lundi 6 juillet 2020
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SOLUTIONS POUR UNE SORTIE DE CRISE : LES DIFFICULTÉS DE LA DISSOLUTION DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Les options jusque-là envisagées citent toutes la dissolution du Parlement. Malheureusement, le respect des dispositions constitutionnelles du Mali et certaines motivations inavouables handicapent lourdement le président de la République.

Les acteurs de la communauté internationale sont les plus désorientés. Malgré tous leurs efforts, IBK demeure figé, incapable de prendre la moindre décision. Cela intrigue plus d’un au plus haut point. Il n’y a pas mille propositions de solutions de sortie de crise. Celles qui sont mises sur la table sont défendues avec une égale détermination par deux camps essentiels. L’imam Mahmoud Dicko et le M5-RFP exigent la démission d’IBK et de son régime alors que la communauté internationale veut le maintien du président de la République dans ses fonctions jusqu’à la fin de son mandat en 2023, à la condition de la dissolution de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle, puis la mise en place d’un gouvernement d’union nationale avec à sa tête un Premier ministre doté des pleins pouvoirs, proposé par le M5-RFP. Différentes réflexions prennent globalement en compte ces alternatives, soit en les justifiant, soit en les récusant. Les débats sont largement ouverts.
Mais le point de blocage semble se situer désormais au niveau de la dissolution de l’Assemblée nationale pour servir d’excuse à l’annulation de la réclamation de la démission du président de la République. Ceci serait même depuis deux jours un tournant hérissé de frictions entre l’imam Mahmoud Dicko et le M5-RFP. En plus, la constitution de la République ne donne aucune chance à la dissolution du Parlement.
Toutefois, il est arrivé plus d’une fois dans l’histoire que des accords politiques inédits, dans une sorte de gentlemen’s agreement, soient parvenus à contourner les obstacles juridiques et réglementaires les plus évidents.
La communauté internationale, apprend-on, avait misé sur une telle possibilité qui, malheureusement, est contrariée par Ibrahim Boubacar Keïta lui-même, attitude à laquelle nul ne trouve une explication compréhensible. IBK, en dehors du fait d’avoir annoncé publiquement, le 16 juin au C.I.C.B., qu’il a instruit au Premier ministre l’application immédiate de l’article 39 au profit des enseignants et que le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, serait bientôt libéré, n’a fait aucun autre geste pour prouver sa bonne foi. Or, ce jour, tout le monde avertit dans son camp le Premier ministre Boubou Cissé le premier, et toute la communauté internationale accourue à ses côtés avait la certitude que c’est l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale qui serait la grande nouvelle du jour. Ce ne fut malheureusement pas le cas. Ceux qui cherchent à sauver le fauteuil du Président sont depuis dans une grande perplexité. Ce serait même à cause de cela, dit un politique bien introduit, que la mission de trois chefs d’État de la sous-région, qui devait venir pour négocier durement, a été annulée puisqu’on ne sait pas ce que IBK à lui-même a, à proposer.
La difficulté majeure pour le président de la République est donc à chercher principalement, maintenant, du côté du sort de son fils. Impliqué dans le meurtre du journaliste Birama Touré, Karim Keïta, selon des sources judiciaires, ne doit la liberté qu’à son immunité parlementaire. Un juge l’avait déjà convoqué à se présenter devant lui pour ce motif il y a quelques mois. Si la poursuite n’a pas abouti alors pour des vices relevés dans la procédure de convocation qui a ignoré l’immunité parlementaire, elle sera enclenchée aussitôt avec la dissolution de l’Assemblée nationale qui mettra fin ipso facto à cette immunité de l’honorable Karim Keïta. Risque majeur quand on sait que la contestation populaire ne veut accorder la moindre impunité ni à IBK ni à son épouse, encore moins à leur fils qui a manqué de sagesse en s’exhibant régulièrement comme un intouchable. Qu’à cela ne tienne, pour ce qui est de la disparition du journaliste Birama Touré, l’organisation internationale Reporters sans frontière aurait compilé de graves preuves irréfutables contre le fils du président et un dossier en béton attend le golden boy.
Il y a aussi que la dissolution du Parlement jouera un vilain tour à Moussa Timbiné qui ne peut jurer sur une nouvelle élection alors que sa venue à l’Assemblée nationale et son élection au perchoir sont entachées de la plus grande illégitimité de bout en bout et que, en plus, pour l’opinion publique nationale, c’est IBK qui l’a propulsé à cette hauteur pour couvrir les ambitions politiques futures de son fils. Pendant que cet imbroglio désoriente, le nouveau député de Kayes, Aliou B. Diallo, a convaincu ses électeurs de s’opposer à toute dissolution de l’Assemblée nationale. Si cela devait arriver, avertissent les citoyens de la cité des rails, Kayes mettra en place son Assemblée régionale. Une grave menace qui s’ajoute aux angoisses sur l’unité nationale et l’intégrité du territoire du Mali.
Amadou N’Fa Diallo

Malick Diancoumba

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