mercredi 28 septembre 2022
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RÉSEAUX SOCIAUX: Quand le mauvais usage devient une équation difficile à résoudre pour la société

De nos jours, les réseaux sociaux offrent un ensemble d’opportunités facilitant la communication, les échanges entre les hommes… Sans compter qu’ils ont réduit les déplacements dans la vie de tous les jours. Mais, comme toute médaille, ces nouvelles technologies ont aussi leur revers. Elles impactent négativement la vie en famille et affectent conséquemment le budget familial. C’est ce qui fait en tout cas ressortir notre petite investigation dans certains foyers.

 

Jadis, le coucher du soleil était un moment important de la vie familiale. Au crépuscule, presque tous les membres se retrouvaient dans le salon ou sur la terrasse. On partageait les plats ; on prenait le temps de discuter de tout et de rien dans le respect de la gérontocratie familiale. Les enfants avaient une belle opportunité de mieux connaître leurs parents, de beaucoup apprendre d’eux. Ceux-ci aussi avaient l’occasion de bien observer leur progéniture, de déceler des failles dans son éducation, de la conseiller… Si cette belle harmonie familiale a été d’abord perturbée par l’apparition du petit écran (télévision) dans les foyers, elle a presque été totalement noyée par les Nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) avec l’émergence des réseaux sociaux.

Le soir, dans nos familles, personne n’a le temps pour l’autre. Même à table, chacun à un autre centre d’intérêt : son smartphone ! Tout le monde navigue et à tout moment sans aucune considération ni attention pour les autres. Autant en emporte l’ambiance familiale. Il est clair que les TIC ont positivement changé beaucoup de choses dans la vie de l’homme, en facilitant notamment les communications qui se font aussi à moindre coût, en raccourcissant les distances, en facilitant l’accès à la connaissance et aux services sociaux de base comme la santé… On  s’accorde en effet sur le fait que ces réseaux nous offrent aujourd’hui beaucoup de commodités à condition que l’on s’adapte à sa bonne gestion, à son utilisation judicieuse.

En effet, mal utilisés, les réseaux sociaux peuvent représenter un réel danger dans les familles avec notamment le risque majeur de l’addiction chez ses membres. A priori, nous dit un père de famille,  «ce sont les parents qui doivent donner une bonne éducation à leurs enfants et trouver les moyens de les éloigner souvent des réseaux sociaux. Mais, en réalité, ils sont souvent plus dépendants de ces réseaux que leurs enfants à qui ils consacrent de nos jours très peu de temps».

«Depuis que ma femme a eu un smartphone, j’ai l’impression que plus rien n’a d’importance pour elle. Toujours connectée, elle cuisine mal, ne prend plus soin des enfants…», dénonce un jeune cadre de l’administration. «Nos deux premiers enfants ont été bien éduqués et bien encadrés à la maison parce que leur père veillait sur eux. Malheureusement, il ne semble plus avoir de temps pour leurs cadets. Et cela parce qu’il passe l’essentiel de son temps libre connecté aux réseaux sociaux», déplore Saran,  une jeune mère de famille.

 

Les enfants, les adolescents et les jeunes exposés à toutes les menaces

Libre du marquage à la culotte des parents, les enfants sont presque connectés 24h (à la maison aussi bien qu’à l’école) aux plateformes sociales. Et dans la plupart des cas, ils ne s’intéressent pas  aux choses instructives, mais au sexe, à la débauche… Ainsi, les images pornographiques sont de nos jours dans tous les smartphones… Les enfants y sont ainsi exposés à la pornographie, aux abus sexuels, au harcèlement, au trafic…

A qui en vouloir ? Surtout que les parents sont les premiers à acheter à tout moment les dernières séries des marques pour leurs enfants. Certains dépensent autant dans l’accès aux TIC que dans la scolarisation de leur progéniture, voire plus ! De cette manière, il serait extrêmement difficile d’encadrer les enfants voire de les éduquer.

N’empêche que certains parents parviennent à exercer un certain contrôle sur leurs enfants. «Pendant l’année scolaire, nos enfants ne sont autorisés à se connecter que les week-ends. Quand ils veulent faire des recherches par rapport à leurs devoirs à domicile, soit leur maman ou moi leur prête son téléphone. Ils font leur exercice sur place et rendent le téléphone», explique Moussa Sidibé, consultant indépendant.

«Les réseaux sociaux donnent la possibilité de s’exprimer librement, mais ne donnent pas le droit d’insulter les autres ou de rendre public certains aspects d’une vie privée. C’est malheureusement ce qui est courant de nos jours dans notre pays», rappelle le sociologue Samou Sissoko. «Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont à l’origine de beaucoup de dérives et de scandales terribles dans notre société», a-t-il déploré.

Pour lui, il ne s’agit pas «d’interdire l’usage des réseaux sociaux, mais de le contrôler pour limiter les dégâts d’autant plus que tout le monde, aussi bien l’enfant que l’adolescent et l’adulte, les utilise pour s’exprimer au sens psychologique du terme». Comme avec la télévision, un contrôle parental s’impose pour au moins réduire l’impact négatif, la mauvaise influence des réseaux sociaux sur les enfants et les adolescents !

Karim Mallé LE MATIN

 

Djibril Coulibaly

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