mardi 29 septembre 2020
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Mot de la semaine : Médiation

Ils sont cinq Présidents des pays de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest, CEDEAO, à fouler le sol malien depuis hier jeudi pour voler au secours du Mali qui est sur le point de s’effondrer. Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Macky Sall du Sénégal, Nana Akufo Ado du Ghana, Mahamadou Issoufou du Niger et Mahamadou Bouhary du Nigéria, ont, toute affaire cessante, pris la direction du Mali pour venir éteindre le feu allumé dans ce pays frère afin d’éviter qu’il ne se propage dans les autres pays de la sous-région. Conscients des éventuelles conséquences d’un embrasement du Mali, les cinq Présidents veulent trouver un compromis entre les protagonistes de la crise malienne, à savoir le Mouvement du 5 juin Rassemblement des Forces patriotiques, M5 RFP et le Président de la République IBK.

Qu’il soit dit en passant quand nous mettions sous presse, nous n’avions aucune information sur d’éventuelles résolutions issues des pourparlers entre les médiateurs et les acteurs. Politiques, mais en se fondant sur les propositions faites par la première mission de la CEDEAO et lesquelles propositions allaient être la base de négociation avec le M5 RFP, nous pouvions tout simplement deviner que les négociations ne seraient pas une partie de plaisir. La question qu’une frange importante des maliens se posent est celle de savoir pourquoi la CEDEAO adopte-t-elle chaque fois la posture de soutien aux chefs d’Etat contre leurs peuples ? Son échec n’est-il pas dû à sa mauvaise lecture des événements dans les pays membres ?
Pour rappel, l’organisation sous-régionale a échoué dans la résolution des conflits en Guinée Bissau, en Côte d‘Ivoire sous Laurent Gbagbo, et en Guinée Conakry. Elle n’a réussi qu’en Gambie, grâce au leadership du Président Sénégalais Macky Sall. Ce bilan très squelettique n’a d’autre explication que la mauvaise lecture des conflits dans les pays où ils éclatent et surtout le fait que les chefs d’Etats ont transformé l’organisation en un comité syndical pour ne défendre que leurs seuls intérêts, pas ceux des peuples en lesquels ils tirent leur légitimité. Sinon comment comprendre qu’un régime comme celui d’IBK, qui pendant sept ans n’a pas pu résoudre aucune des crises majeures et qui, tout au long des sept ans de gouvernance, n’a fait qu’enfoncer le Mali dans l’abîme, sur tous les plans, que ce chef d’Etat soit encore adulé par ses pairs de la CEDEAO, au point de reléguer au second plan les revendications légitimes d’une frange importante de son peuple. Vouloir maintenir IBK à son poste avec toutes ses prérogatives constitutionnelles, c’est opter pour l’effondrement du Mali avant la fin de son deuxième mandat, car les crises ne feraient qui s’accumuler tandis que les solutions ne seraient que, comme dirait cet adage, quelques petites gouttes de pluie sous un ciel d’été.
En sept ans, tous les secteurs socioéconomiques ont été gangrénés par la corruption, le népotisme et le clientélisme. En sept ans de gestion, le Mali de 75 % du territoire sous le contrôle de l’Etat, il n’en reste plus que 25 %. En sept ans de gouvernance, l’école, la santé, l’eau et l’électricité, au lieu d’être des droits, sont plutôt devenues un luxe. En sept ans de règne d’IBK et son clan, le Mali a perdu toute son aura et même sa crédibilité sur la scène internationale. En sept ans de commandement, même notre outil de défense a été déliquescent et les troupes démoralisées. Les Forces armées et de sécurité ont malheureusement payé le plus lourd tribut de la gouvernance chaotique, avec beaucoup de perte en vies humaines et en matériels. C’est dans cette atmosphère de colère noire du peuple qu’une délégation de cinq chefs d’Etat de la CEDEAO est arrivée hier à Bamako pour trouver un compromis entre IBK et ses opposants. Wait and See.
Youssouf Sissoko

Malick Diancoumba

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