dimanche 26 septembre 2021
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COUP DE GUEULE: Des malades négligés au profit des téléphones au CsRef de la commune IV

Est-ce que la dénonciation change quelque chose dans ce pays ? Nous ne pensons pas d’autant plus on dénonce un mauvais comportement, une mauvaise pratique… plus cela s’aggrave comme par ironie. C’est le cas dans nos structures de santé où les médecins et les agents de santé adoptent de plus en plus des comportements qui ne font pas honneur à leurs blouses.

 

Ce que des patients subissent dans certains services du Centre de Santé de Référence de la (CsRef, communément appelé PMI-Centre de protection maternelle et infantile de Lafiabougou) Commune IV du District de Bamako est juste révoltant. En atteste le témoignage de cette jeune mère de famille et assistante de direction : «Ce mercredi matin (fin février 2020), je me suis présentée au service de pédiatrie de la PMI de Lafiabougou (CsRef) avec ma petite fille qui nous avait fait passer une nuit blanche avec une forte fièvre. J’avais demandé et obtenu une permission de mon patron. Heureusement car j’étais loin d’imaginer que j’allais y passer la mi-journée.

J’y ai trouvé une longue queue constituée en majorité de mères de famille comme moi. Et elles étaient nombreuses à s’inquiéter à mesure que la journée avançait car elles n’avaient pas eu le temps de faire la cuisine pour les autres enfants qui n’allaient pas tarder à rentrer de l’école. Malheureusement, la queue ne bougeait pas. Pendant près de 2 heures, nous sommes restées assises devant la salle de consultation où personne n’est entrée ou sortie.

Lasse d’attendre, une jeune dame a eu le courage d’ouvrir pour voir ce qui se passait. Et le spectacle était ahurissant : Sur la dizaine d’agents (des femmes), seuls deux faisaient semblant de travailler. Sinon certaines pianotaient sur leurs Smartphones souvent acquis aux dépens de malades désespérés ; d’autres somnolaient sous prétexte qu’elles étaient de garde la nuit.

Même conscientes d’avoir été découvertes, elles n’ont pas changé de posture pour enfin s’occuper des femmes et de leurs enfants malades. J’ai été contrainte de recourir à une infirmière plus âgée pour intercéder en ma faveur. En effet, quelques minutes après, une jeune dame est sortie de la salle (dortoir ou salle de détente, mais tout sauf une salle de consultation à cause de l’usage qu’en ont fait les agents de santé) pour m’appeler !

Je me suis levée en répondant à l’appel sous le regard hagard des autres dames. J’étais mal à l’aise parce que j’avais trouvé beaucoup d’entre elles sur place. Mais, je n’avais pas le choix parce que je devais non seulement retourner au service, mais ma fille commençait à avoir le corps extrêmement chaud. Alors il me fallait agir vite. Je précise néanmoins que ni la dame qui est intervenue en ma faveur ni les agents de santé ne m’ont demandé de l’argent pour m’accorder la priorité. Et je ne leur ai rien donné parce que je n’aurais même pas assez d’argent pour payer l’ordonnance kilométrique prescrite par la suite» !

Des témoignages de ce genre, nous en recevons au moins un par semaine. Et, en tant qu’accompagnateur de malades, nous avons eu à déplorer et dénoncer certaines pratiques qui ne font pas honneur aux professionnels de la santé et qui ne peuvent que ternir l’image du Centre de santé de référence (CsRef).

Une infrastructure dans la modernisation de laquelle l’Etat s’est beaucoup investi à partir de 2016. Et les travaux sont en finition (nous n’avons pas eu vent d’une réception officielle). Lancé en 2016, le projet de rénovation du CsRef est reparti en deux lots. Le premier lot (R+2), d’une valeur de 587 millions de F Cfa comprend la pédiatrie, un laboratoire, des salles d’hospitalisation et des bureaux. Le second lot (R+1), comprend entre autres la cantine, un hangar, une aire de prière pour un montant d’environ 317 millions de F Cfa.

Une fois achevés, ces travaux d’agrandissement vont permettre à l’établissement sanitaire d’augmenter sa capacité d’accueil, de prise en charge. Mais, à quoi cet investissement du budget national va servir si différents services ne marchent pas parce que ceux et celles qui sont chargés de les animer oublient pourquoi ils s’y trouvent ?

Vivement que le Ministre de la Santé et des Affaires sociales y fasse une visite surprise !

Kader Toé

LE MATIN

Djibril Coulibaly

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