lundi 28 septembre 2020
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Imposer l’embargo au Mali ; Une situation alarmante pour les populations    

D’importants mouvements de contestation du M5-RFP ont permis aux militaires du CNSP de parachever la chute de l’ex-président Ibrahim Boubacar Keita, ce jour du 18 aout 2020, c’est irréfutable ! Quand on les accuse de coup d’État, ils rétorquent que ce n’en est pas un. Mais alors, au juste de quoi s’agit-il lorsque le CNSP publie un document appelé « Acte fondamental », dans lequel dans son article 32, le Comité Natioanal pour le Salut du Peuple (CNSP), désigne un président qui joue le rôle de chef d’État ?   

 

Avant la démission du président, la gronde populaire s’est taillée une place de choix dans le quotidien des maliens. Elle était sentie sur toute l’étendue du pays -les manifestations s’amplifiaient. Les causent des mécontentements sont multiples. La pléiade de revendications des manifestants était surtout portée sur la mal gouvernance et l’insécurité grandissante que connait le pays en passant par le degré élevé de corruption de l’appareil d’État ainsi que la faiblesse des institutions.

Fort est de constater que ni l’armée, ni les élites n’ont trouvé la voie politique pour sortir notre pays de la crise. Bien au contraire, le pillage de l’État, l’affairisme et les intérêts personnels ont largement miné la période IBKiste,  conséquence de tout ce chaos.

 

Prenons l’exemple sur l’Affaire de l’avion présidentiel, le Président IBK aurait outrepassé son rôle en bafouant l’indépendance de la justice lorsque l’un de ses proches, Mamadou Camara ancien ministre de la Communication a été interpellé et placé sous mandat de dépôt. Ce qui prouvait sans aucun doute qu’une dictature déguisée prenait forme au Mali et les Maliens faisaient de ce fait face à une mascarade de démocratie orchestrée par l’entourage et les partisans du Président IBK.

D’ailleurs, certains l’accusaient d’être à la solde de la France contre son peuple. Le grand chanteur Salif Keita lui en a même reproché en la qualifiant carrément d’être docile avec le président Macron, ce qui n’est pas dans l’intérêt des Maliens.

Quoi qu’il en soit, il faut reconnaitre que « Le Mandé Massa IBK» était presque dans le déni. Selon ses défenseurs du moment, notamment Maitre Tapo sur Ortm, ces quelques milliers de personnes descendus dans les rues sur une population de 20 millions d’habitants n’étaient pas insignifiants et ne représentaient pas le peuple.

Mais ce qu’ils ignoraient ; c’est que ces manifestations du M5 ne signifient pas une crise en soi, ils font plutôt partie d’une démocratie qui leur donne le droit de revendiquer le meilleur pour leur bien-être.

En somme, c’est ce bilan mitigé du régime d’IBK qui est l’élément constituant lesprémissesdes manifestations d’envergure, contribuant à la cristallisation d’une opposition forte. Et ce 18 aout, une énième du genre s’est accomplie par l’arrestation du Président de la République qui selon les auteursdisent l’avoir fait pour sa sécurité. S’ensuit alors sa démission.

Mais ce que les contestataires n’avaient pas prévu, c’est ce coup de grâce des militaires qui a sonné la fin du règne d’IBK.

À en juger par le climat électrique des manifestations et la tournure très risquée que pouvait prendre cette manifestation non-stop qui était en gestation, il est clair qu’au début, les jeunes militaires sont plutôt vus en sauveurs que putschistes.

Très rapidement, la réalité du moment surgit et fait face aux Maliens. Au tout début, la CEDEAO a voulu rétablir le président renversé dans ses fonctions, car pour eux, l’époque des coups d’État est révolue et les  nouvelles règles internationales n’autorisent plus un renversement par les armes d’un régime démocratique. Chose difficile, puisqu’IBK lui-même a avoué ne pas avoir été contraint de démissionner.

Ensuite, cette organisation d’Afrique de l’Ouest et la communauté internationale, notamment la France ont condamné ce qu’ils appellent un coup d’État, et que les Maliens, eux, qualifient de parachèvement de la fin IBK suite à la révolte du peuple. Puis, la CEDEAO demande de resituer rapidement le pouvoir aux civils, chose que les militaires à l’origine de la démission d’IBK tardent à faire. En conséquence, sans se tromper, on doit s’attendre à un durcissement des sanctions déjà prises les jours à venir si rien n’est fait dans ce sens.

Prenons les militaires au mot ; si réellement IBK a démissionné, la logique veut que des civils continuent la transition démocratique. Mais dans le cas contraire, il est de la responsabilité de la junte d’assumer qu’ils ont fait un coup d’État. Ainsi, ils continueront sur la voie anticonstitutionnelle avec leur « acte fondamental » et dirigeront le pays avec toutes les conséquences qui en découleront.

Autrement, on ne peut miser sur les deux tableaux. Où on est un putschiste ou l’on est un sauveur du peuple ? Se cacher derrière la masse quand il faut se dédouaner et ensuite continuer son chemin en soloest loin d’être cohérent.

L’embargo est un jeu cruel. Et aujourd’hui, le Mali est frappé par ce blocus. Les militaires ne veulent pas lâcher pour des raisons inavouées pour l’instant, autant les présidents de la CEDEAO ne veulent reculer, car pour eux, la morale politique l’exige et leur crédibilité est en jeu !

Le CNSPpourrait-il résister aux pressions internationales d’un côté, et de l’autre, ce  peuple malien qui a tellement souffert pourrait-il supporter une ultime épreuve? Là, est toute la question préalable qui nécessite réflexion.

En tout état de cause, il urge que ces jeunes militaires clarifient leur position, puisqu’actuellement, il semble qu’il y a une différenciation faite entre le mot et l’idée.

Tout compte fait, les Maliens seront certainement édifiés sous peu. Les  concertations nationales qui se tiendront les 5 et 6 septembre dissiperont, on l’espère, la confusion qui règne au sein de la population malienne et rétabliront au plus vite la cohérence démocratique.

Bathily Sadio

Malick Diancoumba

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