samedi 28 novembre 2020
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Dictat de la CEDEAO : Le Mali humilié une fois de plus par IBK

Cette même organisation, qui a contraint Amadou Toumani Touré de démissionner à peine quelques semaines de la fin de son mandat vient avec force comme elle l’avait promis pour imposer son dictat dans notre pays. Tout est clair. La CEDEAO recommande ce qu’IBK souhaite. Et IBK à son tour ne jure que par la communauté internationale au mépris total de son peuple. C’est dommage! Le Mali n’est plus souverain et IBK n’est plus président des Maliens depuis longtemps. Les ordres viennent d’ailleurs.

Un pays ne peut pas se construire ni sur la malhonnêteté intellectuelle ni sur le mensonge et encore moins par la corruption. Tout visionneur appréhendait déjà ce qui nous arrive actuellement. Et le chef de file Soumaïla Cissé avait prédit ce chaos dans les colonnes de Jeune Afrique. Mais nos amis français malgré l’alerte, malgré la mauvaise gouvernance d’IBK ne pensaient qu’à leur intérêt en s’empressant à féliciter IBK avant même la proclamation de cette Cour constitutionnelle désavouée aujourd’hui.

En effet, comme promis, les mesures fortes annoncées lors de la rencontre des chefs d’État de la CEDEAO sont tombées. Par vidéoconférence, n’étant ni juristes ni constitutionnalistes et uniquement sur un calcul politique sans rencontrer les membres de la Cour Constitutionnelle, ils ont exigé la démission des 31 députés dont l’élection est contestée, les autres recommandations déjà faites réitérées, à savoir ; la recomposition de la cour constitutionnelle, la mise en place d’un gouvernement d’union nationale avec la participation de l’opposition et de la société civile. Une commission d’enquête sera mise en place pour déterminer et situer les responsabilités dans les tueries et des blessés du 10,11, 12 juillet, et la destruction des biens publics et privés.

Incroyable ! Mais c’est la réalité – une réalité qui place le Mali plus bas que terre.
Cette communauté internationale s’en fout royalement des Maliens, ce qui les préoccupe c’est le maintien d’IBK au pouvoir

La CEDEAO, en annonçant ces recommandations sort de son rôle de médiateur pour imposer leurs décisions aux Maliens, avec la bénédiction de la France, bien sûr…Au lieu de rester neutre et laisser les Maliens parler entre eux, elle risque d’amplifier la crise.
Le M5 à défaut de la démission d’IBK s’attendait à celui de Boubou au moins pour leurs martyrs, mais rien de tel.

D’ailleurs dans la foulée la réponse du M5 ne sait pas fait attendre. Il rejette toutes les recommandations ainsi que les menaces. La question qui taraude nos esprits, c’est de savoir comment ces Chefs d’État vont opérer pour sanctionner les contestataires du régime. Ils laisseront IBK les maté, les arrêter? Ou eux-mêmes vont envoyer des gendarmes pour faire le boulot?

Le paradoxe, quand IBK librement choisi son Premier ministre, et s’attribue 5 postes clés du gouvernement, il invalide automatique ce gouvernement d’union nationale qu’il prône. Un gouvernement d’union nationale devrait être composé par tous les acteurs. Dans une crise politique, jamais un président ne nomme un Premier ministre pour former un gouvernement d’union nationale ou des ministres de stratégiques tout seul sans le consentement de l’opposition.

De toute évidence, nombreux sont les Maliens qui ne s’attendaient pas à grand-chose puisque pour eux, la solidarité entre chefs d’État va miner cette crise puisque  la CEDEAO est du côté IBK et non du peuple. De ce fait,  en voulant rendre service à leur IBK, la CDEAO pourrait lui faire plus de tort. Peu importe!

En outre,  en se  basant  sur le recours gracieux de l’ex-présidente de la Cour constitutionnelle Manassa Dagnogo, le président IBK est désavoué par cette institution qui dit qu’il n’a pas droit à faire démissionner ses membres élus pour 7 ans. Selon nos analyses, la CEDEAO a perpétré un coup d’État au Mali qui ne dit pas son nom. Ordonner  à IBK d’abroger le décret de nominations des membres restants de la Cour constitutionnelle est une manœuvre inconstitutionnelle qui à cela s’ajoute le problème épineux des 31 députés mal élus que la CDEAO veut faire démissionner. Si ces derniers  refusent de se soumettre à cette exigence, alors qu’est-ce qui va se passer ? Dans la logique,  si IBK contesté en 2018 lors des élections présidentielles ne doit pas abdiquer, pourquoi l’imposer aux députés?  Ni plus ni moins, c’est cette même Cour constitutionnelle  qui a validé toutes les élections, qu’elles soient présidentielles ou législatives, dont aucun recours n’est possible. Pourquoi maintenir IBK et faire démissionner les autres ?

Une telle incohérence nous éloigne des vrais problèmes du pays et l’on a l’impression que  la CEDEAO, volontairement  veut  ébranler les bases même de notre Etat. On se demande toutefois, à quelle fin?  De toute évidence, en  déstabilisant nos  institutions, on déstabilise le Mali tout entier.  Pourtant c’est eux  qui demandent au M5 de ne pas violer les institutions.

La démission de IBK est inadmissible selon la CEDEAO, pourtant ATT a démissionné. Quelle aberration ! La fonction d’IBK est-elle plus légitimiste que celle d’ATT?
En tout cas, l’intervention de la CEDEAO va sans aucun doute compliquer l’apaisement. Elle se fait gardienne de notre constitution, et viole d’un côté quand leurs intérêts sont en jeu et  demande aux autres de respecter la légalité.
Tout compte fait, notre problème reste intact. Mais, unanimement, tout le monde s’accorde sur un point;  le Mali est mal gouverné, et que cette crise politique, institutionnelle et sociale n’a qu’un seul coupable IBK.
Bathily SADIO

Malick Diancoumba

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