jeudi 1 octobre 2020
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Edito : La junte du colonel Assimi Goita doit éviter les erreurs de celle de Haya Sanogo

Une junte militaire, dirigée par le Colonel Assimi Goita, s’est emparée du pouvoir au Mali,  le mardi 18 août 2020. Ce coup d’Etat qui vient parachever la longue lutte des forces patriotiques regroupées au sein du M5 RFP est  différent de celui perpétré par le capitaine  Amadou Haya Sanogo et compagnie. C’est pourquoi il a été accueilli avec enthousiasme et soulagement  par le vaillant peuple malien. Le meeting du vendredi 21 août du  M5 RFP n’est rien d’autre qu’un soutien tacite au putsch. Les animateurs de ce grand rassemblement populaire n’ont d’ailleurs pas hésité  à qualifier l’acte des militaires putschistes  de coup de grâce salvateur et libérateur.  L’Imam Mahmoud Dicko et ses alliés du M5 RFP vont-ils déjà naïvement  dérouler un tapis rouge devant le CNSP ? Ne doivent-ils pas revendiquer leur victoire et diriger la transition ? Assimi Goita et ses hommes vont-ils s’accrocher au pouvoir en permettant juste aux forces politiques de jouer le second rôle dans la gestion de la transition ?

Il y a déjà lieu de douter de la bonne foi des hommes forts du Mali. En effet, si dans leur premier communiqué ils ont clairement  et sans ambiguïté laissé entendre qu’ils étaient prêts à rendre le pouvoir aux civils, l’interview que le porte-parole de la junte, le colonel Ismaël Wagué a accordé à une radio internationale  prête à confusion. Il a laissé entendre que la Transition sera dirigée soit par un civil ou un militaire. Sont-ils en train de prendre goût au pouvoir ? Qu’ils comprennent que le pouvoir Kaki est révolu sous nos tropiques, donc leur salut serait sans nul doute dans leur grande capacité d’analyse et de  compréhension que la nouvelle ère ne s’accommodera avec le pouvoir kaki et par conséquent qu’ils acceptent de rendre le pouvoir  aux civils et de jouer juste le rôle d’arbitre.

Le colonel Assimi Goita, président du Comité National pour le Salut du Peuple, CNSP et ses hommes doivent non seulement tirer toutes les leçons du précédent putsch, mais aussi et surtout doivent comprendre que si la Communauté Internationale n’a pas été aussi virulente c’est grâce à la mobilisation populaire,  en laquelle d’ailleurs elle attribue ce coup d’Etat. La junte doit comprendre que si les condamnations n’ont pas prospéré c’est parce que le Mouvement de contestation contre le régime était  non seulement populaire, mais aussi et surtout, comprenait toutes les couches sociopolitiques du Mali. Donc, vouloir confisquer encore la victoire du peuple, c’est tout simplement  prolongé sa souffrance, car les sanctions vont fuser de toutes parts. Or le Mali, un pays enclavé, continental et pauvre ne pourra pas supporter un autre embargo, après celui de ses propres dirigeants.

En définitive, si la junte militaire veut rester grande, elle doit observer les mesures suivantes : rendre le pouvoir aux civils, renforcer le CNSP en le dotant des moyens financiers, des textes  juridiques et des moyens matériels pour qu’elle puisse s’occuper de l’armée. Elle pourrait  enfin participer à un gouvernement d’union nationale et à tout autre organe qui sera mis en place pour une gestion efficiente de la transition, celle qui dotera le Mali d’une bonne Constitution et des lois en vue de la naissance d’une nouvelle République, celle de la quatrième.  Vivement une nouvelle et dernière transition au Mali.

Youssouf Sissoko

Malick Diancoumba

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