mardi 30 novembre 2021
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Rebellions diarrhéiques au Mali : Quand des réalités racistes, féodales et esclavagistes se cachent derrière des revendications indépendantistes du MNLA et alliées

Le Mali contemporain est certainement le pays de l’Afrique subsaharienne qui aura été le plus frappé par le phénomène cyclique de rébellions arabo-touareg. La toute dernière avec ses liaisons extrêmement dangereuses avec les groupes terroristes armés a été à l’origine de la plus grande déstabilisation du Mali et même du Sahel. Avec une communication assez bien maitrisée à travers les réseaux sociaux et certains médias occidentaux complices, les rebelles indépendantistes n’hésitent pas à décrire une réalité travestie au Mali selon laquelle ils auraient été, de tout temps, la victime innocente d’un pouvoir central malien noir qui oppresse et marginalise les touareg. Mais la réalité est toute autre. Entre repli identitaire et banditisme, un nombre restreint de la communauté targuie qui détient, depuis le départ du dernier soldat français du Mali, le pouvoir, ne veut absolument pas perdre ses prérogatives féodales. Raciste et esclavagiste, elle use de tous les stratagèmes pour garder ses privilèges. Et l’idée selon laquelle, la rébellion serait essentiellement motivée par la réclamation des conditions de vies dignes pour les populations du nord n’est qu’un prétexte fallacieux.

Les différentes communautés touareg ont, depuis la nuit des temps, prospéré dans la bande sahélo-saharienne en entretenant un commerce fructueux. Mais, l’avènement de la colonisation mit un coup de frein brutal à ce train de vie nomade. Les indépendances accentuèrent davantage la fracture entre les différentes communautés. Désormais, elles devront chacune vivre dans le cadre restreint de l’Etat moderne. Les aristocrates touareg que sont, entre autres, les Ifoghas, ne l’entendaient pas de cette oreille et tentèrent dès les années 1963 de se rebeller contre le Mali de Modibo Keita. Les rébellions de 1990 à 1996, celle de 2006 à 2009 et la toute dernière de 2012 auront toujours été des mouvements armés des ifoghas et des Chamanamasses pour assoir leur hégémonie féodale sur les autres tribus touaregs et sur les populations noires du nord malien qu’ils considèrent comme des bellas inférieurs. Rappelons que la première rébellion de 1963 était due au fait qu’ils ne voulaient pas se laisser administrer par des populations à peau noire. Une autre preuve, est qu’en octobre 2011, le gouverneur de la région de Kidal d’alors, le colonel-major Salifou Koné ainsi que le colonel-major El Hadj Gamou, un touareg imghad, organisèrent une petite cérémonie pour accueillir les combattants touaregs qui étaient engagés dans la légion étrangère de Mouammar Kadhafi. Tous étaient venus, excepté les combattants ifoghas et chamanamasses qui n’acceptent jamais de se soumettre à un imghad, considéré comme un vassal ou à un bambara du sud.
En conclusion, la colonisation aura cassé bien des liens communautaires en Afrique subsaharienne. Mais, les communautés touaregs sont loin d’en être les seules victimes de la mauvaise décolonisation de la question du Sahara. L’indépendance acquise, il aura fallu une autre organisation socio-culturelle afin de répondre aux critères d’un Etat moderne. Les communautés peuls sont tout aussi nomades, voire plus, que celles des touaregs. Et pourtant, elles surent bien se fondre dans la diversité ethnique de l’Afrique de l’ouest jusqu’à en constituer son ciment par leur ouverture aux autres. Au Mali, plusieurs communautés ethniques, qui ont des ramifications dans les pays voisins, cohabitent en harmonie, alors pourquoi pas les touaregs qui ont eux aussi des cousins du côté du Niger, de l’Algérie ou encore de la Mauritanie ? Rassembler le « peuple touareg » sur un seul et même territoire serait absurde tout comme le serait, à titre d’exemple, de rassembler les communautés peuls ou encore soninkés sur un même espace géographique.
L’Etat malien devra sévir, de gré ou de force, sur toute l’étendue de son territoire afin d’anéantir à jamais toute velléité féodale. La communauté internationale doit y veiller si elle ne veut pas voir d’autres territoires envahis demain par tous ces frustrés de sa politique étrangère considérée par bien d’africains comme complice, voire à la limite raciste.
Ahmed M. Thiam
thiam@journalinfosept.com

Djibril Coulibaly

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