mardi 30 novembre 2021
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LE MINISTRE TIEMOKO SANGARE AU CANADA POUR DIRE LE MALI DES MINES

« En prenant en compte la production artisanale estimée à 20 tonnes par les services des douanes et des perspectives de production des différentes mines en construction ou en développement, le Mali pourrait bientôt passer à la seconde place des pays producteurs d’or en Afrique »
A l’invitation du ministre canadien du commerce international, l’honorable François-Philippe Champagne, le ministre des mines du Mali, Pr. Tièmoko Sangaré, a pris part à la Conférence du l’Association Canadienne des Promoteurs et des Prospecteurs (PDAC), du 5 au 7 mars 2017. Il s’agit de la rencontre internationale la plus importante au monde sur les mines réunissant plus de 500 exposants dont des opérateurs miniers, des investisseurs, des établissements financiers, des institutions internationale, entre autres. Le ministre Sangaré aura profité de cette tribune, hautement audible, pour dire le Mali des mines avec toutes ses potentialités sans omettre de souligner les difficultés du secteur qui ont traits notamment à la désuétude du Code des mines en vigueur ou encore à des procédures lourdes en matière douanière et fiscale.
La conférence du PDAC est le rendez-vous international à ne point manquer en matière des mines. Se tenant depuis plus de 70 ans, elle constitue une formidable fenêtre pour les pays africains comme le Mali, avec d’énormes potentialités minières mais qui peinent toujours à atteindre l’objectif d’une vaste industrialisation du secteur. Sans laquelle industrialisation à travers une grande implication de toutes les couches du pays, le secteur des mines restera une manne financière relativement limitée dans la balance des dépenses d’un Etat. Le Mali aura donc été un des pays africains qui eut, une fois de plus, l’opportunité de s’exprimer sur le sujet.
En marge de la rencontre, le Mali a aussi participé au Congrès Franco-Mine 2017. Conjointement organisé par Ed Fast et l’Institut Canadien des Mines, de la métallurgie et du pétrole (ICM), le Congrès Franco-Mine ouvre des perspectives de développement de ce secteur pour les pays africains représentés. Le ministre Tièmoko après avoir décrit de manière sommaire le Mali, a défini les objectifs du pays dans le secteur des mines. Il rappela, tout d’abord, que le Mali, est le premier producteur d’or de la zone UEMOA, le second dans la zone CEDEAO et le troisième sur le continent avec une production industrielle annuelle moyenne de l’ordre de 50 tonnes depuis plus d’une quinzaine d’années. Néanmoins, a-t-il ajouté, cette honorable place en Afrique peut considérablement s’améliorer. En effet, selon les explications du ministre, en prenant en compte la production artisanale estimée à 20 tonnes par les services des douanes et des perspectives de production des différentes mines en construction ou en développement, le Mali pourrait bientôt passer à la seconde place des pays producteurs d’or en Afrique. De quoi réveiller l’appétit de la centaine d’investisseurs présents au Congrès. D’autres chiffres avancés par le ministre auront aussi séduit les entrepreneurs qui ne demandaient qu’à savoir davantage sur le tissu minier du Mali : « avec une dizaine de mines d’or en activité, l’exploitation de l’or représente environ 70% des recettes d’exportation et environ 8% du Produit Intérieur Brut (PIB). En 2018, trois autres mines d’or pourront entrer en production. Aujourd’hui on dénombre environ 400 titres miniers de recherche minière, dont la majorité pour l’or… ».
Malgré ce tableau plus que positif du secteur minier du Mali, Pr. Tièmoko Sangaré aura accompli un exercice de sincérité dans son discours. Car derrière l’arbre de cet embelli se cache une forêt de difficultés et d’entraves qui empêchent les mines, tout particulièrement l’or, de briller convenablement pour les maliens. Ainsi, le code minier de 2012 bien qu’abritant des innovations intéressantes, aura montré toutes ses limites. Des limites soulignées par quelques institutions de la République du Mali, les PTF et les investisseurs nationaux comme internationaux. Fort de ce constat, a renchéri le ministre des mines, il était impératif d’adopter un nouveau code. Le projet de code minier visera entre autres, la réduction de la durée de la convention d’établissement qui passe de trente ans à quinze ans; la redéfinition du nombre de titres miniers par la suppression de l’autorisation d’exploration et de l’autorisation de prospection ; la formalisation et l’amélioration de la performance du sous-secteur de l’activité artisanale traditionnelle et mécanisée ; l’introduction du principe de l’ITIE et du processus de Kimberley dans le code ; la simplification des régimes fiscal, douanier et des changes pour le secteur minier ; ou encore l’amélioration des dispositions concernant les obligations sociales des opérateurs miniers.
En définitive, notons que de plus en plus, le Mali des mines est connu sur le plan international. Annuellement, les journées minières internationales sont organisées à Bamako avec un nombre croissant de participants venus d’un peu partout dans le monde. Sans oublier la présence du pays à d’importantes rencontres internationales comme le Congres Franco-Mines. Le Mali était déjà présent dans l’édition 2014 et il est fort à parier, qu’avec la forte impression réalisée lors de celle de 2017, que le pays sera de nouveau invité.
Ahmed M. Thiam
thiam@journalinfosept.com

Djibril Coulibaly

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