mardi 18 mai 2021
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Soutien à Ami kane : IBK crache sur le bilan des anciens gouverneurs du district

Le Président de la République, rendant hommage à l’opération de déguerpissement entamée par le Gouverneur, Mme Ami Kane, a estimé qu’il a fallu qu’une femme soit à ce poste pour voir Bamako assaini. Même si on est encore loin du succès, IBK, par ses propos, taxe indirectement les prédécesseurs hommes d’Ami kane d’incapables.

Faire de Bamako une ville coquette n’est pas chose aisée. Les monticules d’ordures qui jonchent le centre ville et l’arrière de nos cimetières comme c’est le cas à Lafiabougou et à Niaréla le prouve à suffisance. Et, pourtant, la délocalisation de ces sites de décharges relève de la responsabilité de nos gouvernants qui peinent jusque là à s’assumer. Malgré son faramineux contrat, la société marocaine « Ozone » n’arrive pas à nous débarrasser de ce qui est désormais considéré comme faisant partie du décor Bamakois. Faire de Bamako une ville propre nécessite aussi que l’espace public ne soit pas occupé de n’importe comment. Et, pourtant, c’est le cas et avec la complicité des mairies. Moyennant des taxes et impôts, des citoyens occupent l’espace public pour y mener leurs affaires. Ce système qui dure depuis des lustres a fini par devenir une règle. Les abords des grandes artères sont les plus prisés, raisons d’ordre commercial et économique obligent.

En prélude au sommet Afrique-France que notre pays s’apprête à accueillir en janvier prochain, les nouvelles autorités du gouvernorat, sous la coupole de la « Margaret Thatcher » malienne ont décidé de rendre Bamako accueillante. Pour ce faire, il fallait commencer par réparer l’irresponsabilité des mairies en enlevant les kiosques qui encombrent les abords des grandes voies publiques et au-delà. Car, même les tôles qui débordent de quelques centimètres les devantures des boutiques passent à la trappe. C’est dire que cette opération connait un succès mitigé, même si le Chef de l’Etat qui, depuis son élection, ne fréquente que l’axe Sénébicoro-Koulouba et celui de Sébénicoro à Sénou, pense le contraire. Les commerçants détaillants sommés de quitter les lieux ont opposé une vive résistance aux forces de l’ordre le samedi dernier occasionnant des blessés graves dans les deux camps. Le bras de fer s’est installé. Sur les réseaux sociaux, les partisans du pour et du contre se mènent eux aussi un combat farouche. C’est à qui mieux-mieux. En tout cas, la « Dame de fer » a été, on ne peut plus clair, lors de sa rencontre, le lundi dernier, avec les acteurs du secteur: «Tout est négociable sauf l’arrêt des travaux ». En prononçant ses mots d’une inflexibilité déroutante, elle était requinquée par le soutien présidentiel. Le Président Ibrahim Boubacar Kéïta lors d’une cérémonie n’avait pas hésité à dire qu’il a fallu qu’une femme soit à ce poste pour voir Bamako assaini. Même si on est encore loin du succès, IBK, par ses propos, taxe indirectement les prédécesseurs hommes d’Ami kane tous d’incapables. Hors, on se souvient que les prédécesseurs d’Ami Kane à ce poste n’ont, eux-aussi, jamais lésiné sur les moyens pour mener à bien cette opération. S’ils n’ont, en leur temps, pas reçu de félicitations publiques de la part du Chef de l’Etat, il n’en était pas moins fier. Et dire qu’il est aujourd’hui le premier à jeter l’opprobre sur le bilan et le dévouement de ses commis de l’Etat. Qui ne se souvient pas des images du prédécesseur d’Ami kane, Hady Traoré, sillonnant tout le grand marché de Bamako accompagné de l’éternel Adama Sangaré pour déguerpir l’espace public ? Le pauvre ne s’attendait certainement pas à une reconnaissance de cette nature.

Ami Kane ne connaitra pas-t-elle le même sort que Moussa Mara ?

Aujourd’hui, le Président de la République est fier de la femme qui a fait plus que des hommes. Cette posture du Chef de l’Etat met, certes, en valeur les mérites de la femme. Ce qui est de bon augure dans un pays où la gent féminine peine à se faire de la place dans les instances de prises de décisions. Les communales prochaines permettront de jauger le degré de l’engagement du Chef de l’Etat en faveur de la cause des femmes avec l’application de la loi sur le genre. Mais, ces envolées lyriques du Chef de l’Etat à l’endroit d’une personnalité publique ne sont pas sans susciter des souvenirs et de mauvais gouts. L’ancien Premier Ministre, Moussa Mara, avait aussi été chaleureusement fêté par IBK à son retour de Kidal. Il était « Brave », « Digne » et quoi encore ? Tout ça parce qu’il avait osé défoncer le verrou Kidal. Mais, la suite des évènements est connue de tous. Il serait allé « fanfaronner » à Kidal. Aujourd’hui, on a l’impression de vivre la même situation ; car, chez IBK rien n’est acquis définitivement. A peine l’opération débutée qu’on crie victoire alors que les positions restent tranchées avec des oppositions en perspective, faute de consensus. L’opération, aujourd’hui chantée, est loin d’être un succès. Pas plus tard que le lundi dernier, des espaces déjà déguerpis étaient réoccupés à quelques encablures de l’Assemblée Nationale devant le regard médusé des forces de l’ordre. Or, cette opération irréfléchie et allant dans tous les sens risque de connaitre (si succès il y a) un succès mitigé. La levée de bouclier contre une autorité incompétente de la part de l’opposition ne se ferra pas attendre. Cédant facilement à l’hurlement des sirènes, Ami se ferra pendre tout simplement haut et court par qui on sait.

 

Mohamed DAGNOKO

COULIBALY

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