jeudi 1 octobre 2020
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DIFFICILE RESOLUTION DE LA CRISE SOCIOPOLITIQUE AU MALI : Après tant de manifestants tués, IBK peut-il encore se maintenir au pouvoir ?

Tous les grands analystes politiques sont unanimes à reconnaitre qu’un régime qui se rend coupable de massacre de sa population a toujours mal fini. Au Mali, malheureusement, c’est le cas aujourd’hui, alors qu’on pensait qu’après la révolution de 1991, personne ne pouvait imaginer que l’on allait connaitre ce que le pays a connu les 10, 11 et 21 juillet 2020, où les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles et sans sommation sur des manifestants mains nues et souvent dans un lieu de culte, faisant beaucoup de morts et de blessés. Le bilan macabre qui s’élève à plus d’une dizaine de morts et plus d’une centaine de blessés, fait froid dans le dos. Le M5 RFP, après ce qu’on pourrait qualifier de tuerie dans son camp, est-il dans les bonnes prédispositions morales à dialoguer avec IBK ? Le régime résistera-t-il à cette violente tempête? Fera-t-il exception à cette règle, selon laquelle après le massacre des populations civiles non armées, aucun régime ne survivra à cet orage ? Les jours du régime ne sont-ils pas comptés ?

Après des rixes mortelles entre manifestants mains nues et forces de l’ordre lourdement armées, il serait difficile que les deux camps en conflit, à savoir le M5 RFP et le régime IBK, puissent se rencontrer et surtout accorder leurs violons. En conférence de presse le mardi 14 juillet 2020, les leaders du M5 RFP ont laissé entendre que le mémorandum, qu’ils avaient élaboré après avoir concédé à leur autorité morale qui est l’imam Dicko, le point relatif à la démission d’IBK, est désormais caduque et qu’il n y a qu’une seule et unique revendication maintenant, la démission pure et simple du Président de la République. Ils l’ont dit et répété à satiété avec force conviction qu’IBK ne pourrait plus gouverner le Mali, car en plus du fait qu’il y ait les mains tachetées de sang, ils sont persuadés qu’IBK ne jouit plus de légitimité pour se maintenir encore au pouvoir.
Qui a pu induire le Président de la République dans cette fatale erreur ? Qui a tiré et qui a donné l’ordre de tirer. Quand un régime se réduit à des tels questionnements ce qu’il est aux abois. Le scénario qui se passe actuellement au Mali rappelle fort opportunément celui de 1991 sous Moussa Traoré, où après le vendredi noir un certain 22 mars 1991, certains caciques de l’UDPM ont abandonné le navire ivre, en l’occurrence Djibril Diallo secrétaire politique de l’UDPM et d’autres. 29 ans après ce souvenir macabre de 1991, l’histoire vient de se répéter avec un autre carnage. Et l’ironie de l’histoire c’est également un autre vendredi, en l’occurrence le 10 juillet qu’il y a eu ce carnage. Comme en 91, certains caciques de la Majorité ont, soit rejoint le Mouvement du 5 juin, ou ont pris leur distance pour ne pas être complice. La seule lueur d’espoir qu’IBK a est le soutien de la Communauté internationale, qui, en mesurant les conséquences d’une interruption du processus démocratique, craint un embrasement général. Donc elle plaidera auprès des manifestants d’accepter qu’il achève son mandat. Le M5 RFP, aujourd’hui en situation de force, acceptera l’offre de la Communauté internationale, si et seulement si IBK aussi sera prêt à accepter de se contenter du titre honorifique de Président, proposé par le M5 RFP, mais également et en se débarrassant de tous les éléments qui sont sources de discorde. Cette petite ouverture est une véritable aubaine pour IBK afin de sauver son seul fauteuil. S’il refuse ce compromis, il finira par subir le même sort que son grand républicain, le Général Moussa Traoré, car aucune armée ne pourra supporter éternellement un homme et son clan, surtout quand ils tuent des populations civiles. Il n y a plus trente mille solutions pour IBK, qu’il négocie son maintien au pouvoir avec le M5 RFP pour préserver son honneur. Pour ce faire la seule dissolution de la Cour Constitutionnelle ne règlera pas la crise, qu’il accède aux autres revendications pour la paix et la stabilité au Mali.
En somme, le Mali traverse l’une des épreuves les plus difficiles de son histoire. A la gravissime crise sécuritaire vient de se greffer la crise politique, le menaçant désormais dans ses fondements. Faut-il le sauver ou le laisser s’effondrer ? Seul IBK et son régime pourraient répondre à cette question.
Youssouf Sissoko.

Malick Diancoumba

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