mercredi 28 octobre 2020
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Le cycle infernal des violences et les tueries reprennent : Faut-il craindre le pire les jours à venir ?

Les cercles de Bankass et de Bandiagara ont été pris pour cible dans la nuit de lundi à mardi par des individus armés non identifiés, causant la mort de 11 militaires et quelque 13 civils selon des sources militaires maliennes. C’est le plus lourd bilan enregistré depuis plusieurs mois au centre du pays en moins de 24 heures. (…) Ces attaques simultanées sont intervenues après des semaines d’accalmie au centre du pays, mais juste après la libération de plusieurs terroristes en échange contre 4 otages.

Le centre du Mali est pris dans un tourbillon de violences depuis l’apparition en 2015 dans cette région d’un groupe djihadiste mené par le prédicateur peul Amadou Koufa, qui a largement recruté au sein de sa communauté. Des affrontements communautaires se sont en outre multipliés entre les Peuls, majoritairement éleveurs, et les ethnies bambaras et dogons pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé des groupes d’autodéfense, en s’appuyant notamment sur les chasseurs traditionnels dozos. Après des succès sporadiques enregistrés après la chute de l’ancien Président, Ibrahim Boubacar Kéïta, le pays est retombé dans les séries noires avec la multiplication des attaques faisant plusieurs morts dans les rangs des militaires.

Faut-il craindre le pire dans les jours à venir avec Iyad et ses hommes ?

Depuis quelques jours certains villages au centre sont assiégés par des assaillants. Est-ce pour dire que les « sans loi ni foi » attendaient juste la libération des siens pour relancer les hostilités ?

Ces récentes boucheries successives arrivent, en effet, quelques jours seulement après le troc humain de la semaine dernière (…). Un prix trop élevé pour certains qui estiment que cette remise en liberté des affreux contribue à alimenter le terrorisme, surtout quand on sait que parmi les relâchés, certains ont un pedigree de chiens enragés qui ont déjà planté leurs crocs assassins à Bamako, Ouagadougou et Grand-Bassam.

Pas certain, quand on s’en tient au raisonnement des habitants de ces localités. Selon eux, la seule chose qui a stoppé les attaques et affaibli les djihadistes sur le terrain c’est le fait qu’en période d’hivernage ils ont des difficultés à se déplacer compte tenu des routes impraticables. Sur les motos, la boue et les cours d’eau les empêchent à circuler facilement, donc moins d’activités. Mais dès la fin des pluies, ils reprennent leurs attaques meurtrières. Et pourtant, on risque de donner raison à ces villageois.

Cependant,  au regard de la situation actuelle, d’autres  pensent que le troc entre otages et djihadistes serait les conséquences qui pourraient annihiler le tort qu’on a voulu réparer et qui finalement risque d’être un cycle infernal pour les populations et les forces de l’ordre.

En tout cas, on  pourrait également se pencher vers une autre ruse sur laquelle s’appuierait la junte pour argumenter les attaques de ces derniers jours. Ainsi, elle pourra rester tranquillement dans les salons feutrés de la capitale sans être accusée de quoi que ce soit. 200 djihadistes dans la nature uniquement pour servir de monnaie d’échange pour la libération de Soumaïla Cissé et des trois otages européens, fait peur et posent beaucoup d’interrogations. Donc, pourquoi ne pas en profiter ?

Par ailleurs, l’incertitude nous gagne d’autre part, si le ‘festin’ organisé à l’occasion du retour des enfants prodigues qui aurait été célébré vendredi dernier, sous le ciel festonné de Tessalit, est avéré, il ne faut pas s’étonner de ce qui s’est passé dans la nuit de lundi à mardi, et qui va encore se répéter ailleurs. Parce qu’à l’occasion, le chef terroriste Iyad dont la tête a été mise à prix par les Américains aurait galvanisé ses troupes lors de ces retrouvailles autour d’un festin. Cela peut démontrer qu’ils sont déjà à l’œuvre.

Face à la situation confuse, il urge de changer les règles du jeu pour affronter ces hommes insensibles, sans cœur. Aussi, le Mali et ses alliés du sahel doivent définir une nouvelle doctrine commune et partagée sur l’attitude à observer sur les prises d’otages et les contreparties à consentir pour leur libération. C’est à cette seule condition que les terroristes pourront être asphyxiés financièrement.

Bourama Kéïta

Malick Diancoumba

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