jeudi 21 septembre 2017
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DECES DE SIMONE VEIL : Une femme de conviction et d’exception a tiré sa révérence

Simone Veil, la mère de la loi sur l’IVG est morte ce vendredi 30 juin 2017 à l’âge de 89 ans. Et depuis, les hommages pleuvent sans aucune distinction (politique, sociale, religieuse…) pour saluer un destin exceptionnel et rendre hommage à une Dame de conviction.

Une femme au chignon bien ordonné, dans un chemisier bleu nuit, un collier de perles autour du cou, s’exprime dans l’écrin de velours qu’est l’hémicycle du Palais-Bourbon. Nous sommes en novembre 1974 et Simone Veil défend avec sa « conviction de femme », devant cette « assemblée presque exclusivement composée d’hommes », sa loi dépénalisant l’interruption volontaire de grossesses (IVG).
C’est l’image que beaucoup d’entre-nous retiendront pour toujours de Simone Veil, décédée le vendredi 30 juin 2017 à 89 ans. Oui, Simone a été cette femme qui a porté à bout de bras l’une des réformes de société les plus importantes de la Ve République française.
Avec sa loi, finalement adoptée en janvier 1975, cette rescapée des camps de concentration a écrit sa part d’histoire de France. Et cela trente ans après l’avoir traversée de la plus cauchemardesque des façons.
En effet, en 1944, Simone Jacob a 16 ans quand elle se fait arrêter à Nice par la Gestapo. Elle est déportée à Drancy puis à Auschwitz-Birkenau où elle reçoit le matricule 78651. A la Libération, Simone Jacob a perdu la moitié de sa famille car seules ses sœurs Madeleine, rescapée comme elle des camps, et Denise, résistante, ont survécu. Sa mère, son père et son frère ne sont jamais revenus de la déportation.
Après des études de droit, Simone Jacob, qui a épousé en 1946 Antoine Veil rencontré à Sciences Po, entame une carrière de magistrate. En 1974, le Premier ministre Jacques Chirac insiste pour que Valéry Giscard D’Estaing fasse d’elle sa ministre de la Santé.
C’est ainsi qu’elle fera passer, au terme d’orageux débats, la loi dépénalisant l’IVG avant de quitter le gouvernement en 1979. A cette date elle est élue députée européenne. Première femme présidente du Parlement européen (1979-1982) puis première femme ministre d’Etat (1993-1995), Simone Veil a placé le féminisme au cœur de son engagement.

Immortelle depuis 2007
Elle est nommée membre du Conseil constitutionnel en 1998 où elle siège jusqu’en 2007. Elle était toutefois sortie de son devoir de réserve pour soutenir Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle. Cette même année, paraît son autobiographie, « Une vie » où elle livre pour la première fois les ressorts de ses engagements pour l’Europe, la paix, l’égalité entre les sexes.
« Avec l’âge, je suis devenue de plus en plus militante de la cause des femmes… Paradoxalement peut-être, là aussi, je m’y sens d’autant plus portée que, ce que j’ai obtenu dans la vie, je l’ai souvent obtenu précisément parce que j’étais une femme », écrit-elle.
Retirée de la vie politique, ses apparitions publiques se raréfient. On la retrouve toutefois dans la rue, en janvier 2013 pour manifester aux côtés des opposants du mariage pour tous. L’illustre disparue quitte la vie publique après le décès de son époux en avril 2013. N’empêche que celle qui caracolait en tête dans les enquêtes de popularité depuis des années est aussi une Immortelle. Elue à l’Académie française en 2008, elle a reçu deux ans plus tard son épée d’académicienne, dont la lame est gravée de son numéro de déportée.
Aïssata Bâ
(Avec 20minutes.fr)

Djibril Coulibaly

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