mardi 20 octobre 2020
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Conférence d’entente nationale : Le fiasco

A moins que ça soit une rencontre de consolidation des relations entre les partisans du régime d’Ibrahim Boubacar Kéïta, sinon cette conférence a perdu, bien avant sa tenue, tout son caractère national escompté. Elle n’a plus de sens de l’être du moment qu’elle a écarté les préoccupations des vrais acteurs de l’entente nationale. Le Gouvernement est en train de s’écarter de la meilleure opportunité pour la paix, l’Unité et la réconciliation nationale. Pour quelle fin ?

La Conférence d’entente nationale est prévue par l’accord de paix. Elle devrait regrouper 300 participants venant des Régions, du District de Bamako et de la diaspora. Au terme des travaux, les participants devraient rédiger une Charte pour la Paix, l’Unité et la Réconciliation nationale.

Hélas !

Transformée en conférence d’entente nationale de ‘’folklore’’, l’évènement ouvre ses travaux aujourd’hui. Contrairement à l’idée apprêtée à la chose à sa conception, le projet a déjà raté son aspect inclusif, son but initial. Malgré les inquiétudes et les demandes de report de l’opposition politique et des différents groupes armés, le Gouvernement a préféré se livrer à une assise entre partisans issus de la seule mouvance présidentielle. Du coup, ces derniers (partis politiques de l’opposition, associations de la société civile plus les deux principaux mouvements signataires de l’Accord de paix -CMA et Plateforme-) ont décidé de briller par leur absence. Donc, le boycott.

Dans une déclaration publiée, le vendredi 24 mars dernier, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et la Plateforme ont regretté le caractère non inclusif de cette conférence d’entente nationale. Par voie de conséquences, les deux mouvements armés boycottent tout simplement l’évènement transformé en une affaire seulement des partisans de Koulouba. Tout comme l’opposition, la société civile et la diaspora, les groupes armés déplorent leur non implication effective dans la conception et la rédaction des termes de référence de la conférence. Occasion de révéler à la face du monde l’attitude du Gouvernement de vouloir transformer cette conférence à sa guise ou de l’organiser de façon unilatérale.

«Les concertations ont été insuffisantes, mal préparées et initiées unilatéralement par la partie gouvernementale», misent en cause les deux groupes signataires de l’Accord de paix. Dans certaines Régions, indiquent-ils, les participants ont exprimé leur désaccord avec l’organisation hâtive et non inclusive de la conférence. A Kidal, aucune concertation n’a eu lieu.

C’est un véritable fiasco pour la conférence d’entente nationale qui débute ce matin pour prendre fin le 2 avril 2017. Car, l’opposition et plusieurs associations de la diaspora avaient déjà désavoué l’organisation. Ces mouvements politiques et de la société civile indiquent ne pas pouvoir y prendre part.

En contrepartie, précipitamment, le samedi 25 mars, alors que l’ADEMA/PASJ tenait sa conférence nationale dans la salle des spectacles du Stade Modibo Kéïta, la convention des partis politique de la majorité présidentielle tenait une rencontre au Grand Hôtel de Bamako. Objectif : afficher son adhésion totale à la tenue de la Conférence d’entente nationale comme voulue par le Gouvernement. Aussi, aux dernières nouvelles, une MAA aussi devrait répondre à l’appel. Comme pour dire que la conférence n’est plus nationale mais à l’intention des seuls alliés du pouvoir en place.

Conséquence : la refondation du vivre-ensemble, qui devrait passer par cette conférence nationale, en se tenant dans le respect strict de son aspect inclusif, frise de l’illusion. Car, l’occasion n’est plus permise aux différentes composantes de la population de s’exprimer en vue d’une réelle entente nationale.

Pis, elle risque de causer d’autres plaies béantes, à la vie de la nationale malienne, qui avait tendance à se cicatriser. Au point que des observateurs avertis se demandent sur les réelles intentions du Gouvernement malien en cautionnant le boycott de ces assises nationales à la fois par l’opposition, la société civile, la diaspora et les groupes armés signataires de l’Accord de paix et de réconciliation nationale.

Oumar Diakité : LE COMBAT

Rédaction

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