mardi 2 mars 2021
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Kalfa Sanogo-Modibo Koné : La route de Koulouba passerait-elle par la CMDT ?

C’est après avoir dirigé la Compagnie Malienne de Développement de Textile (CMDT) qu’ils se sont découverts des destins de présidentiables. Ce sont Kalfa Sanogo et  Modibo Koné. Portés par des mouvements et groupes de personnes, ils seront certainement au départ de la présidentielle de 2018.

Les candidatures pour la présidentielle de 2018 se dévoilent petit à petit.
A côtés des traditionnels candidats issus des partis politiques dont Soumaïla Cissé, Modibo Sidibé, Tiébilé Dramé, Housseïni Amion Guindo, et tant d’autres, l’on vient de noter les ambitions présidentielles de deux personnalités et non des moindres. Il s’agit de Modibo Koné et de Kalfa Sanogo, l’actuel Maire de Sikasso. Les deux ont la particularité d’avoir dans un passé récent été à la tête de la Compagnie Malienne de Développement du Textile (CMDT). Modibo Koné avait succédé à Kalfa Sanogo. Ces deux cadres, avant leur passage à la tête de la CMDT, étaient très peu connus du grand public malien ; même si, à leur arrivée, ils ont été présentés comme de grands bosseurs. Chose que Kalfa Sanogo va confirmer plus tard. A son départ suite à l’affaire dite des engrais frelatés, il avait laissé plus de 27 milliards de francs CFA dans les comptes de la compagnie alors qu’à son arrivée il n’y avait que cinq (5) petits milliards. Cette affirmation avait été faite le jour de sa passation de service avec Modibo Koné. Le passage de Kalfa Sanogo a été beaucoup apprécié et salué par les cotonculteurs qui ont  observé une nette amélioration dans l’écoulement de leurs récoltes et plusieurs autres mesures visant à améliorer leur quotidien.  Ce satisfécit, les cotonculteurs l’ont et, à maintes fois, signifié à Kalfa Sanogo lui faisant prendre la mesure de l’importance que comportent les bonnes décisions et actions dans la vie de ses concitoyens. De quoi le pousser à accepter la sollicitation des populations de Sikasso, sa Région natale, pour devenir Maire de la ville.  Maire de Sikasso, depuis novembre 2016, Kalfa Sanogo vient d’être à nouveau sollicité le week-end dernier par des milliers de personnes pour, cette fois-ci, briguer la magistrature suprême du pays en 2018. Venues de toutes les Régions et des pays voisins, ils étaient des milliers, le samedi dernier, au sein du Stade Babemba Traoré de Sikasso à demander solennellement à l’édile de la ville de songer à prendre la place d’IBK lors de la présidentielle de 2018. Logiquement, il a bien accueilli cette demande. Peut-il en être autrement ? Car, même s’il est vrai que c’est le Régime d’IBK qui a fait connaître Kalfa Sanogo au grand public à travers le Ministère du Développement Rural (qui était géré par son ancien Etudiant, Bocary Tréta, actuel Président du RPM), c’est ce même régime qui l’a précipitamment poussé vers la sortie en essayant de lui faire porter le chapeau du scandale des engrais frelatés.  Membre fondateur de l’ADEMA, Kalfa Sanogo s’était toujours garder de faire de la «grande politique». Il était toujours resté derrière à assumer ses différentes responsabilités professionnelles. Avec son passage à la tête de la CMDT et les coups bas, il venait de comprendre le monde impitoyable qu’était celui de la Politique. Et si, aujourd’hui, il a le poids pour battre ce régime, il n’hésitera pas à le faire. Il l’a déjà fait en le battant aux communales à travers le RPM (parti présidentiel). Sa parfaite connaissance du Mali profond, des personnalités qui dirigent actuellement le pays (des membres du Gouvernement dont le Premier Ministre qui ont presque tous été ses Etudiants), sa neutralité dans la gestion du pouvoir depuis l’avènement de la démocratie ; donc, des maux qui assaillent le quotidien des Maliens lui vaudront la sympathie d’un plus grand nombre à condition qu’il ait une stratégie bien de peaufiner et des hommes et femmes comme lui qui l’entourent.

L’autre probable candidat à la présidentielle de 2018 est le Banquier Modibo Koné. Rappelé de son poste à la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) pour  y succéder à Kalfa Sanogo, il n’aura fait qu’un passage éclair à la tête de la CMDT. Mais largement suffisant pour qu’il se découvre un destin de présidentiable, lui qui est resté assez méconnu des Maliens.  Au mois de juillet dernier, un mouvement du nom de «Mali-Kanu» a vu le jour. Dirigé par Paul Ismaël Boro, ancien Directeur du Centre International de Conférence de Bamako et transfuge du RPM en est le Président. Son objectif : porter Modibo Koné à Koulouba à l’issue de l’élection présidentielle de 2018.

Des revanchards ?

Tout comme Kalfa Sanogo, sacrifié sur l’autel des ambitions de certains dirigeants dans l’affaire dite des engrais frelatés, son successeur, Modibo Koné, n’a pas été plus chanceux. Il aura fallu seulement neuf petits mois pour qu’on débarque celui qui, à son arrivée, était présenté comme un Banquier chevronné, capable  «d’aller chercher de l’argent au près des Bailleurs de fonds» pour relancer le secteur.  Modibo Koné et le Président du mouvement «Mali-Kanu» qui veut le porter à la présidence, Paul Ismaël Boro, ont en commun d’avoir été lâchés par IBK et son régime. Modibo Koné n’aura fait que 9 mois à la tête de la CMDT tans disque Paul Boro qui se croyait intouchable du fait de ses liens avec le fils du Président a été surpris par son largage en plein vol. Frustré, il est aujourd’hui prêt à tout pour faire «payer cher» le régime. Il avait d’ailleurs rejoint la plateforme «Antè, An bana» pour protester contre la révision constitutionnelle, un projet cher au Président IBK.

Sont-ils aujourd’hui gonflés  en bloc pour se venger du régime ? Mystère et boule de gomme. Mais s’il y a bien une chose qui est sûre et certaine, c’est que leur passage à la tête de la CMDT n’est pas étranger à leurs  probables candidatures.

Sauront-ils faire le poids au moment venu ? Seul le temps nous le dira!

Mohamed Dagnoko : LE COMBAT

Rédaction

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