vendredi 18 août 2017
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Menaces terroristes : Iyad Ag Ghali épargne le Mali : Les raisons

A la surprise de plus d’un, le Mali ne figure pas sur la liste des derniers pays cibles du Chef d’Ançardine, Iyad Ag Ghali. Le Mali, la Mauritanie et l’Algérie ne figurent pas sur la fameuse liste de onze pays à l’endroit desquels le terroriste profère ses menaces. Ce qui susciterait assurément des interrogations sur les raisons qui peuvent expliquer cette nouvelle donne quand on sait qu’Iyad Ag Ghali s’en est toujours pris aux forces armées et de sécurité maliennes. Est-ce là de sa part un revirement définitif ou un changement de fusil d’épaule temporel ? Y a t-il un lien entre cette épargne du Mali et les recommandations issues de la Conférence d’entente nationale? Zoom sur les zones d’ombre qui tournent autour de cette liste surprise.

 

Selon une information publiée la semaine dernière par l’Agence de presse mauritanienne Alakhbar, le Chef de la nouvelle nébuleuse djihadiste Nus rat al-Islam Wal Musli min a dressé une liste de onze pays « ennemis ». Les États-Unis, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Suède, le Tchad, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Sénégal et le Niger sont ces onze pays qu’Iyad Ag Ghali considère comme «ennemis de l’Islam». Il s’agit là d’une liste qui ne peut ne pas susciter des réactions chez le Malien lambda qui n’y voit pas l’Algérie et la Mauritanie, encore moins le Mali.

Si le cas des deux premiers semble quelque peu aisé à justifier, celui de notre pays reste le plus ambigu à comprendre.

En effet, Iyad Ag Ghali peut choisir d’épargner le voisin algérien en ce sens qu’il lui constitue sa seconde patrie et surtout son territoire de retraite où il circule beaucoup plus librement qu’ailleurs. Sa famille étant basée dans ce pays, le terroriste malien le plus recherché des services de renseignements occidentaux, peut chercher à éviter à l’Algérie des soucis terroristes pour ainsi mettre ses femmes et ses enfants à un abri sûr et loin des attaques.

La Mauritanie quant à elle, a joui de «l’indulgence» d’Iyad Ag Ghali en raison du fait qu’elle sert de base-arrière des combattants djihadistes qui n’hésitent pas à faire de la forêt de Ouagadou une forteresse et un bouclier face aux troupes Barkhane et à l’armée malienne par exemple. L’onction faite à ce voisin de l’Ouest malien peut également être justifiée par la liberté d’expression que ce pays offre au groupe terroriste. Nul n’ignore que chaque fois que le besoin de communiquer se pose à Iyad Ag Ghali et les siens, ils utilisent le canal de l’Agence Alakhbar, basée à  Nouakchott, pour diffuser communiqués et vidéos revendiquant des attaques et des prises d’otages.

Pour le Mali, il est, certes, évident que les mêmes raisons de liens familiaux qui expliquent le cas algérien, peuvent militer en faveur de notre pays dans la mesure où le terroriste, auteur des menaces, doit disposer des parents dans la Région de Kidal d’où il est originaire. Mais, cela ne dissipe pas pour autant des doutes sur l’authenticité de la mise à l’écart de notre pays par Iyad Ag Ghali dans ses priorités. Pour qui sait, en effet, que ce Chef djihadiste s’est opposé à la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation nationale dès les premières heures ayant suivi la signature de ce document, pour qui n’ignore pas les nombreuses revendications faites par le groupe Ançardine des attaques contre les forces armées maliennes, le volte-face dont fait preuve Iyad aujourd’hui avec le Mali hors-piste de ses cibles, ne doit pas être fortuit en soi.

L’une des raisons de ce retournement pourrait trouver ses fondements dans la Conférence d’entente nationale qui s’est achevée le 2 avril dernier, ici à Bamako. Le timing de la publication des onze pays que menace Ag Ghali, par rapport au terme de ces assises aux colorations purement maliennes, est porteur de sens. Une comparaison faite entre les déclarations issues des assises qui donnent une place de choix à la nécessité de négocier avec Iyad Ag Ghali et Amadou Kouffa et l’allégeance faisant du Mali ce qu’on peut appeler le principal épargné des menaces, permet d’établir un lien de cause à effet. La MINUSMA et la France opérant au Mali et faisant partie intégrante de la liste noire rendue publique par Iyad, il y a de quoi déduire que le terroriste djihadiste a été autrement présent au Palais Amadou Hampaté Ba. Car, le désormais Chef Nus rat al-Islam Wal Musli min aurait tenu compte de l’assurance à lui donnée par ses parents ayant participé à la Conférence d’entente nationale, sur sa prochaine insertion dans le processus de paix en cours au Mali. Toute chose qui a poussé Iyad à donner du répit à notre pays dans le cadre des affres qu’il subit de la part des djihadistes.

C’est dire que la détente des FAMA s’il y en est une, est un corollaire de la rencontre inter malienne du Palais de la Culture. Mais l’on se demande si cette détente va être pérenne. Un retour de notre pays parmi les potentielles cibles d’Iyad Ag Ghali n’est pas à écarter puisque, quelques jours seulement après l’appel à la négociation, des voix se sont élevées pour crier haro sur cette recommandation. Ce n’est pas le Président IBK qui nous démentira, encore moins les Ministres français et allemand des Affaires Etrangères, respectivement, Jean-Marc Ayrault et Frank-Walter Steinmeier, qui ont estimé, à l’occasion de leur visite au Mali, qu’il ne sera nullement question de négocier avec les terroristes. Pourvu que cela n’amène pas Iyad à modifier la liste de ses cibles avec le Mali y compris !

Katito WADADA: LE COMBAT

 

Rédaction

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