lundi 6 décembre 2021
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Tirs de roquettes à Kidal : Un message adressé à Mammoud Dicko ?

S’il y a bien en dehors des plus hautes autorités nationales, un Malien qui doit être actuellement le plus attentif à l’égard de la situation sécuritaire de Kidal, c’est bien le Président du Haut Conseil Islamique, l’Imam Mahmoud Dicko. Celui-ci doit avoir de la peine à voiler sa surprise lorsque, le dimanche dernier, vers le petit soir, le camp de la mission onusienne à Kidal a essuyé des tirs de roquettes. A peine venait-il d’annoncer par voie de presse qu’il était en possession d’une missive signée par Iyad Ag-Ghali, annonçant un «cessez-le-feu» que cette attaque, la énième du genre s’est produite.

Vu que l’attaque n’est jusqu’ici pas revendiquée, on ne saurait l’assimiler à un message de désaveu adressé au Président du HCI, surtout que nul n’ignore que le groupe Ançar Dine d’Iyad AG-Ghali n’est pas forcément le seul ennemi de la paix opérant dans le septentrion de notre pays. Cependant, le timing de l’attaque par rapport à la déclaration du Président Mahmoud Dicko sur l’arrêt des attaques, signé par Iyad, n’amène pas à considérer l’avènement de ces tirs comme un simple hasard de calendrier. Dans l’un comme dans l’autre cas, ce que le Président Mahmoud Dicko a voulu faire passer pour un tournant décisif, dans la crise du Nord-Mali, a du mal à convaincre l’opinion nationale et internationale.

En confirmant au journal français LIBERATION, ce même dimanche, un peu avant l’attaque, avoir reçu une lettre signée d’Iyad AG Ghali, Leader de l’organisation jihadiste Ançar ed-Dine, dans laquelle celui-ci annonçait accepter un cessez-le-feu et déclarait «l’arrêt des attaques sur toute l’étendue du territoire», l’Imam Dicko aura, certes, été un oiseau de bon augure pour plus d’un. Mais, la joie procurée a été de trop courte durée au point où l’on se demande si le Religieux a bien respecté les clauses de son compromis (si compromis il y a eu) avec le Chef d’Ançar Dine.

«Cela faisait environ huit mois que nous discutions, par personne interposée ou par courriers, a expliqué l’Imam Dicko. J’ai toujours cru qu’il était possible de trouver une solution. Car, après tout, nous sommes tous les deux Maliens, du Nord, et Musulmans de Religion», avait déclaré le Président du HCI au sujet de sa présumée médiation avec le terroriste.

Etait-ce là un pavé jeté dans la marre ? On ne saurait l’affirmer ; mais, la sérénité affichée par l’Imam dans sa déclaration peut susciter de la révolte auprès de tout aigri contre l’accord de paix issu du processus d’Alger. Même si le Leader d’Ançar Dine revenait à des meilleurs sentiments comme le dit tout haut l’Imam Dicko, par sursaut d’orgueil, il peut ne pas apprécier que sa flexibilité soit ainsi exposée au su de tout le monde. De même, cette sortie médiatique peut susciter de l’amertume dans d’autres camps dont l’arrêt définitif des attaques au Mali n’arrangerait pas forcément. Toute chose qui expliquerait cette attaque quasi simultanée avec les propos tenus par le Président du HCI. Cette attaque, la dernière en date, ayant pris pour cible le camp de la mission de l’ONU dans la ville de Kidal, est, certes, insignifiante en terme de bilan, mais elle est loin de passer inaperçue chez l’Imam Dicko et les siens.

Katito WADADA: LE COMBAT

 

COULIBALY

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