mardi 25 février 2020
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Mot de la semaine : Dialogue

 

Annoncé comme un véritable cadre d’échanges et de confrontation d’idées autour des grands maux qui minent notre patrie, le dialogue a fini par être un autre rendez-vous manqué, car une frange importante des acteurs sociopolitiques n’y ont pas pris part. Néanmoins, il se tient avec ceux qui pensent qu’il est l’une des voies qui mènent vers les solutions à la crise multidimensionnelle. La cérémonie d’ouverture, présidée par le Président de la République, a enregistré la présence de la quasi-totalité des anciens Premiers ministres  de l’ère IBK, excepté Abdoulaye Idrissa Maiga et Oumar Tatam Ly. On pouvait noter la présence remarquée de l’Imam Mahmoud Dicko et d’autres personnalités de la République,  en l’occurrence les chefs d’institutions. Après la cérémonie d’ouverture, ce fut la mise en place  des commissions thématiques. Jusqu’à la mise en place des commissions de travail,  tout allait bien et l’enthousiasme était au rendez-vous. Les gens se sont congratulés et le dialogue a permis  une très grande retrouvaille surtout pour ceux qui ont fait des années  sans se  rencontrer.

L’état de grâce et la convivialité de façade n’auront  duré que le temps de la cérémonie d’ouverture, mais depuis que les commissions ont été constituées et que les débats ont, à peine, commencé, des altercations au sein d’une commission sont survenues quand on a parlé de la relecture de l’Accord. Pour les délégués de la CMA, c’est une violation des engagements et des accords qui leur ont permis de participer à ce dialogue. Selon eux, la participation au dialogue a été conditionnée à la non-relecture de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation, APR. Tandis que d’autres acteurs ont participé avec la ferme volonté de réexaminer le fameux Accord, source d’insécurité et de division entre le nord et le sud d’un même pays. L’Accord est devenu pour les forumistes, un caillou dans leurs chaussures et risquerait de mettre à vau-l’eau tous les immenses efforts qui seront déployés pour parvenir à la paix au Mali.

Sinon, à en juger par la forme, les thématiques proposées aux différentes commissions, sont, sans commune mesure, celles relatives aux grands défis de l’heure. Mais au fond, les délégués ne feraient que les effleurer sans les diagnostiquer sérieusement afin de proposer des solutions idoines. Pire, bien que le Président de la République a affirmé Urbi et Orbi qu’il n’y aura pas de sujets tabous, la principale question qui est celle de la relecture de l’Accord pour la Paix et la réconciliation, donne déjà lieu à des altercations entre les membres de la CMA et les quelques délégués qui ont eu le culot d’évoquer son examen. Ainsi, dans leur tentative de saboter le dialogue, le représentant de la CMA n’a pas voulu s’exprimer ni en Bambara, la principale langue nationale, ni en français la langue officielle, mais il a voulu le faire en Tamasheq, une langue que les 99 % des délégués ne comprennent pas.

En définitive, bien que boycotté par les principaux acteurs de l’opposition, le dialogue avait pourtant permis à beaucoup de maliens de rêver pour un lendemain enchanteur. Mais au rythme où vont les travaux en commissions, il y a fort à parier que l’éléphant annoncé risque d’arriver avec trois pattes cassées. Un de l’opposition, un autre de la CMA et le troisième serait  celui de l’opinion qui avait  cru en le dialogue.

Youssouf Sissoko INFO SEPT 

Djibril Coulibaly

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