mardi 29 septembre 2020
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Mot de la semaine : Ultimatum

La junte militaire qui a pris le pouvoir au Mali le 18 Août 2020 a jusqu’au 15 septembre pour le rendre aux civils afin d’organiser une transition, la plus courte possible. C’est en tout cas l’ordre que la CEDEAO a intimé aux membres du CNSP lors de son sommet ordinaire tenu à Niamey au Niger.  Assimi Goita et ses compagnons d’armes du Comité National pour le Salut du peuple  vont-ils entendre raison et alléger la souffrance du peuple malien en acceptant de se plier aux injonctions de l’organisation sous régionale ? L’appétit vorace du pouvoir est-il plus dominant chez nos militaires du CNSP que la mansuétude de voir le peuple martyr du Mali  sortir de cette crise qui n’a que trop duré ?

Tous les regards sont désormais tournés vers le Centre International des Conférences de Bamako, CICB où se tiennent du 10 au 12 septembre les concertations  dites nationales, organisées par la junte militaire du CNSP. Officiellement, ces journées de concertations ont pour objectif d’élaborer une charte de la Transition, de dégager une architecture définissant les organes, la durée  et de se prononcer sur le profil de celui ou de ceux qui doivent diriger la transition. Mais officieusement, c’est pour juste plébisciter la junte en lui demandant de rester  afin de  diriger « sa chose ». Va-t-on alors assister à une confrontation entre  deux camps l’un favorable à une transition civile et l’autre, certainement plus nombreux, qui serait favorable à celle des militaires ?

Comment comprendre que, des universitaires censés formés l’élite de demain, pourraient tomber bas en se fourvoyant dans des calculs politiciens  opportunistes, quand ils appellent, de tous leurs vœux,  à une gestion militaire de la transition, alors même qu’ils savent que le Mali a ratifié toutes les conventions, tous les traités de la CEDEAO. Nos Universitaires savent qu’un coup d’Etat quel que soit sa forme ou les conditions dans lesquelles il s’est déroulé, est un acte répréhensible au regard de  nos lois nationales à fortiori  celles  de la CEDEAO, donc vouloir défendre l’indéfendable pour seulement avoir des strapontins est malhonnête,  voire intellectuellement lâche. Les Universitaires doivent de façon désintéressée, être des éveilleurs  de conscience, plutôt que d’être de chercheurs de place à tout prix. En débat sur Studio Tamani, trois universitaires, pas des moindres, se sont dit favorables à une  gestion militaire de la transition, mais en associant les technocrates de la société civile.

Le jour où Assimi Goita et ses frères d’armes comprendront que tous ceux qui sont favorables à la gestion militaire de la transition sont des opportunistes chercheurs de places et qui sont prêts à les quitter à la première occasion, ils feront amende honorable en  remettant le pouvoir aux civils et en quittant la scène politique pour se consacrer à leurs missions régaliennes.

En somme, après l’ultimatum lancé par la CEDEAO et mesurant les conséquences des sanctions qui pèsent déjà sur le Mali, la junte militaire doit alors mettre à profit les trois journées de concertations pour poser les jalons d’une bonne transition avec une feuille de route claire, une architecture cohérente, le profil du civil qui doit diriger la transition et une durée assez raisonnable. En faisant cela, la junte d’Assimi Goita va écrire une nouvelle page de l’histoire de notre jeune démocratie, et surtout sera en odeur de sainteté avec les organisations sous régionale, régionale et internationale.

Youssouf Sissoko

Malick Diancoumba

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