samedi 26 septembre 2020
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Législatives dans le cercle de macina: Le vent de la concorde et de l’émergence souffle-t-il enfin ?

Frappé de plein fouet par une insécurité grandissante qui a induit une récession économique sans précédent le cercle de Macina est à la croisée des chemins. L’enjeu majeur de  ce scrutin est le retour de la paix pour relancer le développement économique.

C’est dans ce contexte si préoccupant que deux fils du terroir connus pour leur engagement et pour la prospérité du Cercle se sont engagés pour relever ce défi.

Ousmane Dienta, affectueusement appelé «Mana», a marqué la vie politique du cercle pendant des décennies. Homme de sciences et de culture, il a influencé des générations entières et enseigné à tous ceux qui l’ont fréquenté, l’amour de la famille, du terroir et de la patrie.

Comment ce modeste instituteur est-il arrivé à la consécration d’homme politique incontournable ?

Nous sommes dans les années 1970. L’élan politique amorcé par l’US-RDA s’estompe. L’École malienne s’en trouve désorientée. La formation idéologique, civique et morale qui a fait sa noblesse et sa spécificité est en passe d’être jetée aux oubliettes.

Un homme se dresse contre cette désinvolture. Un jeune enseignant qui a fui le confort des villes pour s’occuper de ses parents  âgés et aux revenus modestes. Il ne change pas d’un iota le programme scolaire existant. Il ne peut envisager  de cultiver le patriotisme chez ses élèves sans faire référence aux pères de l’indépendance. Un délit de majesté dont il répondra au quotidien.

L’homme, c’est Ousmane Dienta. Il n’a pas encore cinq années de service qu’il est fiché par les services de sécurité pour « apologie du régime déchu ». Il n’en a cure et malgré les multiples interpellations et intimidations, il garde un calme olympien et poursuit inexorablement dans la voie qu’il s’est fixé.

De jeunes étudiants, séduits par sa constance, son courage et son patriotisme, le côtoient. Son nom alimente désormais les causeries d’élèves et d’étudiants vacanciers. Ce qui ne manque pas de lui créer noises, mais l’homme reste imperturbable. Les parents s’inquiètent pour lui. La page « Modibo » est tournée, pense à l’avenir, lui conseille-t-on.

Nous sommes en fin des années 70, le régime militaire lâche du lest. Une ouverture est promise. Bientôt la politique fera son retour. Une occasion longtemps rêvée par le jeune et téméraire instituteur. Il se fait connaître sur l’échiquier politique déjà saturé. En dépit d’une adversité sournoise alimentée par une administration inquiète, sa cote de popularité est au top. L’UDPM ne lui donnera aucune chance pour accéder à la consécration politique malgré les résultats obtenus lors des différents scrutins.

Pour se relever à chaque fois le défi, il peut compter sur la solidarité de ses frères, de ses proches, mais aussi de ses amis. Macina ne lui connait qu’un seul : Djibril Coumaré. Le fidèle parmi les fidèles. Celui qui va tout abandonner pour lui, malgré les vicissitudes de la vie, ce qui rapproche les deux hommes est plus important que ce qui les sépare.

Le  succès,  une vie paisible et réussie se construisent dans une vie conjugale joyeuse. Madame Dienta née Mariam. Technicienne des PTT, a été d’un soutien estimable dans les combats politiques de son auguste époux.

Mars 1991, le parti unique s’écroule. L’homme est un artisan de longue date de cette chute. Il n’est pas un va-t-en-guerre, la culture, la tradition ancestrale le lui interdisent. Humble, patient et respectueux, il a foi en Dieu et en sa clémence.

Sous le sceau du parti ADEMA, il accomplira deux mandats de député.

Il se retire pour jouir d’une retraite méritée, mais suit attentivement l’évolution politique de son Cercle. À Bamako, il se consacre aux ressortissants de son Cercle. Il est au four et au moulin. Tantôt au chevet de personnes malades ou en détresse,  tantôt pour suivre un dossier administratif en souffrance au niveau d’un département ministériel. Il est à tous les évènements sociaux, apportant sa précieuse contribution morale et/ou matérielle. Ses proches lui reprochent sa trop grande générosité et l’invitent plutôt à investir raisonnablement. Mais l’homme a une tout autre vision du vivre ensemble. À côté de ses parents et encore  jeune et célibataire, il a connu la faim et toute sorte de tourments. Il veut épargner  autant de personnes qu’il pourra de cette sinistre situation qui le hante encore quoiqu’il jouisse à présent d’ une prospérité matérielle et financière acceptable.

2014, le cercle de Macina est dans la tourmente. Éleveurs et agriculteurs s’affrontent de façon sporadique. Les affrontements deviennent plus réguliers et les morts se comptent désormais par dizaines. Une première dans l’histoire de ce paisible Cercle. Macina, berceau du « Chanro », du « Kokry » ; du « Monimpé » de « Kouna », de « N’Tokoro », commerçant avec les Peuls du Massina, du Nampari, et du Bourgou pouvait-il céder à la tentation du règlement de comptes ? Que non !

Ce démon de la guerre et du malheur des paisibles populations doit être exorcisé. Une tâche âpre, presque impossible. Mais le mot « impossible » n’a pas de contenu pour cet homme. Il s’est promis  de réussir cette mission et s’est donné les moyens. De l’autre côté du Djoliba brille une autre étoile. Une étoile annonciatrice de paix et de prospérité. Cette étoile, elle brille sur un homme vertueux, toujours à l’avant-garde du combat du développement. Cet homme, c’est Moussa Thienta. Comme son colistier, il est d’une humilité et d’un altruisme sans commune mesure. Appelé par ses concitoyens pour sauver la commune de Sarro, à présent il est sollicité pour gagner le pari de la paix et du vivre ensemble.

Le peuple  de Macina, d’une maturité politique légendaire saura faire  un choix d’avenir. Un choix judicieux entre tous ces prétendants qui certes portent des valeurs incontestables, mais la maturité et l’expérience seront les atouts pour faire la différence. Le cercle de Macina joue par ce scrutin son ultime chance pour renouer avec la paix et le développement.

MODIBO FADIO

Malick Diancoumba

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