mercredi 23 juin 2021
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Dispersion de la manifestation antifrançaise, hier : confirmation d’un système Gestapo en place au Mali

La manifestation contre la présence des forces étrangères, notamment la présence militaire française sur le sol malien organisée par certaines organisations de la société civile et des activistes n’a pas eu lieu hier, mercredi 20 janvier 2021. Les quelques centaines, premiers manifestants, sur la place de l’indépendance ont été dispensés à coups de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre qui ont pris le contrôle du secteur tôt.

 

Les forces maliennes ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser une centaine de manifestants qui ont bravé l’interdiction du rassemblement, contre la présence de la force antidjihadiste française dans le pays. Les manifestants à pied ou à moto ont reflué devant les lacrymogènes des policiers et des gendarmes déployés en grand nombre autour de la place de l’Indépendance. Au même moment des cortèges de motos partis de différents quartiers de la capitale étaient en route pour rallier la place, lieu traditionnel des rassemblements, et participer à la manifestation, ont malheureusement rebroussé chemin. Des caravanes organisées à cet effet par les organisateurs partout dans la ville pour converger vers le boulevard, a lancé à l’adresse de plusieurs dizaines de jeunes l’une des figures du collectif à l’origine de l’appel à manifester, Adama Diarra, plus connu sous le nom « Ben le cerveau ».

Les autorités ont interdit la manifestation en invoquant la lutte contre la pandémie de Covid-19. La France engagée militairement depuis 2013 au Mali y déploie ainsi au Sahel 5.100 soldats dans la force antijihadiste Barkhane. Cette présence militaire divise l’opinion nationale des pays du Sahel régulièrement sur les réseaux sociaux, et même des personnalités et lors de manifestations.

Les initiateurs de la manifestation programmée hier mercredi sont membres du Conseil national de transition, organe législatif de la période transitoire ouverte après le coup d’État militaire du 18 août 2020 et censée ramener des civils élus au pouvoir au bout de 18 mois.

Cette transition reste dominée par les militaires qui ont, eux, affirmé dès le départ leur attachement à la coopération militaire avec la France.

Cette répression pour le reste, n’est que la confirmation de l’État policier qui est en place après le putsch du 18 aout 2021. Pour une manifestation interdite de surplus, il ne fallait pas attendre mieux qu’une dispersion.

« Je voudrais renouveler la gratitude de notre pays envers la communauté internationale dont les armées sont à nos côtés et dont les soldats risquent leur vie pour la libération de notre pays », a redit mardi soir le président de transition Bah Ndaw à l’occasion du 60e  anniversaire de l’armée malienne. Cependant, la manifestation était programmée au moment où Paris se prépare à « ajuster » son effort militaire au Sahel, selon le président Emmanuel Macron, perçu comme préfigurant une diminution des effectifs de Barkhane. Ainsi dit, la question qui se pose est de savoir si Paris n’est-il pas dans une entreprise d’intimidation pour obtenir un autre accord ?

Bourama Kéïta

Malick Diancoumba

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