dimanche 7 mars 2021
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Mise en place du MOC à Kidal : La CMA sommée à libérer immédiatement le camp I

«Au nom de la Médiation Internationale, lasse de toutes ces tergiversations et de tous ces rebondissements dénués de tout sens et contre-productifs, je vous exhorte à honorer, sans délai, l’engagement pris d’évacuer le bâtiment occupé par vos Hommes en armes à Kidal. Ce sera là, pour la CMA, la seule possibilité et la chance ultime de garder encore une certaine crédibilité et une certaine respectabilité et de continuer à être un partenaire dans la construction de la paix ». Telle est la sommation de la dernière rencontre du CSA (Comité de Suivi de l’Accord), tenu, le lundi 22 mai 2017, à Alger, adressée aux Responsables de la CMA. Ledit communiqué est signé par l’Ambassadeur algérien, Ahmed Boutache, et adressé au Secrétaire Général de la CMA, Brahim Ould Sidatti.

 

C’est en quelque sorte l’essentiel de la conclusion de la réunion extraordinaire des membres de la Médiation internationale tenue avec les Représentants du Gouvernement malien. Lors de ladite rencontre, les participants ont noté avec inquiétude le non-respect par la CMA de l’engagement solennellement pris de libérer le bâtiment qu’elle occupe à Kidal afin de permettre, ainsi, la mise en place du MOC.

La menace de la Communauté internationale

La Communauté internationale semble être, désormais, plus que jamais décidée de revoir ses stratégies.  Et de  mettre fin à la politique  de deux poids deux mesures jusqu’à présent adoptée dans le cadre du processus de paix en cours au Mali.

C’est le moins qu’on puisse dire après cette correspondance du Comité de Suivi de l’Accord pour la paix (CSA) adressée au Premier Responsable politique  de la CMA. Dans ledit document, la médiation internationale exhorte la CMA à honorer, sans délai, son engagement pris d’évacuer le camp I de Kidal occupé par ses combattants. Cela, au risque d’être sanctionnée.

«Si, dans les plus brefs délais, la CMA ne fait pas le geste de bonne volonté attendue d’elle, elle fera l’objet d’une condamnation unanime de la Communauté internationale et s’exposera à des mesures contraignantes dont la toute première sera la suspension, avec effet immédiat, du règlement des indemnités de ses Représentants au sein du CSA et des Sous-comités thématiques », prévient-elle dans ledit document adressé à Sidatti.

Au même moment, la Communauté  internationale n’a pas fait l’Economie de rappeler les bonnes volontés du Gouvernement dans le cadre du processus de paix en cours au Mali.

«C’est ici le lieu de rappeler que les indemnités, au titre du mois d’avril, ont été prises en charge par le Gouvernement de la République du Mali. Ce  geste de bonne volonté constitue aussi un sacrifice pour le Gouvernement malien, au regard de ses contraintes financières. Il était, donc, attendu qu’il soit compensé, à tout le moins, par un autre geste de bonne volonté de la CMA qui a plutôt choisi, une fois de plus et une fois de trop, de ne pas honorer ses engagements », note Ahmed Boutache.

La CMA, ennemie de  la paix au Mali !

Tous les acteurs du processus de paix au Mali protestent contre l’attitude de la CMA. Un comportement qui relève d’une volonté manifeste de blocage de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, d’une part. Et de l’autre, ne sert nullement les intérêts de la paix dont la construction cristallise tous les efforts des acteurs de cette paix.

Autrement dit, la persistance de la CMA dans cette attitude négative,  dénonce la médiation internationale, est préjudiciable à maints égards à la concrétisation des objectifs fondamentaux communs, ne peut que conduire, au bout du compte, à retarder davantage la mise en œuvre de l’Accord.  Ce retard notable est, d’ailleurs, relevé et pointé du doigt par tous.  En  même temps, il prive les populations du Nord  d’accéder enfin aux dividendes de la paix et de la réconciliation dont l’attente s’éternise du fait de manouvres politiciennes aux desseins inavoués condamnables.

Le mercredi dernier, le Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies au Mali, Mahamat Saleh Annadif, a pointé du doigt l’entêtement de la CMA ayant provoqué le retard dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation dans notre pays. Selon le Tchadien, la non opérationnalisation du MOC de Kidal est inadmissible.  Et de mettre en cause : « la CMA n’a pas libéré le camp n°1 qui devait accueillir le MOC. C’est une décision qui a été prise et elle doit la respecter ».

Aussi, lors de sa visite rendue à ses troupes à Gao, le Président français, Emmanuel Macron, a donné l’instruction de débloquer le retard dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali.

Oumar Diakité : LE COMBAT

Rédaction

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