vendredi 22 octobre 2021
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Présence onusienne au Mali : Quand la MINUSMA se désagrège à petits coups

L’évidence qui saute aujourd’hui aux yeux de tous dans la crise sécuritaire que connaît notre pays depuis des lustres déjà est que les pays contributeurs de la Mission multidimensionnelle pour la paix et la stabilité au Mali (MINUSMA) affichent leur lassitude eu égard à l’enlisement de la situation. Pour preuve, après l’annonce de retrait des troupes faite à la mi-juin passée par les Pays-Bas, c’est autour de l’Allemagne de mettre fin à l’engagement de ses hélicoptères de combat Tigre dans la mission des Casques bleus dans notre pays.

Ces décisions, intervenant quelques jours avant la prolongation pour une autre année du mandat de la mission onusienne, prouve à suffisance que ces États européens sont lassés de la tournure de la crise sécuritaire dans le Sahel en général et au Mali en particulier. Ce, au grand dam des populations exposées aux attaques djihadistes et aux FAMA dont la formation doit prendre un coup.

Pour rappel, Les Pays-Bas ont annoncé, le 15 juin dernier, leur retrait de la mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali (MINUSMA), à laquelle ils participent depuis 2014. Officiellement, la raison avancée pour justifier cette décision est l’intensification de leur contribution en Afghanistan. «Les Pays-Bas mettront fin à leur contribution actuelle à la mission des Nations Unies au Mali le 1er  mai 2019, afin d’intensifier la contribution néerlandaise à la mission de l’OTAN en Afghanistan », avait indiqué leur Ministère de la Défense dans un communiqué. Cette annonce intervenait deux jours après la publication d’un Rapport très critique de la Cour des comptes, qui fustige le Ministère de la Défense, affirmant que les Casques bleus néerlandais au Mali «manquent d’équipements, d’entraînement et disposent d’un matériel défectueux ». Les troupes néerlandaises font partie de la mission de maintien de la paix de l’ONU dans notre pays depuis avril 2014. Les Pays-Bas y ont déployé jusqu’à 400 soldats. Quatre hélicoptères d’attaque Apache et trois hélicoptères de transports Chinook néerlandais ont été rapatriés en 2017.

Côté allemand, après quatorze mois de présence sur le sol malien, la Bundeswehr le Ministère allemand de la Défense, a décidé, la semaine dernière, de rapatrier ses quatre hélicoptères de combat Tigre et 363 militaires du 36e Régiment d’hélicoptères d’attaque Hessian de Fritzlar.

Ces hélicoptères de combat ont été utilisés dans la MINUSMA « environ 185 fois », a indiqué la Bundeswehr. Ils ont rempli plusieurs types de missions. Tout d’abord, le soutien aérien rapproché quand les forces terrestres ont été attaquées. Pour justifier la décision du rapatriement de ces engins, on estime que « l’utilisation des armes (dont sont dotés ces hélicoptères) n’a jamais vraiment été nécessaire ; car, «les assaillants s’enfuyaient à l’arrivée du Tigre».

Les convois de troupes des Nations Unies étaient souvent escortés depuis les airs pour les protéger des attaques ou les avertir des endroits dangereux. Les Tigres ont aussi été utilisés pour surveiller les routes importantes ou les points de terrain. Enfin, ils ont fait du ‘Show of Force‘, un passage à basse altitude destiné à impressionner. Ces survols et les escortes de convois ont dissuadé les attaquants et également contribué à la protection des forces terrestres.

Somme toute, Néerlandais et Allemands ont ainsi assené un sérieux coup à la MINUSMA qui, en lieu et place d’un meilleur équipement devant lui permettre de mieux relever le défi auquel elle est confrontée, au Nord Mali surtout, se trouve de plus en plus démunie aussi bien en termes d’effectifs que de logistiques. Cette réalité doit susciter une double réaction auprès des décideurs de notre pays : inquiétude et soulagement selon que l’on soit de ceux qui sont pour le maintien ou de ceux qui souhaitent le retrait de la mission la plus meurtrière de l’ONU.

Katito WADADA

Rédaction

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