mercredi 24 février 2021
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Marche contre la révision constitutionnelle : La démonstration de force a bel et bien eu lieu

Les opposants au référendum du 9 juillet prochain ont réussi une grande mobilisation, le samedi dernier, lors de leur marche pacifique partie de la Mairie centrale du District de Bamako pour s’achever à la Bourse du Travail.

Contrairement à ce que disait Me Tapo, le Ministre en charge de la Réforme de l’Etat, ce ne sont pas que quelques dizaines de personnes qui se sont «agitées» dans la rue, le samedi dernier, contre la réforme constitutionnelle. Ils étaient plusieurs dizaines des milliers (deux cent mille selon les organisateurs) à battre le pavé. «De toute la vie, je n’ai jamais vu autant de Maliens participé à une marche contre un régime démocratique», s’est étonné ce quadragénaire.

A l’appel de la plateforme « An tè An Bana, touche pas à ma Constitution» qui a été mise en place à la Bourse du Travail et qui regroupe, en son sein, des Leaders politiques, d’opinions, des mouvements associatifs, etc., les partisans du «NON» ont massivement répondu à l’appel. Vêtus de rouge, en grande majorité, brandissant des cartons rouges floqués d’un grand «NON», ils ont, sous un temps sec, parcouru plus de deux kilomètres, allant de la devanture de la Mairie du District pour terminer à la Bourse du Travail. Tout le long du trajet, les manifestants ont scandé des slogans hostiles au Gouvernement et au Président de la République. Les banderoles et pancartes affichaient des messages hostiles à la tenue du référendum dans un pays où l’Etat n’exerce pas ses pouvoirs sur toutes les parties. Cette marche, en plus d’être celle d’opposition à la nouvelle loi portant de la Constitution votée le 2 juin par 111 Députés, était aussi celle de la sensibilisation. Tout au long de la marche, l’on a vu des marcheurs s’arrêter pour essayer de convaincre des commerçants dont les boutiques jalonnent le long du parcours, des populations riveraines de Bamako-Coura sorties de leurs demeures pour regarder passer les manifestants. «  C’est un devoir pour nous de dire aux gens pourquoi nous marchons. Beaucoup nous regardent mais ne savent pas ce qui se trame dans le pays ; car, le Gouvernement veut faire passer cette Constitution en catimini. J’ai discuté avec des personnes et leur ai expliqué le Bien-fondé de notre marche et ils sont d’avis que la situation du pays ne permet pas ce genre d’initiatives et qu’en plus il est irréfléchie d’en rajouter un Sénat à une Assemblée Nationale dans un pays où le Régime laisse mourir des personnes en ne payant pas les médecins et laisse les enfants dans la rue sous prétexte qu’il n’y a pas d’argent pour satisfaire les revendications des enseignants».

Pour Ousmane Sy: «Si on veut sauver le Mali, on le fait avec tous les Maliens ; car, aucun groupe ne peut le faire tout seul. Nous avons une Constitution qui est le point de consensus de tous les Maliens, on ne peut pas le changer en catimini.  Ce que nous ne voulons pas».

Ces personnalités qui étaient là

Cette marche a regroupé de nombreuses personnalités qui, sous un soleil ardent, ont accompagné les milliers de manifestants pour exprimer leurs oppositions. L’ancien Ministre, Ousmane Sy et sa femme, Sy Mme Kadiatou Sow étaient aux côtés du couple Soumaïla Cissé pour battre le pavé. Les Leaders de l’opposition parlementaire et extra parlementaire ont brillé par leur présence. Tiébilé Dramé (PARENA), Modibo Sidibé (FARES), Zoumana Sacko (CNAS- Faso Hèrè), Amadou Thiam (ADP-Maliba), Abdramane Diarra (Président de la Jeunesse URD), le Député Kalilou Ouattara et les Leaders religieux dont Chouala Bayaya Haïdara, étaient, entre autres leaders politiques ayant marché main dans la main avec Ras Bath, Djimé Kanté, Etienne Fakaba Sissoko, Amara Sidibé du mouvement «Trop c’est trop». Ce dernier mouvement «Trop c’est trop» est l’organisateur des deux premières marches contre le référendum qui ont été réprimées par la police.

Après cette «démonstration de force», les marcheurs disent attendre le retrait pur et simple de la loi ou ils promettent de descendre dans la rue le 1er juillet prochain.

Mohamed Dagnoko : LE COMBAT

Rédaction

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