mercredi 4 août 2021
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UNTM : Des travailleurs se noient, Katilé s’offre le « tour du monde en 80 jours »

Travailleurs bafoués, syndicalistes trainés devant les tribunaux : voilà entre maux qui caractérisent aujourd’hui la première centrale syndicale malienne. Naguère, fierté nationale, épicentre de la contestation populaire, la Bourse du travail est devenue muette comme une carpe depuis l’avènement de Yacouba Katilé, qui se prend pour Phileas Fogg, le gentleman anglais qui a réussi le pari de faire le tour du monde en 80 jours.

Grand voyageur devant l’Eternel, l’actuel secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), Yacouba Katilé, est toujours entre deux avions. Ses petits temps de répit sont naturellement consacrés au shopping, à la satisfaction de ses petites lubies. Du coup, les travailleurs n’ont plus que leurs yeux pour pleurer face à la dégradation continue de leurs conditions de vie et de travail.
Le syndicalisme au plus haut niveau est une affaire de gros sous. Si, dans un passé récent, des personnalités se sacrifiaient pour exiger la satisfaction des droits de tous les travailleurs sans exclusive, cette époque semble révolue avec l’arrivée d’une nouvelle race de syndicalistes mus plus par la politique de leur ventre que celle de l’intérêt commun.
Et ce n’est certainement pas le tout-puissant secrétaire général de l’UNTM qui dira le contraire. Lui qui préfère emboiter les pas de l’explorateur et navigateur portugais Fernand De Magellan qui a fait le tour du monde en 1519 ou de son émule, Son Excellence Ibrahim Boubacar Kéita, parti pour battre le record de tous les présidents du Mali et même de l’Afrique tout entière en matière de voyage.
A vrai dire, M. Katilé voyage. Et le hic est qu’il se soucie peu de ce qui lui a donné cette opportunité de voyages : la cause des travailleurs. En effet, alors que les travailleurs broient du noir, notre fameux défenseur des droits de l’Homme se prélasse dans les avions. Et pourtant sa venue au sein de cette structure stratégique avait suscité une lueur d’espoir. Beaucoup pensaient qu’il allait continuer les bonnes œuvres du secrétaire général sortant Siaka Diakité dont les prouesses sont restées encore dans la mémoire des syndicalistes.
« Siaka était vraiment un leader, un chef et il se souciait de ses travailleurs. Le problème du bas travailleur était celui de Siaka Diakité, mais tel n’est pas le cas de notre hôte du jour, à savoir Katilé ». Selon une source, l’exemple illustratif est celui du climat social qui prévaut présentement à la centrale. Il s’agit du cas d’un membre du comité exécutif de l’UNTM, en la personne de M. Bouaré.

Incurie
A en croire notre source, M. Bouaré qui n’est autre que le secrétaire aux finances de l’UNTM, non moins cadre de la BHM absorbée par la BMS traverserait un sale temps à cause du manque de leadership du Ségal de l’UNTM. Après la fusion des deux banques, le comité syndical de la BMS n’a pas voulu reconnaître le bureau de Bouaré. Ce qui a amené les protagonistes à amener l’affaire devant les tribunaux.
M. Bouaré aurait perdu un premier procès, mais l’affaire est partie à un niveau plus élevé. Tout cela s’est passé sans une véritable intermédiation de Katilé. Un véritable coup dur entre les travailleurs eux-mêmes qui se retrouvent devant les tribunaux. Au lieu de revendiquer le droit des travailleurs, c’est des intérêts personnels qui sont visés. D’ailleurs, aujourd’hui de plus en plus nous assistons à des grèves sectorielles.
Chaque syndicat évolue en solo à cause de l’incompétence de la centrale syndicale qui n’est pas arrivée à trouver une solution aux problèmes des travailleurs maliens. Conséquence : des comités s’apprêtent à quitter l’UNTM après un dernier congrès que certains ont trouvé truqué.
Ce congrès a été un véritable fiasco, car il n’a pas été convoqué dans les règles de l’art. Pis encore : les délégués régionaux, censés tenir le congrès, ont été mis à l’écart au profit d’un noyau qui lui était dévoué. Ce qui fera dire à un haut cadre de l’administration qu’il n’a pas tenu un congrès statutaire.
Nous y reviendrons
Abdourahmane DOUCOURE LA SIRENE | lecombat.fr

Djibril Coulibaly

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