samedi 11 juillet 2020
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L’ŒIL DU MATIN : Exiger le respect des autres en remettant en cause  

Dans ce monde, on est discriminé principalement pour deux choses : La couleur de la peau et la pauvreté ! L’Africain, l’Homme Noir, est donc discriminé à deux titres.  Par sa couleur d’une part, et, d’autre part, par le fait qu’il est quasiment toujours du côté des pauvres. La pauvreté, la misère, ne s’est-elle pas imposée comme identité de l’Africain ? Ne l’a-t-il pas lui-même, d’ailleurs, un peu ou beaucoup accepté ? 

La discrimination est permanente, quotidienne et multiforme au point qu’elle est embrassée par certains comme un état de fait auquel rien ne peut être changé. Aucune pudeur de s’exprimer, quand il s’agit de montrer la souffrance de l’homme noir. De temps en temps, à la faveur d’événements bénéficiant d’une plus grande médiatisation, une mobilisation se fait.

Chacun monte au créneau ! Les officiels, les artistes, les individus… le font pour dénoncer « le racisme », la discrimination. On condamne, menace, pleure. Fustige un tel ou un tel, surtout « nos dirigeants » que, je le rappelle nous avons placés où ils sont, en acceptant un système politique qui ne nous ressemble pas. Pis, il nous freine.

En ce moment précis, sont très médiatisées les expulsions d’Ethiopiens d’Arabie et les maltraitances subies par des Africains en Chine…

Pendant ce temps, les violences diverses sont devenues notre habitude, qu’elles soient policières, culturelles, politiques, économiques, continuent. Le fouille-merdisme a détruit nos familles, nos rapports sociaux. La confiance existe-t-elle encore ? Si oui, pourquoi autant de rumeurs et de rancœur ?

La chape de l’humiliation permanente fait son œuvre. Aucune goutte ne semble vraiment destinée à faire déborder le vase…Tout semble maîtrisé, contrôlé comme un destin écrit et accepté depuis encore plus longtemps. Peut-on, avec des lois et accords, mettre un frein à la discrimination et au racisme ?

Peut-on confier le freinage de la discrimination et du racisme à ceux qui, d’une manière ou d’une autre, en profitent ? Peut-on, en répondant à la haine par la haine, mettre un frein à la discrimination et au racisme ?

Peut-on, en étant unis de manière éphémère, pendant un instant donné, mettre fin à un phénomène de si grande ampleur, permanent, et qui dure depuis si longtemps ? Concernant les lois, j’en doute, car le fait même de penser à des lois antiracisme est de l’ordre du racisme. Quant aux accords, généralement on les applaudit un moment, des photos souvenir sont prises et, très vite, on retombe dans la réalité du cycle infernal qui touche toujours les mêmes.

Se leurre quiconque pense qu’on peut, d’un coup de baguette magique, changer de sentiments, sa démarche envers ceux que l’on a soumis afin de les exproprier et exploiter. Ne voyons-nous pas que, depuis les premières explorations, la motivation est la même t la stratégie s’adapte, en fonction, pour atteindre un objectif immuable : nous soumettre !

Même si le fouet s’est mué en aide au développement ou je ne sais quoi, en quoi notre condition de soumis, a changé ? Notre condition, doit être notre priorité, c’est là que se trouve peut-être le véritable combat… Mais en avons-nous le courage, la force, la volonté ?

La haine, à mon sens n’est pas non plus la solution. Pour moi la haine ronge le cœur dans lequel elle a son siège. Et aussi, nous voyons très bien que cette haine, momentanément dirigée vers un groupe d’individus ou un pays et aussi très souvent utilisée entre supposés frères et sœurs Africains. Il me semble, en tout cas de ma perspective de malienne, que nous sommes très intolérants les uns envers les autres. On n’arrive même plus à le cacher…

Exiger, imposer la justice plutôt que faire usage de haine. Et cela en sachant que la haine et la justice peuvent avoir le même résultat, à savoir la neutralisation de l’adversaire. Par la justice, on évite le cycle infernal du « œil pour œil, dent pour dent » qui finira par décimer l’humanité en tuant l’humanitude en l’humain.

Qu’est-ce qui motive nos unions ? Celles que l’on qualifierait sous nos cieux de « lolo koudjan », comète qui passe en illuminant le ciel et en nous impressionnant de sa « queue » avant de disparaître aussi vite qu’elle est apparue.

Si la couleur est la « forme » qui nous unit, « le fond » n’est pas clairement défini et nous n’arrivons donc ni à définir un fond, ni à faire de la forme le fond. Nous avons été tellement divisé, et de tant de manières, qu’il y’ a matière pour l’utiliser. Ce qui nous arrive est complexe. Mais, en fait, nous subissons partout, y compris en Afrique, des privations de libertés dues au formatage, à la standardisation en vue de prédation.

Ce n’est pas l’amour des autres que nous devons chercher, mais plutôt exiger leur respect, par notre propre comportement, en commençant au niveau individuel. N’est-ce pas ce que nous exigeons de nos dirigeants ? Avoir en tête que quiconque vous méprise, ne mérite pas votre respect. Soyons des personnes authentiques, vraies, car l’authentique n’est pas méprisable. L’authenticité est porteuse de valeurs alors qu’une caricature n’en reste qu’une, fusse-t-elle un chef d’œuvre de perfection en imitation.

Soyons ensemble, pas uniquement quand il s’agit de combattre untel. Soyons ensemble de manière naturelle. Unissons-nous ; commerçons entre nous ; partageons notre savoir, notre expérience ; soyons solidaires ou plutôt réapprenons à l’être car force est de reconnaître que, en abandonnant notre culture et nos langues, beaucoup de choses nous échappent. Une vraie solidarité nous permettrait un bond en avant car les ressources sont disponibles au sein de notre communauté. Respectons-nous les uns les autres. C’est ainsi qu’on nous respectera.

Essayons de comprendre les « néfastes mimétismes automatiques » qui nous ont été inculqués afin de nous en débarrasser. Avoir pris conscience ne veut pas dire s’en être débarrassé, mais plutôt que le vrai travail sur soi doit commencer.

Par authentique, je sous-entends celui qui se connait, s’est accepté et vit en fonction… Le but est qu’il y ait de plus en plus d’authentiques. Mais pour ça, il faut que l’authenticité soit attrayante, qu’on se dise que ça en vaut vraiment la peine.

Que c’est beau de raconter sa vie !

Belle journée les amis !

KKS

Malick Diancoumba

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