jeudi 22 octobre 2020
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En Côte d’Ivoire, Hamed Bakayoko, pilier du régime Ouattara, nommé premier ministre

Aux affaires depuis 2011, le maire d’Abobo cumulera les fonctions de ministre de la défense et de chef du gouvernement, poste vacant après la mort de Gon Coulibaly.

Pilier du régime d’Alassane Ouattara, Hamed Bakayoko, 55 ans, a été nommé, jeudi 30 juillet, premier ministre, à trois mois de l’élection présidentielle, et à trois semaines après la brusque disparition d’Amadou Gon Coulibaly, dont il assurait l’intérim. Perçu comme le « M. Sécurité » du régime, il conservera sa fonction de ministre de la défense, selon le communiqué de la présidence qui a annoncé sa nomination.
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« Le président de la République a procédé à la signature d’un décret portant nomination de M. Hamed Bakayoko en qualité de premier ministre, chef du gouvernement, ministre de la défense », selon ce communiqué signé du secrétaire général de la présidence Patrick Achi.

 

Proche de longue date du président Ouattara, Hamed Bakayoko est ministre de la défense depuis 2017, après être devenu, depuis la prise de pouvoir de M. Ouattara, ministre de l’intérieur de 2011 à 2017.

Rôle pivot au sein du parti

« Hambak » est aussi maire d’Abobo, l’une des deux communes les plus peuplées d’Abidjan et de Côte d’Ivoire depuis 2018, qu’il avait remportée lors d’un scrutin municipal marqué à l’échelle nationale par de nombreuses violences et accusations de fraudes.

Personnalité populaire en Côte d’Ivoire, réputé bon vivant, son nom avait circulé comme possible candidat du parti au pouvoir pour la présidentielle d’octobre, avant que ne soit désigné en mars Amadou Gon Coulibaly. Après la mort inattendue de ce dernier d’un infarctus, M. Bakayoko avait été nommé pour assurer l’intérim à la primature.

« Sa nomination n’est pas une surprise puisqu’il assurait l’intérim et qu’il était déjà auparavant le numéro deux du gouvernement », note le politologue Arthur Banga.
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« Il est le mieux placé pour jouer le rôle de pivot du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, en vue de l’élection présidentielle, après la disparition de M. Gon Coulibaly, estime le politologue Sylvain N’Guessan. Mais sa nomination a pris du temps car elle a suscité des réserves chez certains cadres du RHDP, notamment les proches de Gon avec lequel il y avait une rivalité. Le président Ouattara a dû arrondir les angles. »

« Cette nomination le met cependant hors course pour la présidentielle, au cas où Ouattara ne se représenterait pas », analyse M. N’Guessan. Car le chef de l’Etat devrait vraisemblablement se représenter au scrutin présidentiel pour un troisième mandat. Mercredi, devant le conseil politique du RHDP qui le pressait de se représenter, il a annoncé différer sa décision, invoquant le temps du deuil nécessaire après la mort de son « fils » Amadou Gon Coulibaly. Avant d’ajouter : « Je suis avec vous (…), vous savez que je ne vous ai jamais déçus. »

« Il a ses entrées partout »

Hamed Bakayoko possède une longue expérience politique et ministérielle. Il a milité depuis sa jeunesse auprès d’Alassane Ouattara, s’engageant dans son parti, le Rassemblement des républicains (RDR) dès sa fondation, en 1994. Il en a dirigé l’organe de presse, le quotidien Le Patriote. Il est ensuite devenu ministre des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans les gouvernements d’union nationale de 2003 à 2011, durant la décennie de crise ivoirienne.

« Pendant la période de trois mois jusqu’à la présidentielle, il devra relever le défi de ramener l’opposition à la table des négociations, de renouer un dialogue politique pour réussir une élection apaisée », estime Arthur Banga.

L’opposition considère que la Commission électorale indépendante et ses déclinaisons locales, chargées d’organiser le scrutin présidentiel, sont déséquilibrées en faveur du pouvoir, malgré une réforme menée en 2019. L’opposition conteste aussi le droit d’Alassane Ouattara à briguer un troisième mandat.

« Hambak a des atouts pour réussir : il a ses entrées partout y compris au sein de l’opposition. Du fait de son parcours atypique et de sa longue expérience politique, il a des amitiés au-delà de son camp », juge M. Banga.

La situation politique est tendue en Côte d’Ivoire à trois mois de la présidentielle, dix ans après la crise post-électorale qui avait fait 3 000 morts.

Le monde avec AFP

Malick Diancoumba

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