour n’avoir pas reconnu leur part responsabilité dans les crimes économiques, de sang perpétré sous le magistère de leur mentor IBK et surtout de se repentir. Sinon la démocratie ne s’accommode pas avec le consensualisme, sinon elle devient de la « mangécratie » le festin de la République. Donc il est tout à fait normal d’avoir d’autres voix discordantes qui veuillent et jouent le rôle de sentinelle pour pousser les tenants du pouvoir à se tenir droit et à respecter leurs engagements. Ce qu’il faut même saluer chez les tisserands c’est leur cohérence, leur fidélité aux idéaux du parti RPM et leur courage quand bon nombre de ses alliés d’hier se ruent vers des horizons succulents.

En somme, il est tout à logique qu’il y ait une opposition à n’importe quelle gouvernance, car c’est dans la contradiction que pourrait jaillir la solution ou les solutions aux nombreuses préoccupations et défis. Vivement une opposition constructive pour un véritable ancrage démocratique.

Youssouf Sissoko INFO SEPT

Djibril Coulibaly

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