vendredi 5 mars 2021
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Maliens et mois de Ramadan : Des comportements «saisonniers»

Dans notre parution d’hier, nous traitions du changement vestimentaire chez les filles et les jeunes femmes. Aujourd’hui, nous allons faire un focus sur ces comportements nouveaux qui naissent chez les Maliens en ce mois béni. Des comportements «saisonniers».

C’est une lapalissade de dire que le Ramadan est un mois de privation. Les fidèles musulmans se privent de la nourriture et de désirs sexuels du levé au coucher du soleil. C’est aussi une période au cours de laquelle les œuvres de charité sont recommandées et plus de ferveur dans l’adoration de Dieu. Mais au-delà de tous ces aspects, ce mois fait naitre chez de nombreux  Maliens des comportements nouveaux. Des comportements qui se limiteront à ce seul et unique mois de l’année. Allons pour une énumération non exhaustive de ces comportements qui ont refait surface depuis peu.  L’un des comportements qui semble en hibernation période hors ramadan, c’est l’utilisation des cure-dent. En ce mois, ces morceaux de bois ont le vent en poupe. Plus utilisé dans l’après midi,  le mâchage de ce cure-dent entraine des crachats. Si l’on doit, en temps de jeûne, veiller à ce qu’on ne frustre pas notre prochain, ce n’est pas le cas pour de nombreuses personnes qui utilisent le cure-dent. Ils déversent les crachats à gauche et à droite (en très grosses quantités souvent) sans tenir compte de ce que ce liquide gluant peut avoir de repoussant pour d’autres personnes. Mais, bon, ce n’est que pour le temps du mois de Ramadan, le cure-dent disparaitra dès la fin de ce mois, il ne restera plus que quelques vieilles personnes qui l’utiliseront et en toute discrétion sans gêner qui que ce soit.

Autre phénomène qui a pris de l’ampleur depuis le début du mois, c’est l’exposition de chapelet. Dans les rues, les Bureaux, les marchés, il est impossible de déambuler sans apercevoir ces longs chapelets aux mains de nos compatriotes. Ils invoquent Allahou Soubhana wata-ala. Si pour les hommes c’est plus exposé, les femmes d’un âge assez avancé en utilisent mais de très petits. En tout cas, cette pratique « saisonnière » n’est pas pour déplaire aux petits commerçants à la sauvette qui longent les murs du Ministère de l’Education nationale. Ils font du chiffre. D’autres préfèrent la discrétion dans l’utilisation de ces chapelets, eux, optent pour les chapelets électroniques. De petits formats, il est accroché à l’index et actionné par le pouce.  On a facilement le nombre de fois qu’on a invoqué Dieu ; car, le petit écran sur sa surface affiche le chiffre. Tout est bon pour se rapprocher de Dieu.

Le Malien d’habitude n’est pas courtois dans la circulation. Cela prend une autre dimension en ce mois bénit de Ramadan. Le phénomène est récurrent aux heures des descentes. Les bouchons se multiplient à la sortie notamment du pont Fahd.  Des « chauffards » surchauffés pour emprunter l’expression d’un ami, enclins à taper sur le klaxon, refusent de céder le moindre passage aux motocyclistes. Ces derniers hurlent leurs colères. Le tout dans un tohu-bohu indescriptible. C’est vrai qu’à cette heure l’estomac n’en peut plus et la moindre remontrance est source de conflits. Ainsi est la circulation bamakoise en ce mois.

Dans  les Bureaux, l’ambiance est tout autre. Loin des klaxons de circulation, l’accueil y est glacial. Venus pour régler un problème ou demander des renseignements, c’est à peine que la Secrétaire, voilée, écoutant certains de nos prêcheurs auto-flatteurs, daigne vous répondre. Et quand elle le fait, le ton frise la méprise.  Déjà que nos Secrétaires, dans l’Administration, sont pointées du doigt pour la qualité de leur accueil, garder vous bien de tomber sur une qui se trouve dans la posture susmentionnée.

Mais ne vous en faites pas, les gros crachats à gauche et à droite disparaîtront, les chapelets seront moins visibles, l’adrénaline va retomber dans la circulation et les Secrétaires redeviendront plus souriantes. Ce n’est qu’une question de mois, non, disons plutôt de jours.  Ce ne sont que des comportements «saisonniers».

Mohamed Dagnoko : LE COMBAT

Rédaction

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