jeudi 1 octobre 2020
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Débats autour du Sahel : En réplique à la Celle Saint-Cloud, les djihadistes scellent une union sacrée

Le jeu de la riposte immédiate valait la chandelle chez les djihadistes dans une situation au Sahel désormais caractérisée par un véritable sauve-qui-peut. Comme pour signifier qu’aux grands maux il faut des grands remèdes, les ennemis de la paix au Sahel ont opté, eux aussi, pour l’union de leurs forces afin de pouvoir donner du répondant à ce qui se peaufinait, le mercredi dernier, à la Celle Saint-Cloud, près de Paris. Là, pendant que les Dirigeants des pays du G5 Sahel s’étaient réunis  autour du Président français pour susciter auprès des partenaires le renflouement de la caisse nécessaire à leur force commune, les djihadistes opérant au Nord du Mali ont jugé le moment opportun pour sceller une alliance nécessaire à tenir la dragée haute à la force du G5 Sahel.

À Paris, les pays épris de paix au Sahel se frottaient les méninges pour aller plus vite dans la mise en œuvre du G5 Sahel. Là-bas, il a été largement question du financement des opérations de cette Force conjointe contre le terrorisme et les criminalités transfrontalières. Les discussions commencées dans un premier temps à huis clos, le mercredi dernier, entre les Présidents du G5 Sahel et leur homologue de la France, Emmanuel Macron,  se sont ensuite élargies à d’autres Délégations pour un déjeuner de travail. Ce sont, notamment, la Chancelière allemande, Angela Merkel, le Premier Ministre italien et son homologue belge, de Représentant des Pays-Bas, des Etats-Unis, de l’ONU, de l’Union Européenne et le Président de la Commission de l’Union Africaine (Moussa Faki Mahamat). En invitée surprise, l’Arabie Saoudite, nouveau partenaire annoncé du G5. Il y avait également une Délégation des Emirats Arabes Unis.

La réunion s’est déroulée, en cercle très fermé, dans le château de la Celle Saint-Cloud.

Pour le démarrage et la première année de cette organisation, Paris a estimé les besoins à 250 millions d’euros. Dans son intervention, le Chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, a annoncé que l’Arabie Saoudite comptait apporter son soutien à hauteur de 100 millions de dollars américains. Les Emirats Arabes Unis sont, quant à eux, prêts à contribuer à hauteur de 30 millions de dollars. Ces contributions viennent s’ajouter à celles annoncées par l’Union Européenne (120 millions d’euros) et les Etats-Unis d’Amérique (60 millions de dollars).

Il y avait aussi à l’ordre du jour de cette réunion, les questions militaires et politiques pour redynamiser l’Accord de paix au Mali et accroître les capacités militaires de la Force conjointe du G5 Sahel. Seuls deux des postes de commandement sur les quatre prévus sont aujourd’hui opérationnels. Autant dire que cette réunion était importante de par les enjeux du moment et de l’espace géographique qu’elle concerne.

Ce sont ces mêmes enjeux qui ont poussé de nouveaux djihadistes à quitter l’extérieur ; notamment la Libye et la Syrie, pour venir grossir les rangs de ceux qui sont déjà dans le Nord du Mali. Objectif, se donner la main dans le cadre d’une union sacrée. Selon plusieurs sources sécuritaires occidentales et sous-régionales, deux groupes terroristes du Nord Mali se rapprochent de plus en plus pour combattre les troupes de la coalition Barkhane, la force des pays membres du G5 Sahel et la MINUSMA.
A la tête du premier groupe terroriste, Abou Adnan Walid Sahraoui. Natif du Sahara occidental, il a passé son enfance en Algérie. A un moment, il était membre d’un groupe dissident d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI). C’est lui créa le groupe « Etat Islamique dans le Grand Sahara » (EIGS) et a fait allégeance à l’organisation Etat Islamique.

Le deuxième groupe, Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) est sous la houlette du tonitruant Iyad Ag Ghali. Traditionnellement, ses combattants interviennent dans le Nord et le Centre du Mali alors que ceux d’Abou Adnan Walid Sahraoui sont surtout présents à la frontière du Mali avec le Niger.

D’après leur accord, les deux groupes n’hésiteront plus désormais à mener ensemble des opérations et à dégager des stratégies communes, même si chacun garde sa casquette. Du véritable berger à la bergère, est-on tenté de conclure de cette situation de cause à effet qui prévaut actuellement de Paris aux sables mouvants de l’Adrar des Ifoghas.

Katito WADADA : LE COMBAT

 

Rédaction

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