dimanche 19 septembre 2021
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Présentation du Plan d’Action Gouvernemental: Choguel K. Maïga légalise enfin le “CNT illégal’’

Le Premier Ministre, Choguel K. Maïga, présente ce vendredi 30 juillet 2021 devant les membres du Conseil National de la Transition (CNT), le Plan d’Action du Gouvernement de Transition 2021-2022 (PAGT). Deuxième du genre au cours de cette Transition, après celui présenté par Moctar Ouane. Si l’on s’en félicite dans l’entourage du locataire de la primature pour avoir promis et tenu, présenté ce plan en six semaines, c’est le fait de s’incliner devant l’organe qualifié d’“illégal’’ par l’actuel Premier Ministre, au temps fort de la fronde avec les militaires qui suscite le vrai débat au sein de l’opinion.

La Charte de la Transition, en son article 15, instruit le Premier Ministre et son Gouvernement, l’élaboration d’un plan d’action en cohérence avec les priorités définies dans la Feuille de Route. De même, la Constitution, en son article 78 consacre pour chaque Premier Ministre, l’élaboration d’un Programme ou d’une Déclaration de Politique Générale. C’est dans ce cadre que le Premier Ministre ; Dr Choguel  devrait présenter le Plan d’Action du Gouvernement 2020-2022.

 

Contrairement à son prédécesseur, Moctar Ouane qui avait présenté son plan en six axes, Choguel en a proposé quatre  qui seront mis en œuvre pour le reste de la Transition. Il s’agit de l’amélioration de la sécurité sur l’ensemble du territoire ; les réformes politiques et institutionnelles, la bonne gouvernance, la transparence et la réduction du train de vie de l’État ; la mise en œuvre intelligente et efficiente de l’Accord pour la Paix, issu du processus d’Alger et enfin l’organisation d’élections crédibles et transparentes aux échéances prévues.

Si force est de reconnaitre qu’un travail a été abattu pour pouvoir présenter ce plan d’action gouvernemental en un temps record et peut-être plus synthétique, au regard du temps imparti, cette rencontre historique du Premier Ministre avec les membres du Conseil national de la Transition est un sujet largement débattu au sein de l’opinion. Ce passage coutumier n’est pas un fait nouveau sous les cieux. Celui-ci en réalité tient lieu de tension et de propos tenus par l’ancien porte-parole du M5-RFP sur cet organe chargé de légiférer en cette période transitionnelle. L’ancien homme fort de la Place de l’Indépendance était formel : “ le rôle des FAMA est de sécuriser le pays et non de siéger dans les organes politiques’’.

“Ce Conseil a été installé dans l’illégalité totale, en violant la Charte de la Transition, en violant les décrets qui instituent composition et clefs de répartition du Conseil National de Transition… qui étaient d’ailleurs en son temps contestés par le M5, mais on passe à ça…“, avait-il rappelé à l’époque.

 

Pour lui, “même ces textes ont été violés ! Parce qu’il est dit clairement que ce sont les entités qui désignent leurs représentants, il n’est pas prévu de représentation individuelle. Or, ce qui s’est passé, c’est que les entités n’ont pas envoyé de noms. Les militaires ont appelé les personnes une à une, on ne sait pas ce qui s’est passé entre eux’’.

Il avait fait savoir également que “lorsque vous choisissez vous-même des gens, sur des bases illégitimes, illégales, pour les mettre dans une salle, mais qu’est-ce qu’ils vont faire, sinon voter pour vous ?”.

L’actuel Premier Ministre et ses amis du M5-RFP avaient même attaqué en justice l’irrégularité de la procédure de désignation des membres du Conseil National de Transition. “Les documents dits légaux qui fondent cette Transition, c’est la Charte et les différents décrets qu’ils ont pris. Le tout a été violé allègrement, des personnes ont été individuellement appelées à Kati, dans le camp militaire ou dans les bureaux du Vice-président, et elles ont été nommées. Le bon sens voudrait qu’on l’attaque !, avait-il expliqué.

Au regard de ce qui précède la nomination de Choguel à la Primature, tout laisse présager un débat rude et sans équivoque. Choguel est aujourd’hui devant le juge du temps et des hommes et devra d’abord reconnaitre la légalité de cet organe “illégal’’, d’abord par son passage et ensuite convaincre les membres du CNT du contenu de son plan d’action du gouvernement. Notons que de sa nomination à la primature à ce jour, le CNT n’a réduit ni augmenté son effectif. C’est un défi gigantesque qui attend Choguel. Un piège potentiellement énorme. Un choix cornélien et existentiel pour le pays et pour le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotiques.

Kevin Kadoasso LE COMBAT

Djibril Coulibaly

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