dimanche 13 juin 2021
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COMMISSION-VÉRITÉ JUSTICE ET RÉCONCILIATION : une manifestation de la vérité et la réconciliation de l’État  envers les victimes de toutes les crises

En prélude à la deuxième audience publique non judiciaire de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), prévue le samedi 5 décembre 2020, au CICB le Président Ousmane Oumarou Sidibé a animé une conférence de presse afin d’informer sur cette seconde audience publique qui  a pour thème : « les atteintes au droit à la vie, torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants ». C’était hier mercredi 2 décembre 2020, à la Maison de la Presse.

 

Après sa première audience tenue le 08 décembre 2019, la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) organisera la deuxième audience non judiciaire, sous le thème : « les atteintes au droit à la vie, torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

Il est à rappeler que la CVJR a pour mission de « contribuer à l’instauration d’une paix durable à travers la recherche de la vérité, la réconciliation et la consolidation de l’unité nationale et des valeurs démocratiques ».

Elle est chargée d’: « enquêter sur les cas de violations graves des droits de l’homme individuels et/ou collectives commises dans le pays, et spécifiquement celles commises à l’égard des femmes et des enfants ; mener des enquêtes sur les cas d’atteinte à la mémoire individuelle et/ou collective et au patrimoine culturel ; établir la vérité sur les violations graves des droits de l’homme et les atteintes aux biens culturels ci-dessus cités, en situer les responsabilités institutionnelles, et proposer des mesures de réparation ou de restauration ; faire des recommandations dans le domaine de la prévention des conflits, etc.

 

Selon les dires du Président de la CVJR, M. Ousmane Oumarou Sidibé, les dépositions de cette seconde audience ont commencé le 3 janvier 2017 dans les antennes régionales. À la date d’aujourd’hui, 18 722 dépositions ont été recueillies dans les antennes régionales et auprès des équipes mobiles.

Aussi, il indique que pour bien sécuriser et traiter les dépositions, la CVJR a développé et mis en place une base de données, qui permet à ladite commission de : centraliser les informations et documents recueillis ; partager des informations entre les collaborateurs de la CVJR responsables de la gestion des dépositions, l’analyse et la production des rapports ; préparer des rapports, des statistiques, des graphiques et des cartes.

 

Il a indiqué que de nos jours, 15032 formulaires dépositions ont été saisis dont plus de la moitié sont des femmes. Aussi : « une cartographie des violations graves des droits de l’Homme au Mali ; une étude sur les causes profondes des conflits ; une écoute des grands témoins ;  des enquêtes non judiciaires ; des actions d’aide médicale et/ou psychologique à l’intention des victimes qui sont dans un besoin urgent d’accompagnement. Plus de 350 victimes se trouvent dans cette situation ; une convention-cadre lie la CVJR à l’ANAM (Agence Nationale d’Assistance Médicale) ; une politique nationale de réparation pour les victimes.

À l’en croire, la stratégie de la CVJR pose par ailleurs que ces audiences seront organisées « en respectant des procédures clairement établies notamment pour garantir le consentement des victimes, les droits des accusés potentiels, et la sécurité de chacun. Des audiences spécifiques pourront aussi être organisées pour certains groupes de victimes. » Ces audiences nécessitent un encadrement légal, psychologique et logistique important.

À l’en croire, les audiences publiques ont pour objectifs : de rendre aux victimes leur dignité et faciliter un début de guérison, en reconnaissant publiquement ce qui leur est arrivé ; promouvoir la reconnaissance nationale des victimes et l’intégration de leurs récits à la mémoire et à l’histoire nationales ; utiliser l’information reçue comme un outil d’éducation et de sensibilisation pour la population dans son ensemble, afin de promouvoir le dialogue sur le passé et la réconciliation nationale.

 

Il a poursuivi que les personnes qui témoignent et les victimes entendues lors des audiences publiques rapportent des faits vérifiés par la CVJR et les organisations de la société civile : « l’existence d’un ensemble d’indices fiables, correspondant à d’autres circonstances confirmées, tendant à montrer que l’incident allégué s’est produit ».

Il est à noter que la CVJR prend toutes les dispositions nécessaires pour préserver les intérêts des victimes et témoins prenant part à ses audiences, y compris par un examen médical et un soutien psychologique offert avant et après avoir les audiences.

Ses partenariats sont établis avec les organisations de la société civile et les experts psychosociaux dans les localités d’origine des victimes, afin de garantir leur bien-être avant et après les audiences.

Au cours de son intervention, il a expliqué que les victimes et témoins entendus signent une clause de consentement écrit dans un délai d’au moins 14 jours avant la date prévue de l’audience.

« Jusqu’au jour même de l’audience, l’identité des victimes et des témoins à risque est préservée par la CVJR afin d’éviter tout risque de harcèlement ou de menaces de la part de l’auteur présumé, et afin de ne pas dissuader les victimes de donner leur témoignage », a-t-il conclu.

Aïssétou Cissé

Malick Diancoumba

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